Saga Bugatti

Mécanicien de génie et constructeur avant-gardiste, Ettore Bugatti donnera naissance à de nombreux chefs-d’œuvre.

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BUGATTI Type 35

Gilles Bonnafous le 04/09/2006

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Aboutissement du génie mécanique et artistique d'Ettore Bugatti, la Bugatti Type 35 est la Bugatti par excellence. La plus mythique. Archétype de la voiture de Grand Prix des années vingt, elle a fondé, avec ses dérivés, la légende de Molsheim.

La Bugatti Type 35 fait ses débuts en 1924 au Grand Prix de l’ACF couru à Lyon. Une date dans l’histoire Bugatti. Elle y fait sensation par la finesse et l’élégance de son dessin malgré son caractère biplace — rendu obligatoire par le règlement des Grands Prix qui prévoit la présence d’un mécanicien à bord. Sa ligne sublime attire tous les regards, comme ses célèbres roues en aluminium coulé incluant le tambour de frein, une innovation considérable qui apparaît pour la première fois sur une voiture de Grand Prix. Six voitures sont venues par la route (cinq engagées), mais la course tournera au désastre par la faute de pneumatiques Dunlop mal vulcanisés : la première Bugatti Type 35 ne pourra faire mieux que septième.
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C’est néanmoins le départ d’une brillantissime carrière sportive. Commerciale également car Bugatti vend à ses clients cette Formule 1 des années vingt. La Bugatti Type 35 remportera un nombre incalculable de victoires, un palmarès impressionnant constitué entre 1924 et 1933 : le titre de champion du monde en 1926 et cinq succès consécutifs à la Targa Florio de 1925 à 1929. Après l’arrêt de sa production en 1930, la voiture permettra à des pilotes amateurs de se mettre en valeur et de se faire connaître (Amédée Gordini, Maurice Trintignant ou Raymond Sommer).

Le châssis et la carrosserie de la Type 35 sont nouveaux. Par contre, le moteur dérive de la Type 30, avec une modification majeure toutefois : le huit cylindres atmosphérique de deux litres à simple arbre à cames en tête et trois soupapes par cylindre bénéficie d’un nouveau vilebrequin démontable à cinq paliers. Et l’embiellage (bielles monobloc) est monté sur roulements à billes et rouleaux. Cette technique permet de dépasser les 6000 tr/mn, un niveau considérable à l’époque. La puissance atteint 110 ch.
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Autre innovation technique : le superbe essieu avant constitué de tubes creux, qui permettent de diminuer les masses non suspendues — il est traversé par les ressorts semi-elliptiques. Sa réalisation constitue une prouesse technique à mettre au crédit des forgerons de Molsheim.

La Bugatti Type 35 (le nombre correspond au numéro de l'étude) va être déclinée en plusieurs et prestigieux modèles dérivés. La Type 35 C est une 35 équipée d’un compresseur de type Roots dessiné par l’ingénieur Moglia, qui porte la puissance à 150 ch. De plus, ce dernier favorise l’onctuosité du moteur. Première Bugatti suralimentée, elle est pour beaucoup la meilleure des 35.

En 1926, Bugatti aligne au départ de la Targa Florio des Type 35 dont la cylindrée a été portée à 2,3 litres par augmentation de la course — elle passe de 88 à 100 millimètres. La voiture devient Type 35 T (T pour Targa). Peu d’exemplaires en seront construits en raison de la limitation à deux litres des voitures de Grand Prix.
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Lancée en 1927, la 35 B apparaît comme une 35 T (2,3 litres) dotée du même compresseur que celui de la 35 C. Dénommée officiellement Type 35 TC, elle gardera l’appellation de 35 B que lui avait donné le bureau d’études de Molsheim. Un peu plus puissante que la 35 C, elle demeure sans doute la plus désirable des Bugatti Type 35.

La 35 A voit le jour en 1925 sous l’appellation « Course imitation 35 A » — elle sera surnommée Técla du nom d’une marque de bijoux d’imitation. Il s’agit d’un modèle simplifié et assagi, et beaucoup moins cher, dont l’atout majeur est une fiabilité et une simplicité d’entretien supérieures à la 35. La voiture est motorisée par un huit cylindres proche de celui du Type 30 qui développe 70 ch. Nettement moins sophistiqué que celui de la 35, il est équipé d’un vilebrequin à trois paliers et de roulements à billes et bielles sur paliers lisses. Il reçoit des petites soupapes et l’allumage se fait par distributeur (au lieu d’une magnéto sur la 35). L’essieu avant est plein et les roues sont à rayons, les roues en alliage étant en option.

Environ 340 Bugatti 35 seront construites jusqu’en 1930. Environ parce qu’Ettore Bugatti avait coutume de livrer à ses clients des voitures déjà utilisées par l’usine, d’où un certain flou dans les numéros de châssis. Si on ne peut dire que la 35 était la meilleure dans tous les domaines, elle fut la plus complète et la plus homogène. Une qualité exceptionnelle qui a donné naissance au mythe du pur-sang de Molsheim.
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