Saga Bugatti

Mécanicien de génie et constructeur avant-gardiste, Ettore Bugatti donnera naissance à de nombreux chefs-d’œuvre.

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BUGATTI Type 57

Gilles Bonnafous le 05/09/2006

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Œuvre en grande partie de Jean Bugatti, la Bugatti Type 57 est la Bugatti de tourisme par excellence. Ses qualités dynamiques et les performances de son huit cylindres en feront, dans sa catégorie, une voiture sans concurrence sur les routes de France.

Modèle de tourisme, la Bugatti Type 57 succède aux types 46 et 49. Présentée au salon de Paris de 1933, elle doit beaucoup à Jean qui a réussi à faire passer nombre de ses idées malgré les réticences de son père. Lequel en refusa plus d’une, à l’image de la suspension avant indépendante des deux prototypes, qu’Ettore fit changer pour un classique essieu Bugatti...
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Le moteur est nouveau. C’est un moderne huit cylindres à deux arbres à cames en tête entraînés par pignons et chambres de combustion hémisphériques. Le bloc-moteur en fonte est coulé d’une seule pièce (pas de culasse détachable) et le vilebrequin tourne sur six paliers. Alimenté par un carburateur Stromberg, ce 3,3 litres développe 140 ch à 5000 tr/mn, faisant de la Bugatti Type 57 la routière la plus rapide de sa génération (plus de 150 km/h). Souple et puissant, il brille aussi par son silence et c’est à peine si on l’entend murmurer au ralenti.

La boîte de vitesses à quatre rapports n’est plus séparée comme sur les modèles précédents, mais fixée au moteur. Par contre, la Bugatti Type 57 est toujours équipée d’archaïques freins à câbles, qui broutent allégrement en usage intensif. Un problème que les mécaniciens Bugatti s’avèrent impuissants à résoudre au grand dam des clients mécontents.
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Accueillie avec enthousiasme par la presse, la Type 57 va se tailler un beau succès commercial. Le modèle est proposé par l’usine en de superbes carrosseries dessinées par Joseph Walter. Les deux tiers des châssis 57 seront du reste habillés à Molsheim.

Le catalogue de la marque propose un coach (deux portes et quatre places) appelé Ventoux, une berline sans montant central baptisée Galibier et un magnifique coupé deux places profilé qui répond au doux nom d’Atalante (également quelques cabriolets). Plus tard, Gangloff, le carrossier de Colmar, réalisera le cabriolet Stelvio à quatre places, ainsi que l’Aravis, un cabriolet deux places. Bien sûr, il existera de nombreuses carrosseries spéciales par les maîtres français, Gangloff, Van Vooren, Franay, Labourdette, Figoni et Falaschi, Letourneur et Marchand, auxquels il convient d’ajouter les Anglais James Young et Corsica, ainsi que le Suisse Graber.
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La Bugatti Type 57 va connaître plusieurs évolutions. Hérité de la 49, son pont arrière sera remplacé par un équipement plus robuste et dont la pignonnerie sera empruntée à la Type 46. Le moteur sera également monté sur des supports de caoutchouc afin de mieux l’isoler du châssis. Surtout, en 1938, la voiture reçoit (enfin !) des freins hydrauliques Lockheed suite à l’insistance de Jean Bugatti. En même temps, des amortisseurs télescopiques se substituent aux coûteux amortisseurs à friction Telecontrol. Avec pour conséquence la modification de la forme des ailes et le carénage des phares.

A partir du salon de 1936, le client a la possibilité d’opter pour une version suralimentée par un compresseur de type Roots. C’est le Type 57 C, qui voit sa puissance passer à 160 ch à 5000 tr/mn (170 km/h). Outre le surcroît de puissance, le compresseur apporte plus de souplesse et un agrément de conduite encore amélioré.

Afin de prouver les possibilités de la voiture, Robert Benoist prend en mai 1939 le volant d’une Galibier de série sur l’anneau de Montlhéry. Il réalise 182,6 kilomètres dans l’heure, avec un tour à 195 km/h. Une sacrée performance pour une berline d’avant guerre !
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