Championnat Endurance 2013

WEC : 6 Heures de Bahreïn - Toyota sauve l'honneur

Jean-François Destin le 02/12/2013

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Audi

Toyota
Il aura donc fallu attendre la huitième et dernière épreuve du WEC (World Endurance Championship) pour voir l’écurie japonaise vaincre Audi à la régulière. A Fuji au Japon, elle avait gagné sans courir après 26 tours sous le déluge. Cette fois, sur le très sec circuit Sakhir de Bahreïn tracé dans les dunes de sable, Toyota Racing l’a emporté sans contestation et avec la manière.

En devançant d’une grosse minute l’Audi N°1 de Treluyer/Lotterer/Fässler, la Toyota N°8 de Sarrazin/Buemi/Davidson à démontré tout le potentiel de la TS030 Hybrid au final très proche en performances de la R 18 e-tron quattro. Au vu de cet écart représentant seulement deux tiers de tour, on peut imaginer qu’Audi déjà sacré Champion du monde constructeur 2013 n’a pas tout fait pour combler le retard. On connait le fair-play du Dr Ullrich, Directeur d’Audi Motorsport et le respect qu’il témoigne à l’adversaire. Allant même jusqu’à consoler Alexander Wurz au bout de la voie des stands lorsqu’après deux heures de course, l’Autrichien a dû abandonner sa Toyota en panne de moteur !

Car dans cet ultime duel germano/nippon 2013, les ennuis ont été équitablement répartis. Certes, en monopolisant la première ligne au départ, les Japonais semblaient bénéficier des meilleures conditions pour contenir les Audi partant du deuxième rang. Caracolant dans cet ordre pendant près de deux heures, les deux usines se marquaient sévèrement lorsque survint l’abandon de la TS030 de Wurz.

Toyota
Pas mal d’incidents avaient déjà émaillé ce début d’épreuve perturbé par les mauvais élèves récidivistes, notamment les deux Lotus (l’une abandonna après 4 virages, l’autre après 5 tours !) tandis que la Ferrari 458 Italia verte du Krohn Racing toujours aussi peu fiable fut impliquée dans une touchette avec l’Audi N°1 de Treluyer (ce dernier écopa d’un avertissement) avant de rendre l’âme.

A la mi-course, on se disait que la seule Toyota rescapée allait avoir du mal à contenir les deux Audi. Mais une boite bloquée, ce qui n’est jamais arrivé cette saison chez les allemands, anéantit les espoirs de Loïc Duval au volant de la R18 N°2. Les chances s’équilibraient pour finalement offrir à Toyota cet ultime sprint 2014. Un succès acquis grâce à un châssis équilibré facilitant la tâche des pilotes, un système hybride plus efficace et enfin une consommation moindre, la japonaise s’étant arrêtée que 7 fois pour ravitailler (contre 8 pour Audi).

Les 6 Heures de Bahreïn restent comme l’une des épreuves les plus étranges de l’année car courue dans un désert dans tous les sens du terme (les tribunes étant désespérément vides) et quatre heures durant sous les projecteurs. Le soleil disparu, l’éclairage, très loin de celui du GP F1 de Singapour, génère des zones d’ombre désagréables pour le pilotage.

Audi

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Ces conditions particulières n’ont pas empêché les concurrents de se livrer à fond. Si en LMP1, ce fut l’hécatombe avec en plus la casse prématurée du V8 Toyota de la Lola du Rebellion Racing, les joutes en LMP2 ont une fois de plus mis en évidence la préparation remarquable de l’Oreca Nissan du G-Drive pilotée de mains de maître par Conway, Rusinov et Martin. Mais au final, l’écurie française Oak Racing déjà victorieuse de sa catégorie aux 24 Heures du Mans est sacrée Championne LMP2. Un beau millésime 2013 pour Jacques Nicolet qui, au travers de sa structure OnRoak travaille sur un projet LMP1.

En GT, Aston Martin avait tous les atouts pour rafler la mise à Bahreïn. Mais les deux Vantage N°99 et 97 de Turner/Mücke et Senna/Lamy ont abandonné peu avant l’arrivée sur ennuis mécaniques laissant à Ferrari la couronne mondiale et à Gianmaria Bruni le titre pilote. L’écurie anglaise se console avec la première place obtenue en GTE Am par la Vantage de Nigaard, Poulsen et Thim.

Ce clap de fin de saison introduit un Championnat 2014 très prometteur avec le retour au Mans de Porsche en LMP1. Aux côtés de Toyota et Audi, l’usine de Stuttgart va nous offrir un extraordinaire spectacle d’autant que le nouveau règlement va mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Carrosserie, dimensions, motorisations, hybridation et surtout consommation: les législateurs de l’ACO et de la FIA se sont surpassés au point qu’il est encore difficile d’y voir clair. Nous aurons l’occasion d’en reparler pendant l’hiver.

Clément Marin - DPPI / FIA WEC
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