Saga Lancia

Histoire : Lancia en Rallye

Gilles Bonnafous le 19/12/2005

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Lancia D20 et D23 à Monza en 1953 D.R.

Lancia D23 à Monza en 1953 D.R.
C’est peu dire que la carrière sportive de Lancia en rallyes a été brillante. La marque a remporté au total onze championnats du monde, le premier intervenant en 1972 avec la Fulvia de Sandro Munari. Elle est aussi la seule à l’avoir gagné à six fois consécutives.

Ascari à bord de la Lancia D24 aux Mille Miglia de 1954 D.R.

D.R.
La première victoire remportée en compétition par une Aurelia est à mettre au crédit d’une berline B10 engagée au rallye de Sestrières en 1951. Elle est pilotée par Ascari et Villoresi. Pas moins ! Quant à la B 20, sa carrière sportive commence par un exploit réalisé aux Mille Milles de 1951. La voiture termine à la deuxième place derrière la Ferrari 340 (cylindrée de 4,1 litres) de Villoresi !

A partir de 1952, l’usine crée une série spéciale de B 20 Da Corsa, qui marque les débuts officiels de la Scuderia Lancia. Pilotée par Luigi Fagioli, une B 20 fait sensation aux Mille Milles en prenant la troisième place devant la Mercedes 300 SL de Caracciola. Excusez du peu ! Avant de remporter la Targa Florio aux mains de Bonetto. La même année, des B 20 prennent part aux 24 Heures du Mans et à la Course Panaméricaine. Deux ans plus tard, au volant d’une voiture équipée du moteur de 2,5 litres, Louis Chiron remportera le rallye de Monte-Carlo.


Lancia Fulvia HF D.R.

Lancia Fulvia HF G.Bonnafous
Le coupé Fulvia fait ses débuts au Tour de Corse 1965. Il n’est encore que le prototype de la version HF de rallye, nouvelle arme de la Squadra Lancia. L’année suivante, apparaît au volant de la Fulvia un jeune pilote qui va faire parler de lui, Sandro Munari. Mais la saison sera décevante malgré une première victoire au rallye di Fiori. En attendant l’année 1971, qui marque le point de départ de la domination de Munari, la Fulvia gagne notamment le Tour de Corse 1967 (doublé de Munari devant Toivonen) et le RAC en 1970 (1600 HF). La gloire viendra en 1972 avec le titre mondial au terme de plusieurs victoires, dont la première de la Fulvia au rallye de Monte-Carlo. Après quoi, la voiture s’effacera au profit de la Stratos.

Lancia Statos HF Alitalia G. Bonnafous

Lancia Statos HF Pirelli G. Bonnafous
Le coupé Beta fait une brève apparition en course dans sa version 1800 cm3. Développé par Abarth et doté d'une culasse à seize soupapes, le moteur développe 205 ch. La voiture est engagée dans le championnat du monde en attendant que la Stratos soit homologuée en Groupe B. Ce sera fait en 1974 avec le moteur Dino à 24 soupapes développant 280 ch. Après avoir remporté le Tour de France en 1973 (ouvert aux prototypes), la voiture s’impose en 1974, notamment au rallye de San Remo (Munari) et au Tour de Corse (Andruet), apportant à Lancia le titre de champion du monde des constructeurs. Devenue invincible, la Stratos emporte un nouveau titre l’année suivante avec notamment les succès de Waldegaard au San Remo et de Darniche en Corse. La saison 1976 constitue le sommet de la carrière de la Stratos, qui monopolise le podium du Monte-Carlo (seconde victoire de Munari) et prend les quatre premières places du San Remo. Pour la troisième année consécutive, Lancia s’adjuge le titre mondial.


Lancia 037 G. Bonnafous

Lancia Delta S4 G. Bonnafous
En 1982, la 037, une deux roues motrices, apparaît comme un type de machine dont les jours sont comptés face à l’Audi Quattro. Basée sur la Montecarlo de course, elle reçoit le deux litres Fiat 16 soupapes compressé par un Volumex (305 ch). Après une saison 1982 déplorable, la 037 s’attribue, l’année suivante, le titre des constructeurs après une longue série de victoires. Portée à 325 ch en 1984, elle prend la deuxième place du championnat avec une seule victoire au Tour de Corse. L’année 1985 sera dominée par la 205 T 16 et l’Audi Quattro. Mais la 037 restera la dernière deux roues motrices à avoir remporté le championnat du monde des rallyes.

Inspirée de la 205 Turbo 16, la Delta S4, une Groupe B à traction intégrale, est motorisée par un quatre cylindres 16 soupapes de 1,7 litre entièrement nouveau. Turbocompressé, il conjugue en fait un Volumex et un turbo KKK. Surpuissante (450 ch) et très compacte, la voiture fait des débuts prometteurs au RAC 1985, qu’elle remporte, avant de récidiver au Monte-Carlo 1986. La tragédie du Tour de Corse, où périssent Toivonen et Cresto, scellera la fin de sa carrière.

Lancia Delta HF 4WD G. Bonnafous

Lancia Delta HF Intégrale G. Bonnafous
La 4WD prend le relais en 1987 en Groupe A. Aussitôt homologuée, elle remporte le rallye de Monte-Carlo et enchaîne sur une série de victoires impressionnantes, qui sacrent Kankunnen champion du monde des rallyes devant Biasion et Allen également sur la 4WD. C’est un triomphe pour la marque qui empoche le titre des constructeurs.

C’est au rallye du Portugal que l’Intégrale entre en scène la saison suivante. Elle s’adjuge l’épreuve, puis l’East African Safari pour la première fois dans l’histoire de Lancia. La voiture gagne dix des treize épreuves du calendrier et Biasion devient champion du monde — la puissance réelle de la 4WD approche les 350 ch. La concurrence sera plus vive en 1989, mais la marque remportera néanmoins le titre après cinq victoires. L’année 1992 marquera la fin de la période sportive de Lancia, la marque souhaitant consacrer ses ressources financières à d’autres projets.
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