Saga Zagato

Si, par sa dimension économique, Zagato apparaît comme une maison secondaire, la carrosserie a joué, grâce à sa personnalité forte et originale, un rôle qui dépasse la simple arithmétique de sa production.

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Abarth Zagato

Gilles Bonnafous le 24/01/2006

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Avec Alfa Romeo et Lancia, Abarth apparaît comme l’un des trois grands partenariats de l’histoire Zagato. Cette collaboration constitue l’un des grands chantiers du carrossier milanais au cours de la seconde moitié des années cinquante. Au-delà des nombreux succès sportifs remportés, elle aura une importance déterminante pour l’image de Zagato et le développement de l’entreprise.
Fiat Abarth 750
Fiat Abarth 750 Zagato
Fiat Abarth 750
Fiat Abarth 750 Zagato
Les Abarth présentent de nombreux points de similitude avec Porsche. A partir de la plate-forme d’un modèle de petite cylindrée (Fiat 600 pour le premier, Volkswagen pour le second), il est donné naissance à des bolides ultra-compétitifs grâce à des groupes motopropulseurs profondément modifiés et à des carrosseries sportives, légères et esthétiquement plus convaincantes.

L’idée d’une collaboration entre Abarth et Zagato naît au salon de Turin de 1955. Le carrossier milanais y expose un joli prototype de coupé sur base de Fiat 600 (baptisé 600 TS). Séduit, Carlo Abarth propose à Elio Zagato de travailler ensemble. La Fiat 600 TS Zagato sera la base du projet. Une version légèrement modifiée et équipée d’une mécanique Abarth est ensuite réalisée et confiée à Olivio Capelli pour qu’il la teste. Le modèle définitif, Abarth Zagato 750, est présenté au salon de Paris en octobre 1956. Il hérite du quatre cylindres culbuté de la berline 750, dont la puissance oscille entre 44 ch et 47 ch selon le niveau de préparation.
Fiat Abarth 750
Fiat Abarth 750 Zagato

Avec un poids plume de 535 kilos, auquel contribue sa carrosserie en aluminium, la vitesse dépasse les 150 km/h. Longue de 3,23 mètres, cette GT de poche hérite des superbes galbes du style Zagato, ainsi que du caractéristique pavillon à double bulbe cher au carrossier. Elle ne tarde pas à se mettre en valeur en remportant les trois premières places de sa classe aux Mille Milles de 1957.

La 750 est le premier enfant d’une famille prolifique basée sur la Fiat 600, qui dominera les circuits du monde pendant dix ans : 750 record Monza ou Bialbero (double arbre), 700, spider, 850 et 1000 Bialbero. Les 750 et 1000 seront sans aucune concurrence, battant régulièrement les voitures de la classe supérieure.
Le moteur de la Fiat Abarth 750 Record Monza Zagato
Le moteur de la Fiat Abarth 750 Record Monza Zagato D.R.
Fiat Abath 750 Bialbero
Fiat Abath 750 Bialbero D.R.
Le quatre cylindres de la Fiat 600 ayant ses limites, celui d’un moteur culbuté, Carlo Abarth développe une version dotée d’une culasse à double arbre à cames en tête. La tâche est confiée au célèbre ingénieur Gioachino Colombo. Développant 57 ch, le nouveau moteur permet à la berlinette 750 Record Monza d’atteindre les 180 km/h. Lancée au salon de Paris de 1958, elle bénéficie d’un remodelage sensible de son design. La voiture se distingue de la 750 GT par la présence de vitres de custode et l’abandon du toit à double bulbe, tandis qu’une large et unique prise d’air prend place sur le capot moteur. La 750 Record Monza s’illustrera notamment en Allemagne, où elle remportera, en 1960, les 500 Kilomètres du Nürburgring.
Fiat Abarth 750 Record Monza Zagato au Nürburgring en 1960
Fiat Abarth 750 Record Monza Zagato au Nürburgring en 1960 Zagato
Fiat Abarth 1000 en 1960
Fiat Abarth 1000 en 1960

Fiat Abarth 500 GT
Fiat Abarth 500 GT D.R.
Fiat Abarth 700 Bialbero
Fiat Abarth 700 Bialbero D.R.
Un troisième modèle apparaît en 1958, la 500 GT, dérivée de la Fiat 500. Il s’agit d’une mini-GT, qui ne dépasse pas trois mètres de long, un jouet motorisé par le bicylindre Fiat revisité par Abarth. Zagato a repris les lignes de la 750 GT, qu’il a dotées d’une lunette arrière panoramique. Produite à un faible nombre d’exemplaires, la 500 GT Zagato est aujourd’hui une voiture rare et très recherchée par les collectionneurs.

La gamme des berlinettes est réorganisée en 1959. Si la 750 poursuit sa carrière, la 750 Record Monza cède la place à deux nouveaux modèles : la 700 Bialbero et la 850 Record Monza. Les deux voitures, dont les carrosseries sont identiques à la 750, sont présentées sur le stand Zagato du salon de Turin 1959.
850 Record Monza au Mans 1960
850 Record Monza au Mans 1960 D.R.
1000 Bialbero, 1961
1000 Bialbero, 1961 D.R.
La montée en puissance se poursuit et la 1000 Bialbero remplace la 850 Record Monza. Dévoilée au salon de Paris de 1960, elle est motorisée par un 982 cm3 de 91 ch, qui la propulse au-delà du cap symbolique des 200 km/h. La voiture est identifiable à ses phares dépourvus de profilage. L’Abarth 1000 Zagato, sans doute la mieux réussie de la saga, sera la plus couverte de lauriers. Elle recevra le « Compas d’Or » 1960, un prix décerné à la meilleure conception industrielle.

Le succès commercial des Abarth Zagato sera tel que le carrossier devra sous-traiter la construction des caisses en aluminium à une entreprise de Turin (Corna). Ensuite, la peinture et les finitions seront également assurées à l’extérieur. Carlo Abarth demandera à reprendre la production à son compte, mettant un terme à la collaboration entre les deux maisons.
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