LOTUS
Lotus Engineering Ltd. a été fondée en 1952 par Colin Chapman, qui s'est déjà illustré après-guerre en préparant des Austin 7 pour des compétitions locales. Pour la Lotus Mark VI, sa première voiture de production (uniquement livrée en kit), Colin Chapman conçoit un châssis tubulaire rigide et léger, dans lequel il installe des éléments mécaniques Ford. L'évolution logique est la Lotus 7, présentée en 1957... et toujours commercialisée à ce jour par Caterham. La Lotus 7 connaîtra plusieurs évolutions : la rustique S1 jusqu'en 1960, puis les plus performantes et sophistiquées S2 et S3 jusqu'en 1970. À cette date, Lotus lance la Seven S4, dont les panneaux de carrosserie sont en fibre de verre au lieu d'être en aluminium. Ce changement et l'adoption d'un look proche de celui d'un buggy ne feront pas l'unanimité : la S4 se vend plutôt mal. Colin Chapman préfère passer à autre chose et cède les droits sur la S3 à Caterham. Dans les années 60 et 70, Lotus enchaîne les succès en Formule 1, avec un total de 7 titres de champion du monde des constructeurs. Entre temps, Lotus a commercialisé les Elan et Elite, qui contribuent à sortir de la monoculture Seven. Compactes, légères et maniables, ces petites sportives remportent un grand succès. En 1966, Lotus décline cette recette sous la forme d'une GT avec l'Europa. Puis vinrent les Eclat, Elite et Excel, cette dernière ayant été développée grâce à des fonds débloqués par une coopération avec Toyota. Mais c'est surtout l'Esprit, commercialisée de 1976 à 2004, qui marquera l'histoire de Lotus, notamment grâce à son style « wedge » tout en angles (signé Giugiaro), mais aussi par son attachement quasi obsessionnel au 4 cylindres. L'auto eut même les honneurs de deux épisodes de la saga James Bond : l'Espion qui m'aimait (1977) et Rien que pour vos yeux (1981). Reste que la firme reste fragile au début des années 80, et se retrouve empêtrée dans le scandale DeLorean, dont Lotus a conçu le châssis. Pour couronner le tout, Colin Chapman meurt en 1982 d'une attaque cardiaque. Lotus est repris en 1983 par l'entrepreneur britannique David Wickins, qui restructure la compagnie pour la céder deux ans plus tard à General Motors. La Lotus Esprit sera profondément remaniée en 1987 et en 1993, et finira par adopter un moteur V8 en 1996. À ce moment là, GM a déjà revendu Lotus au businessman italien Romano Artioli, qui l'a à son tour cédée au malaisien Proton. C'est alors qu'est lancée l'Elise, qui reste encore à ce jour le best-seller de Lotus, sous ses multiples déclinaisons (340R, Exige, 2-Eleven). Les tentatives de sortir de cette nouvelle monoculture n'ont pas donné les résultats espérés : la GT Europa S (2006) et l'Evora (2009) peinent à trouver leur clientèle, la concurrence du Porsche Cayman étant trop dure. En 2010, le nouveau patron Dany Bahar dévoile au salon de Paris un ambitieux plan produit, avec cinq nouveaux modèles à lancer d'ici à 2015. Mais les difficultés financières de Lotus feront que seul le projet d'une nouvelle Esprit sera maintenu.