Saga Bugatti

Mécanicien de génie et constructeur avant-gardiste, Ettore Bugatti donnera naissance à de nombreux chefs-d’œuvre.

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BUGATTI Type 57 S

Gilles Bonnafous le 13/09/2006

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Bien que portant le même chiffre que sa sœur la Type 57, la Bugatti Type 57 S peut être considérée comme un modèle nouveau. L’initiative de créer une version sportive et surbaissée de la 57 revient à Jean Bugatti.

En 1935, Molsheim procède à l’essai d’une Bugatti Type 57 à caractère sportif portant le nom de 57 GF — pour Grand Raid. La même année, deux voitures reçoivent des carrosseries légères et ouvertes pour être alignées au Tourist Trophy. Pilotées par lord Howe et Lewis, elles s’y comportent honorablement (Howe terminant troisième). Si la version définitive de la Bugatti Type 57 S est présentée au salon de Paris de 1936, la voiture est apparue la première fois au Tourist Trophy (encore), où elle a été équipée d’une carrosserie réalisée par Corsica.
BUGATTI
D.R.
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Le châssis de la 57 a été raccourci et fortement abaissé, de sorte que le pont passe à travers les longerons. Le radiateur a subi le même traitement et prend une forme profilée de coupe-vent — le pare-chocs étant le plus souvent en deux parties.

Mécaniquement, la Bugatti Type 57 S apparaît comme une version poussée de la 57. Si la partie haute du huit cylindres est identique, le bas moteur a été modifié par l’adoption d’un carter sec rendu nécessaire par l’abaissement du centre de gravité de la voiture. Le taux de compression a également été porté de 6,2 à 8,5. Autre différence, l’allumage se fait par magnéto.

La puissance ressortit à 175 ch à 5200 tr/mn, ce qui offre à la voiture une vitesse proche de 200 km/h ! La mécanique de la Bugatti Type 57 S présente de nombreuses analogies avec celle de la 59, dont elle peut être considérée comme une version amendée en vue d’une utilisation « civile ». Côté transmission, si la boîte possède toujours quatre rapports, l’embrayage est à double plateau et le rapport de pont a été allongé.

Comme sur les premières 57, l’essieu antérieur est coupé en son milieu, les deux demi-essieux étant reliés par un manchon et guidés par deux bras de force. La voiture est équipée d’amortisseurs De Ram à friction et commande hydraulique, qui sont connus pour leur complexité et leur coût… Le talon d’Achille de la Bugatti Type 57 S restera son freinage assuré par des câbles totalement dépassés par les événements ! Et contrairement à la 57, elle ne bénéficiera pas de l’hydraulique.

Hyper luxueux, l’intérieur reçoit un tableau de bord garni de multiples cadrans dont certains aux fonctions sophistiquées — on trouve ainsi un altimètre, un accéléromètre et un autoradio Motorola. Avec la transmission qui forme en son milieu une forte saillie, l’habitacle n’en représente pas moins un changement d’ambiance par rapport à la Bugatti Type 57.
Le Cabriolet Corsica
Le Cabriolet Corsica D.R.
Avec l’appoint d’un compresseur Roots, la voiture (Type 57 SC) bénéficie de performances exceptionnelles : 200 ch et un bon 200 km/h. Très peu de voitures en seront dotées, mais de nombreux possesseurs d’une Bugatti Type 57 S atmosphérique renverront leur voiture à l’usine pour la faire suralimenter.

Le plumage de la Bugatti Type 57 S s’avère on ne peut plus à la hauteur de son exceptionnel ramage. Ses carrosseries d’allure sportive comptent parmi les plus belles des années trente, dont certaines dessinées par Jean Bugatti, d’autres notamment par Gangloff. Et que dire des réalisations particulières des carrossiers français et anglais, cabriolets, roadsters et tourers Van Vooren et Corsica — ce dernier auteur d’un roadster pour Malcolm Campbell.
Le Cabriolet Gangloff
Le Cabriolet Gangloff D.R.

Si l’Atalante est également disponible sur le châssis 57 en versions coupé et cabriolet, l’Atlantic constitue une exclusivité 57 S. Création exceptionnelle, cette carrosserie coupé deux places en aluminium est la plus célèbre de toutes les 57. Trois seront produites seulement — plus le prototype réalisé sur base de 57 standard. Spectaculaire, le dessin audacieux de l’Atlantic ne passe pas inaperçu avec sa crête courant du pare-brise jusqu’à l’extrémité de la poupe aérodynamique. Les panneaux de la carrosserie sont montés sur des rivets apparents, tandis que les portières échancrées empiètent sur le pavillon pour faciliter l’accès à bord. Acquise par lord Rothschild, la première prendra la route de la Grande-Bretagne.
Le Coupé Gangloff
Le Coupé Gangloff D.R.
Il était prévu de doter la 57 S de freins hydrauliques au salon de Paris de 1938 — en même temps que d’amortisseurs télescopiques. Mais au printemps de la même année, Bugatti décide d’en cesser la fabrication. Si la voiture était vendue extrêmement cher, la production en toute petite série s’est avérée aussi d’un coût très élevé et non rentable. Les cinq derniers exemplaires prendront le chemin du Royaume-Uni.
La célèbre et magnifique Atlantic
La célèbre et magnifique Atlantic D.R.
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