Saga Lancia

Histoire : Vincenzo Lancia

Gilles Bonnafous le 02/09/2005

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Né en 1881 dans une famille aisée, Vincenzo Lancia devait être avocat. Tel était du moins le vœu de son père. Hélas pour ce dernier, le jeune Vincenzo se révèle plus attiré par l’atelier que les frères Ceirano ont ouvert dans la cour de la maison paternelle. Il rêve devant les moteurs. Car Ceirano, petite entreprise automobile, s’apprête à lancer sous la marque Welleys une voiturette conçue par l’ingénieur Aristide Faccioli (et qui rencontrera le succès).

Finalement engagé par Ceirano malgré les réticences du père, Vincenzo Lancia se retrouve, à l’âge de 18 ans, essayeur chez Fiat après que la marque, qui vient de naître, a absorbé le petit constructeur en 1899. Vincenzo Lancia sera également un pilote au tempérament fougueux. Il acquerra une solide expérience de la course aux côtés de son compère Felice Nazzaro.
Vincenzo Lancia
Vincenzo Lancia D.R.
Coupe Gordon Bennett 1905
Coupe Gordon Bennett 1905 D.R.
En 1906, Vincenzo Lancia s’associe à son ami Claudio Fogolin, lui aussi essayeur chez Fiat, pour créer son entreprise à Turin. Innovation, luxe et performances, l’homme donne à la marque sa philosophie pour l’ensemble de son existence : concevoir des voitures bourrées de classe et surtout d’innovations, mais proposées à des prix élevés. Malgré la création de sa société, il continuera de courir pour Fiat jusqu’au début des années dix.

Vincenzo Lancia crée des concepts originaux, qu’il a probablement mûris au cours de sa période chez Fiat. Il réalise des innovations majeures, structurelles, et non des évolutions de technologies préexistantes. Après la Première Guerre mondiale, il développe des études entamées en 1915 pour de gros moteurs en V à angle fermé : V8 à 45° et V12 à 30° à soupapes en tête de 7,8 litres et 150 ch.
Targa Florio
Targa Florio D.R.

A partir des années vingt, Vincenzo Lancia fait montre d’une nouvelle manière de concevoir les voitures. Il développe l’innovation tous azimuts, conception structurelle, technologie des moteurs, style et design. Il utilise également des matériaux d’avant-garde comme l’aluminium.

L’homme disait à ses ingénieurs : « Créez le meilleur sans vous préoccuper des coûts. Les coûts, on les prendra en compte au moment de la commercialisation ». D’où des produits de haut de gamme très coûteux : en 1933, une Augusta est vendue 20 000 lires contre 10 000 lires à la Fiat Ballila de niveau de gamme équivalent.

D.R.
Lancia Augusta
Lancia Augusta Lancia
D’une longue liste de modèles, dont chacun apporte son lot de solutions nouvelles, ressortent deux chefs-d’œuvre, la Lambda en 1922 et l’Aprilia quinze ans plus tard. Hélas, Vincenzo Lancia n’aura pas le loisir de voir évoluer sa dernière création. Il succombe à une crise cardiaque le 15 février 1937 à l’âge de 56 ans, alors que l’Aprilia n’est pas encore commercialisée.

Hommage soit rendu à cet esprit pionnier animé par l’esprit de progrès et le culte de la modernité. A l’un de ces hommes audacieux qui explorent des voies nouvelles et défrichent pour les autres. A une exigence qui élève un produit au rang d'une œuvre et fait appartenir son auteur à la cohorte des créateurs qui font l'Histoire, par opposition à la légion de ceux qui la subissent.
Lancia Lamba
Lancia Lamba D.R.
Lancia Aprilia
Lancia Aprilia D.R.
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