Saga Zagato

Si, par sa dimension économique, Zagato apparaît comme une maison secondaire, la carrosserie a joué, grâce à sa personnalité forte et originale, un rôle qui dépasse la simple arithmétique de sa production.

sommaire :

FERRARI 250 GT Zagato

Gilles Bonnafous le 23/01/2006

Partagez

réagir

Rares sont les Ferrari 250 GT Zagato. Ces très exclusives voitures de compétition, des berlinettes châssis long (2,60 mètres), n’ont été construites qu’à cinq exemplaires. Elles sont les seules de leur famille à n‘avoir pas été dessinées par Pinin Farina, ni fabriquées par Scaglietti.

Réalisées en aluminium, les 250 GT Zagato jouissent d’un superbe design. Leurs lignes apparaissent plus agressives et plus aérodynamiques que celles tracées par Pinin Farina. Elles se reconnaissent aisément à leurs piliers de custode en forme de Z (à l’exception de la dernière).
FERRARI
Zagato
FERRARI
Ferrari 250 GT Zagato châssis n°0515 D.R.
Les trois premières voitures sont dotées du célèbre toit à double bulbe cher à Zagato, les deux autres possèdent un toit normal. Elles ont reçu un habitacle spartiate et les sièges baquets sont fixés au plancher. Fabriquées sur commande, elles présentent toutes des différences plus ou moins importantes.

Deux 250 GT Zagato ont couru avec succès. Il s’agit de la première, qui porte le numéro de châssis 0515 GT. Elle a été construite en 1956 pour Camillo Luglio, un pilote génois de talent, qui sera champion d’Italie de la classe GT trois litres à la fin de la saison.
FERRARI
D.R.
FERRARI
D.R.

La troisième 250 GT Zagato (0665 GT) possède aussi un palmarès flatteur. Egalement commandée par Camillo Luglio, elle a été construite pendant l’hiver 1957 avec quelques modifications demandées par le client. Par rapport aux deux premières voitures, les lignes de la proue et de la poupe ont été adoucies, tandis que la calandre était réduite et les phares carénés par un plexiglas de forme presque rectangulaire. L’entrée d’air sur le capot est également moins large.
FERRARI
Ferrari 250 GT Zagato châssis n°0665 à l'origine D.R.
FERRARI
La 0665 GT lors des Mille Milles en 1957 D.R.
Dans sa livrée bleu nuit et toit gris métallisé, la Ferrari Zagato participe notamment aux Mille Milles 1957, terminant sixième derrière cinq machines d’usine. Camillo Luglio remportera son deuxième titre de champion d’Italie dans sa classe. Impressionné par ses capacités, Enzo Ferrari proposera alors à Luglio un volant de Formule 1. Le pilote déclinera l’invitation pour des raisons personnelles — il sera le seul de son époque à refuser une telle offre ! 0665 GT fut adjugée au Palais des Congrès à Paris en décembre 1990 lors de la vente Zagato organisée par Maître Poulain (7,2 millions de francs sans les frais).
FERRARI
0665 GT D.R.

FERRARI
Ferrari 250 GT Zagato châssis n°0689 D.R.
FERRARI
1367 GT de 1959 D.R.
La quatrième voiture (0689 GT) a vu sa partie avant légèrement modifiée avec notamment un carénage des phares de forme elliptique. Quant à la dernière (1367 GT), elle est plus tardive (1959). Il s’agit encore d’une commande du fidèle client Luglio. Elle apparaît fort différente. Les arches de roues ne sont plus courbes mais rectangulaires et les piliers de custode sont droits. La lunette arrière panoramique trahit une influence américaine.

Avant de réaliser les 250 GT, Zagato avait carrossé trois Ferrari 166 MM. La première est un spider de 1948 commandé par le pilote Antonio Stagnoli et dont les ailes moto le font ressembler plus à une monoplace qu’à une voiture de sport. La Française Yvette Simon l’a piloté à plusieurs reprises, notamment à Reims. Les deux autres voitures sont une carrosserie panoramique (Panoramica speciale) réalisée en 1949 et une berlinette Touring recarrossée.
FERRARI
Ferrari 166 MM pilotée par Antonio Stagnoli D.R.
FERRARI
Ferrari 166 MM Panoramica Speciale de 1949 Zagato
article précédent AC Bristol Zagato

Page précédente
AC Bristol Zagato

article suivant FIAT 8V Zagato

Page suivante
FIAT 8V Zagato

Partagez

réagir