Saga Bugatti

Mécanicien de génie et constructeur avant-gardiste, Ettore Bugatti donnera naissance à de nombreux chefs-d’œuvre.

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BUGATTI Type 51

Gilles Bonnafous le 07/09/2006

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Première Bugatti de Grand Prix à deux arbres à cames en tête, la Bugatti Type 51 est l’une des plus célèbres et glorieuses machines de course de la marque de Molsheim.

La 35 commence à s’essouffler à la fin des années vingt. Par manque de puissance, sa domination faiblit et, en 1930, elle n’enregistre plus que trois succès internationaux. Le dessin de la chambre de combustion de son huit cylindres à arbre à cames en tête unique ne permet pas d’en augmenter la puissance. Ettore Bugatti le sait, mais il ne se résout pas à l’admettre. Sous la pression de son fils Jean, il va transformer la 35 B en lui offrant deux arbres à cames en tête. Ce sera la Bugatti Type 51.
BUGATTI
Didier Bailleux
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Didier Bailleux
Les Bugatti père et fils ont été impressionnés par les performances de la Miller, une puissante machine de course américaine à traction avant et au moteur très performant. Sous la pression de Jean, Ettore Bugatti échange, contre trois Type 43, les deux Miller venues courir à Monza en 1929. Ausculté et testé à Molsheim, ce moteur va inspirer celui de la Bugatti Type 51.

En fait, Molsheim va tout bonnement copier la culasse double arbre de la Miller. Comme sur la 35, les arbres à cames conservent toutefois leur entraînement par une cascade de pignons et la mécanique garde le compresseur volumétrique de type Roots de la 35 B — la Miller est équipée d’un compresseur centrifuge plus efficace mais mal adapté aux circuits routiers en Europe. D’abord à trois lobes, les rotors seront ensuite équipés de deux lobes afin d’augmenter la pression de suralimentation.
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Gilles Bonnafous

De même cylindrée (2,3 litres) que la 35 B, le huit cylindres en aluminium est coulé d’un seul bloc (contre deux blocs sur la 35). Le vilebrequin est monté sur roulements à billes, le bloc est à cylindres borgnes et les chambres de combustion sont hémisphériques. Grâce à la meilleure respiration du moteur, la puissance passe de 150 ch à 185 ch à 5500 tr/mn et propulse la Bugatti à 225 km/h. Le kilomètre départ arrêté est couru en moins de 25 secondes.

Ainsi gréée, la Bugatti Type 51, première Bugatti de Grand Prix à moteur double arbre, va s’imposer comme l’une des plus célèbres machines de course de la marque de Molsheim. Alignée de manière prématurée au Grand Prix de l’ACF de 1930 — elle n’est pas prête —, elle est exposée au salon de Paris quelques mois plus tard.
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Didier Bailleux
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Didier Bailleux
Basée sur le même châssis que la 35, la Bugatti Type 51 est également dotée de la même carrosserie. Elle est donc extérieurement identique à la 35 B à quelques différences près : les roues en alliage sont coulées d’une seule pièce alors que la jante et le voile sont assemblés par des boulons sur sa devancière. De même, la magnéto est située sur le côté gauche du tableau de bord, alors qu'elle est implantée en son centre sur la 35 B. La Bugatti Type 51 bénéficiera des améliorations apportées à la 35 B, dont le gros radiateur, ainsi que les deux orifices de remplissage du réservoir.

Puissante, maniable et agile grâce à une direction précise et une boîte de vitesses séparée à quatre rapports bien étagés, elle écrase la saison 1931 en dominant les meilleures machines confiées aux meilleurs pilotes. Au cours de l’année suivante, elle gagnera encore deux Grand Prix, mais elle sera dominée par les voitures italiennes plus puissantes, Alfa Romeo P3 et Maserati. Quelques exemplaires seront motorisés par un 1,5 litre et alignés dans la catégorie 1500 alors appelée « voiturettes » (Type 51 A).

Construite à une quarantaine d’unités, la Bugatti Type 51 est la dernière Bugatti de Grand Public commercialisée. Ultime dérivé de la 35, elle est pour beaucoup la plus achevée des Bugatti de course. Sans doute la meilleure.

Puissant, robuste, souple, moins sujet à la surchauffe que celui de la 35 B, le moteur de la Bugatti Type 51 va prendre place dans une voiture de sport, la Bugatti Type 55, dessinée par Jean Bugatti, un chef-d’œuvre d’élégance.
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D.R.
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