Saga Lancia

LANCIA Appia

Gilles Bonnafous le 13/09/2005

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Petite sœur de l’Aurelia, l’Appia prend la succession de l’Ardea comme l’Aurelia l’a fait trois auparavant pour l’Aprilia. Modèle économique mais raffiné, elle jouit de la remarquable qualité de fabrication propre à Lancia.
LANCIA
D.R.
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Présentée à la presse en avril 1953, l’Appia apparaît sous les traits d’une berline compacte, dont l’élégante carrosserie ponton reproduit le style de l’Aurelia B 10. Sa caisse autoportante à l’habitacle très spacieux reste fidèle aux portes antagonistes sans montant central. La voiture s’avère malgré tout fort rigide grâce aux massifs montants du pavillon et à la taille du tunnel de transmission. Pour gagner du poids, les premiers exemplaires bénéficient d’ouvrants et d’ailes en aluminium.

Techniquement, l’Appia ne saurait être considérée comme la plus novatrice des Lancia. Son moteur doit se contenter d’un arbre à cames latéral et la suspension arrière d’un essieu rigide. Sous le capot prend place un V4 monobloc particulièrement fermé (à 10°). C’est le V4 le plus court jamais construit. Vu l’entraxe limité entre les cylindres, le vilebrequin ne possède que deux paliers disposés à ses extrémités. Avec 1090 cm3, soit la même cylindrée que la Fiat 1100, cette mécanique développe 38 ch. Grâce à sa légèreté, la voiture file à 120 km/h.

Fiable et économique, l’Appia est bien accueillie et elle remporte un fort succès en Italie. En France par contre, son prix, le double de celui d’une Aronde, pénalise sa diffusion.

En 1956, apparaît l’Appia de deuxième série. Mais le nombre des modifications apportées à la voiture est tel que l’on peut presque considérer qu’il s’agit d’un nouveau modèle. Redessinée, la carrosserie a été modernisée et transformée en forme tricorps, tandis que l’empattement a été allongé à 2,51 mètres.
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Lancia Appia 2ème Série G. Bonnafous
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Lancia Appia 3ème Série D.R.
Quant au moteur, il reçoit une nouvelle culasse au calage de distribution différent et un nouveau carburateur. La puissance passe à 43 ch et la vitesse de l’auto à 128 km/h. La boîte de vitesses est aussi profondément modifiée et des roues de 14 pouces remplacent les 15 pouces de la première série.

Présentée au salon de Genève de 1959, l’Appia de troisième série sera produite jusqu’en 1963. Le visage de la voiture se trouve totalement transformé par sa nouvelle proue à la ligne horizontale installée en lieu et place de la traditionnelle calandre Lancia en forme d’écusson. Modernisée, l’Appia perd une part de son caractère.

Avec la puissance de son moteur portée à 48 ch, l’Appia de troisième série apparaît comme la plus rapide de la famille (135 km/h). Elle bénéficie en outre d’un double circuit de freinage, privilège rare en 1959, surtout pour une voiture populaire.

Comme c’est toujours le cas en Italie, l’Appia donne naissance à des versions particulières et carrosseries spéciales : coupés Pinin Farina et Vignale baptisé Appia Lusso, charmant cabriolet Vignale dessiné par Michelotti et break Giardinetta par Viotti.
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Lancia Appia cabriolet Vignale D.R.
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Lancia Appia Sport D.R.
Quant au coupé GT de Zagato, dont la puissance est portée à 53 ch, il mérite une attention particulière. Une première version dotée du double bossage du toit, propre au carrossier milanais, et d’ailerons par ailleurs fort disgracieux est d’abord construite à semble-t-il moins de trente exemplaires. Un deuxième coupé GT, fabriqué à environ 150 unités, se reconnaît à ses ailerons supprimés et à ses phares au carénage différent.

Baptisée GTE, la troisième série du coupé Zagato est réalisée dans un style proche de celui de la Flaminia du même carrossier. Le double bossage du toit a disparu, tout comme le ressaut des ailes arrière. En 1961, la GTE s’effacera au profit de l’Appia Sport à l’empattement raccourci à 2,35 mètres et dont le moteur a été porté à 60 ch.
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