Acheter une LOTUS ELISE S2 SC

Stéphane Schlesinger le 03/03/2021

Remarquablement actualisée en 2000, l'Elise reçoit un bloc Toyota dès 2004. Sur la SC, gavé par un compresseur, il lui confère des performances exceptionnelles...

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Plaisirs essentiels

LOTUS ELISE S2 SC

Malgré son succès commercial inattendu, l'Elise ne remplit pas suffisamment les caisses de Lotus. De plus, pour satisfaire aux futures normes de crash-test européennes, elle doit subir une profonde mise à niveau, que le constructeur aurait du mal à financer seul. Un deal est passé avec GM, qui accepte de payer pour ces évolutions à condition que Lotus lui fournisse une voiture de sport qui en dériverait. C'est ainsi qu'en 1999 apparaît le concept de l'Opel Speedster (ou Vauxhall VX220 au Royaume-Uni), commercialisé à l'été 2001. Fin 2000, Lotus présente l'Elise S2, techniquement identique au moteur près, et fabriquée dans le tout nouvel atelier ultramoderne à Hethel. Elle s'inspire très nettement du concept M250 présenté en 1999, et qui se dotait d'un V6 central (tiens…). Dessiné l'équipe de Russell Carr, chef du design Lotus, il joue l'agressivité, trait qui se retrouve sur l'Elise S2, laquelle perd toute influence rétro. Les nouveaux panneaux de carrosserie sont fabriqués en France par Sotira.
Moins épais, les longerons latéraux facilitent l'accès à bord, où le tableau est redessiné. L'équipement progresse (cuir, airbags, vitres électriques), tout comme l'insonorisation. Côté trains roulants, les voies s'élargissent, de nouveaux amortisseurs Bilstein sont installés, ainsi que des pneus spécifiquement développés par Bridgestone, tandis que les jantes gagnent en diamètre. Le moteur K de Rover est reconduit, avec une gestion électronique Lotus censée lui conférer un peu plus de caractère. Mais vu les difficultés du constructeur au drakkar, le spécialiste d'Hethel le remplace en 2004 par un bloc Toyota, le 1,8 l 2ZZ-GE de la Celica. Il équipe d'abord l'Elise 111R. À cette occasion, celle-ci adopte une assistance de freinage ainsi qu'un ABS, dont résulte une prise de poids. Les évolutions se poursuivent en 2006 (nouveaux sièges ProBax, moteur Toyota de 136 ch en entrée de gamme, 111R rebaptisée R), puis en 2008 apparaît la SC à compresseur (50 195 € soit 54 600 € actuels), nantie de quelque 220 ch. Une apogée magique ! En 2010, l'Elise S2 est remplacée par la S3 après avoir été fabriquée à environ 19 000 exemplaires.

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Au volant

C'est une superbe SC préparée à 250 ch qui est mise à notre disposition. À bord, elle dispose de l'inutile bouton de démarrage optionnel : une fois l'auto déverrouillée, on n'a que 15 s pour l'enfoncer, sinon il faut déverrouiller à nouveau. Très agaçant ! Heureusement, dès que je m'élance sur le circuit de la Ferté-Gaucher, je suis scotché. Le moteur Toyota passe allègrement les 8 000 tr/mn, dans une poussée ahurissante et une bande-son extraordinaire : ça rugit, ça miaule, ça donne des frissons. Il est en outre parfaitement secondé par une boîte 6 idéalement guidée et très tactile, adjectif qui vaut aussi pour la direction ultrarapide et précise. Et malgré l'assistance, la pédale de frein se dose avec toujours autant de finesse. Heureusement, car malgré sa grosse adhérence, cette SC survire allègrement si on garde trop de freinage en appui : il faut la piloter très proprement, même si, là encore, elle téléphone de façon limpide toutes ses réactions. Malléable, hyperefficace, nantie d'une grosse adhérence et prodiguant des sensations d'une pureté totale, l'Elise SC est une fabuleuse machine à émotions.

Avenir

Si le moteur Rover demeure sensible du joint de culasse, le Toyota, certes plus lourd, est aussi plus robuste. De surcroît, il a une distribution à chaîne et non plus à courroie, ce qui en simplifie l'entretien. Si celui-ci a été scrupuleux, les Elise sont des autos sans soucis, le point le plus crucial restant l'état des trains roulants. Et la cote ? Elle monte depuis deux ans, surtout sur les exemplaires en conduite à gauche et d'origine française. Comptez 29 000 € pour une 136 ch, 31 000 € pour une 111 S et 33 000 € pour une 111R. Curieusement, les SC ont un peu baissé : on les trouve dès 37 000 €, contre 40 000 € précédemment. Les conduites à droite sont en moyenne 5 000 € moins chères. Cela va-t-il perdurer ? C'est probable, une 220 ch neuve coûtant plus de 60 000 €.

Evolution

2000 : Présentation de l'Elise S2.
2004 : Version 111R à moteur Toyota de 192 ch.
2006 : Le moteur Toyota arrive en version 1,8 l de 136 ch.
2008 : Version SC à compresseur, 220 ch.
2010 : La S3 remplace la S2.

3 points clés

- Efficacité et agrément au top
- Cote stable voire haussière
- Performances démoniaques

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