Lotus : light is right

David Lamboley le 31/03/2010

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Anthony Colin Bruce Chapman, ingénieur britannique passionné de course automobile, fonde sa propre marque, Lotus, en 1952. Son précepte, immuable depuis le début, tient en quelques mots laconiques qui prônent la légèreté : « light is right ». La maison Lotus devient vite une référence dans le monde de la compétition, et notamment dans la discipline reine, la Formule 1. Le Team Lotus, qui a écumé les circuits de 1958 à 1994, a apporté son lot d’innovations en F1, notamment en termes d’architecture châssis ou d’aérodynamique. Outre d’innombrables voitures de course vouées à de nombreuses disciplines, Lotus a vite proposé des produits « road legal » homologués pour la route, mais toutefois taillés pour les gentlemen drivers. La première Lotus de cette catégorie est la Mark 6, petit roadster ultra léger, proposé monté ou en kit à partir de 1952. Plusieurs mécaniques sont possibles, dont un 4 cylindres 1100 cm3 d’origine Ford Angleterre. Avec 50 ch pour un peu plus de 400 kg, la Mark 6 devient une auto efficace et très populaire lors des courses de côtes, discipline peu onéreuse – à l’image de la Mark 6- et très répandue outre-Manche. En 1957, sa remplaçante est l’emblématique Seven, archétype de la petite sportive simplissime et ultra-légère illustrant le précepte-phare de Chapman. La Seven est également produite en kit afin de contourner la « Purchase Tax ». A travers quatre séries, la Seven est produite jusqu’en 1973 sous la marque Lotus, puis Caterham rachète les droits et continue encore aujourd'hui son développement. Elle reste toujours une auto de puriste ultra-performante, aussi bien sur route que sur circuit.

En 1958, changement de cap. Le petit coupé à carrosserie synthétique, l’Elite, adopte une forme très aérodynamique. Le Cx de 0,29 sonne à l’époque comme un exploit et permet de préserver une petite motorisation, en l’occurrence un 4 cylindres Coventry-Climax de 75 ch. En 1962, Lotus lance sa remplaçante, l’Elan, en roadster puis en coupé (1965) ainsi qu’en version coupé 2+2 (1967) à empattement allongé. L’Elan est la première Lotus à inaugurer le fameux châssis caissonné en X. Sa technologie moderne est aussi illustrée par ses quatre roues indépendantes, ses quatre freins à disques ou sa carrosserie en fibre de verre, qui autorise notamment un poids très mesuré, moins de 700 kg. Sa carrière prend fin en 1975. Entre temps, le constructeur développe sa gamme avec l’Europe (ou Europa selon les marchés) en 1967. Toujours basée sur le châssis en X, il s’agit de la première Lotus de série à moteur central arrière. Cette fois, il s’agit du 4 cylindres de la Renault 16, légèrement optimisé. En 1971, il est remplacé par un double arbre Ford développant 115 ch. Désormais, le modèle est nommé Europa sur tous les marchés. Comme l’Elan, sa carrière prend fin en 1975.

En 1974, Lotus révèle l’Elite deuxième du nom. Outre son moteur positionné à l’avant et sa construction légère, elle n’a pas grand chose à voir avec son aïeule. Plus imposante avec son habitacle 2+2, dotée d’une carrosserie cunéiforme façon break de chasse, elle offre également une carrosserie fastback sous le nom d’Eclat. En 1982, elle est remaniée, restylée et devient Excel. Sa carrière prend fin en 1992.

Entre temps, en 1975, une autre Lotus légendaire fait son apparition au Salon de Paris, l’Esprit. Cette dernière, construite sur le châssis rallongé de l’Europa, arbore une carrosserie cunéiforme dessinée par Giugiaro. Son 4 cylindres 2 litres est également monté en position centrale arrière. Elle est la star de deux James Bond, « L’espion qui m’aimait » en 1977 et « Rien que pour vos yeux » en version S2 Turbo, en 1981. Autre moment marquant de sa carrière, en 1996, elle reçoit un V8 3.5 litre biturbo de 350 ch. La longue carrière de l’Esprit -28 ans !- perdure jusqu’en 2004.

En 1990, sous l’ère General Motors (de 1986 à 1993), Lotus présente la nouvelle Elan, code M100, motorisée par un bloc Isuzu et…à traction avant ! C’est d’ailleurs la seule Lotus de production à roues avant motrices. Sa carrière en demie-teinte prend fin en 1995, mais le coréen Kia rachète la licence et l’outillage pour lancer sa propre version motorisée par un 1800 cm3 Kia, et ce jusqu’en 1999.

L’époque « moderne » de Lotus, si l’on peut dire, commence avec l’Elise, petit roadster biplace totalement nouveau lancé fin 1996 et reposant sur un châssis en profilés d’aluminium extrudés, collés et rivetés, ce qui permet d’afficher un poids de base d’environ 720 kg. Contrairement à l’Elan M100 qu’elle remplace, l’Elise revient à une définition classique selon Lotus, c’est à dire moteur central arrière et propulsion, tout en empruntant des technologies inspirées de l’aéronautique. Dans sa première période, l’Elise est motorisée par le fameux bloc Rover K, réputé pour sa grande facilité d’optimisation. Les puissances et les variantes se succèdent rapidement, avec notamment l’Exige, version coupé dotée du moteur le plus puissant, ou la 340 R en 2000, version ultra-light à la carrosserie minimaliste doté du Rover K de 179 ch. Ses performances ultimes, notamment un 0 à 100 km/h en 4,5 secondes, et sa production très limitée (340 exemplaires) en font une des Lotus modernes les plus recherchées.

En 2001, l’Elise et l’Exige sont redessinées. Le bloc Rover K est remplacé en 2005 par un 4 cylindres 1800 cm3 Toyota, avec ou sans compresseur. Sur la base châssis de l’Elise, l’Europa « moderne » est lancée en 2006. Plus luxueuse que l’Elise et dotée d’une carrosserie propre, elle est motorisée par le bloc Opel Ecotec Turbo de 200 ch. En 2007, Lotus lance un autre petit monstre homologué pour la route, mais clairement voué aux sorties sur circuit, la 2-Eleven. Cette barquette motorisée par le bloc Toyota à compresseur de l’Exige S développe 255 ch. Le marché américain étant dorénavant une cible privilégiée pour Lotus, il était aussi important pour le petit constructeur de monter en gamme. C’est ainsi que l’Evora, développée sur un tout nouveau châssis en aluminium, est lancée fin 2008. C’est un événement, puisqu’il s’agit de la première Lotus totalement nouvelle depuis l’introduction de l’Elise en 1996. Proposée en stricte deux places ou en 2+2, l’Evora perpétue à nouveau le véritable Esprit Grand Tourisme qui caractérisait l’Esprit. L’Evora est motorisée par un V6 Toyota de 280 ch. Notons que Lotus annonce à l’avenir deux autres modèles bâtis sur cette nouvelle plate-forme. Là aussi, gageons que la tradition du « light is right » et des appellations commençant par un E seront respectées…à la lettre.

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