24 Heures du Mans 2013

Douzième succès pour Audi et neuvième pour Tom Kristensen

Jean-François Destin le 23/06/2013

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Audi

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Après 24 heures d’une course pénalisée par 11 neutralisations et une multitude d’averses brutales, 1 tour seulement séparait à l’arrivée l’Audi victorieuse de Kristensen et la Toyota de Buemi. Une incroyable performance qui a fait dire aux neuf pilotes montés sur le podium que Le Mans 2013 restera comme l’épreuve la plus difficile de leur carrière.

Partageant le volant de l’Audi R18 victorieuse avec Kristensen et McNish, Loïc Duval dont c'était la première victoire ne cachait pas son émotion : « la course fut très éprouvante mais au final nous sommes heureux du travail accompli. L’an dernier, Tom m’avait dit que ce serait bien qu’on fasse équipe ensemble. Il se doutait que nous pourrions réaliser de grandes choses. »

Très affecté par la mort de son compatriote Simonsen dans l’accident de son Aston Martin samedi soir, Kristensen était très ému en conférence de presse : « Je suis très fier de piloter pour le meilleur team au monde qui nous a permis de réaliser nos rêves. Avant de mourir en mars dernier, mon père à qui je dois tout m’avait prédit que j’allais gagner. Je lui dédie donc cette victoire ».

Pour MacNish comme pour Kristensen, c’est aussi une belle revanche sur ceux qui les chambraient en WEC lorsqu’ils se montraient un peu moins rapides que les pilotes de la nouvelle génération.

« Durant toute la course, nous avons eu une confiance absolue dans notre voiture soumise aux pires conditions atmosphériques » expliquait l’Ecossais.

Le Dr Ullrich, patron d’Audi Sport a détendu l’ambiance en revenant sur le changement d’alternateur qui a compromis tous les espoirs de succès de la N°3 et de sa « dream team » composée de Treluyer, Fässler et Lotterer, les vainqueurs de l’an dernier : « Cette pièce n’était pas positionnée pour être démontée car elle n’a jamais posé de problème. On devra revoir le concept. Le pédalier a lui aussi fait des siennes pour la première fois. En fait la N°1 a concentré tous les ennuis alors qu’en 2012 elle avait été totalement épargnée ».

Loïc Bailliard
Avant la course, on avait estimé que les R18 e-tron quattro seraient vulnérables par une consommation supérieure à celle des Toyota Hybrid TS030. En réalité, elles ne faisaient qu’un tour de moins par relais. « Normal a ajouté Ullrich en souriant, j’ai demandé à mes pilotes de consommer l’essence comme s’ils la payaient ».

Chez Toyota, on a conscience que les Audi étaient plus rapides. A fiabilité égale, la lutte était inégale : « nous avons fait de bons choix stratégiques et commis aucune erreur avouait Stephane Sarrazin, coéquiper de Buemi et Davidson sur la TS030 N°8. Nous n’avons eu aucun problème mais on manquait un peu de vitesse ».

L’Anglais Anthony Davidson, victime d'un crash spectaculaire l'année dernière, reconnait que son quadruple relais dès le départ lui laissera un souvenir indélébile : « il fallait avoir une confiance absolue dans l’auto pour rouler sous la pluie et parfois avec des pneus slick. Les conditions changeaient presque à chaque virage ».

Jamais, cette épreuve dite d’endurance n’avait porté aussi bien son nom. La pluie, le vent et le froid ont rebattu les cartes en permanence et la Toyota N°7 de Nakajima/Lapierre/Wurz qui s’acheminait vers une excellente seconde place à 1 tour de l’Audi se retrouva enfoncée dans une pile de pneus. A 13h45, Lapierre se laissa surprendre par une forte pluie et perdit le contrôle de sa TS030. Quittant son poste de pilotage, il pensait la voiture irréparable. Mais un Manitou réussit à l’extraire. Lapierre retira vivement les débris de la carrosserie avant et réussit à la ramener au box. Trente minutes furent nécessaires aux mécanos pour la remettre en état. Elle finit 4ème derrière l’Audi N°3 mais devant l’Audi N°1.

Annoncé battu d’avance, le team Toyota n’a absolument pas démérité en plaçant constamment ses deux voitures dans le peloton de tête. Personne n’aurait pu le croire au vu des prestations de début de saison en WEC. La fiabilité était au rendez-vous et tout laisse à penser que le géant japonais fera figure de favori l’an prochain au même titre qu’Audi pour une triangulaire royale en présence de Porsche, le grand revenant. Un vrai challenge compte tenu de l’évolution sensible du règlement 2014 de l’ACO.

En LMP2, il faut saluer enfin le doublé des deux Morgan Nissan du Oak Racing. Un rêve devenu réalité pour Jacques Nicolet qui réfléchit déjà à intégrer le LMP1. Déception en revanche pour l’Alpine retardée par des sorties de routes et des ennuis mécaniques. Finissant ici 15ème du général et dans les derniers de la catégorie, elle devra se rattraper en championnat ELMS. Et il ne serait pas étonnant d’en voir deux exemplaires alignés aux 24 Heures du Mans 2014.

Loïc Bailliard
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