Saga Bugatti

Mécanicien de génie et constructeur avant-gardiste, Ettore Bugatti donnera naissance à de nombreux chefs-d’œuvre.

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BUGATTI Type 13

Gilles Bonnafous le 13/09/2006

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C’est avec la Bugatti Type 13 que démarre à Molsheim la production Bugatti en 1910. Dérivée du Type 10, la voiture apparaît donc comme le premier modèle de la marque. Il s’agit en fait d’une voiturette dont la cylindrée est limitée à 1327 cm³ (cotes de 65 x 100 millimètres). Son quatre cylindres monobloc à un arbre à cames en tête et deux soupapes par cylindre développe une quinzaine de chevaux. La boîte de vitesses possède quatre rapports. Grâce à son poids plume, la 13 atteint les 80 km/h.

Lancée en même temps que la 13, la Bugatti Type 15 constitue une version à l’empattement allongé (porté de deux mètres à 2,40 mètres). Il est de même de la Type 17, dont le châssis encore plus long (2,55 mètres d’empattement) peut porter des carrosseries à quatre places. Ces deux modèles reçoivent à partir de 1913 une suspension arrière à ressorts quart-elliptiques inversés (ou demi-cantilever inversés). Ils deviennent alors respectivement Type 22 et Type 23. L’année suivante, la Bugatti Type 13 bénéficiera de la même suspension.
BUGATTI
D.R.
La Bugatti Type 15
La Bugatti Type 15 D.R.
Le châssis court est habillé en torpédo à deux places (d’un poids de l’ordre de 420 kilos). Il sera réservé à la compétition au lendemain de la Grande Guerre. Plus lourdes, les 15, 17, 22 et 23 reçoivent des carrosseries plus spacieuses à trois, voire quatre places.

Sur les premiers exemplaires, le radiateur est à angles vifs. En 1913, il prend une forme ovale avec un écusson sur la calandre. Dix ans plus tard, il sera remplacé par un radiateur à fine calandre avec écusson sur le nid d’abeille évoluant vers la célèbre forme du fer à cheval.
La Bugatti Type 17
La Bugatti Type 17 D.R.
La Bugatti Type 23
La Bugatti Type 23 D.R.

En course, la Bugatti Type 13 va hisser Bugatti sur tous les podiums d'Europe. Parmi ses premiers succès, on évoquera la seconde place, particulièrement remarquable, glanée au Grand Prix de l’ACF de 1911 derrière une Fiat nettement plus puissante. En 1914, plusieurs moteurs 16 soupapes sont préparés en vue de la Coupe des Voiturettes, qui doit être courue au mois d’août sur le circuit des Dômes, en Auvergne. Elle sera annulée pour cause de guerre.
Friderich au GP de l'ACF
Friderich au GP de l'ACF D.R.
BUGATTI
D.R.
Après le conflit, la Coupe des Voiturettes, qui se tient au Mans en 1920, voit la victoire d’une 13 à moteur 16 soupapes pilotée par Friderich à la moyenne étonnante de 90 km/h. Mais le plus retentissant de ses succès est celui obtenu l’année suivante dans le Grand Prix d'Italie couru à Brescia. Quatre Bugatti Type 13 y prennent les quatre premières places : dans l’ordre Friderich (à la moyenne de 115 km/h), de Vizcaya, Baccoli et Marco. Ce triomphe, qui apporte la gloire à la marque, donnera son surnom « Brescia » à la Bugatti Type 13 et à ses dérivés dotés du 16 soupapes. Ce moteur possède les cotes de 68 x 100 millimètres, soit 1453 cm3. En course, il développe 40 ch, entraînant la Bugatti Type 13 à 140 km/h.

Les voitures de production types 22 et 23 vont bénéficier de cette mécanique sophistiquée et prestigieuse (quelque peu assagie toutefois) — leur moteur étant également réalésé à 68 millimètres, puis à 69 millimètres pour parvenir à la cylindrée de 1496 cm3. Elles seront ainsi les premières automobiles à moteur multi-soupapes jamais produites. Environ 2000 exemplaires en seront construits jusqu’en 1926.

Fort du formidable succès de la Bugatti Type 13, qui lui offre, outre la gloire, de substantielles rentrées d’argent, Ettore Bugatti va pouvoir se lancer dans des projets plus ambitieux.
BUGATTI
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