Louis Vuitton Classic 2000

A l’occasion de l’an 2000, le concours "Automobiles Classiques et Louis Vuitton" change de nom et devient Louis Vuitton Classic. Il rejoint ainsi la famille des autres Louis Vuitton Classic organisés à Londres (au Hurlingham Club) et à New York (au Rockfeller Center).

sommaire :

ROLLS ROYCE Silver Ghost

Gilles Bonnafous le 09/09/2000

Partagez

réagir

La mascotte automobile la plus célèbre au monde tire son origine du souci exprimé par Claude Johnson, qui sera plus tard directeur de Rolls-Royce, de préserver l’esthétique des voitures de la marque.

Nous sommes en 1910 et la vogue des mascottes de radiateur commence à se répandre. Claude Johnson veut éviter que la calandre des Rolls-Royce ne soit défigurée par des figures insolites disposées par certains clients et qu’il considère comme d’un goût discutable (chat noir, figure de policier, etc.). C’est alors que Lord Montagu of Beaulieu, une personnalité très en vue du monde de l’automobile et ami de Charles Royce, lui présente Charles Sykes, un jeune sculpteur dont il est l’ami et le mécène.

Claude Johnson demande à l’artiste, auteur du trophée de la Coupe Gordon Bennett, de concevoir une mascotte exclusive pour la marque. Véritable œuvre d’art, elle symbolisera l’esprit Rolls-Royce : l’alliance du silence et de la vitesse. Selon la légende, l’inspiration vient à Charles Sykes lors d’un déplacement dans la Silver Ghost de Lord Montagu of Beaulieu, au cours duquel il aurait été très impressionné par la douceur de fonctionnement de la voiture malgré sa vitesse.

Charles Sykes baptise sa statuette " Spirit of Ecstasy " — elle sera également connue sous l’appellation commune de " Flying Lady ". Selon le sculpteur, la gracieuse petite déesse exprime le vif plaisir qui est le sien, avec ses bras étendus et son regard fixé vers l’horizon.
ROLLS ROYCE
D.R
ROLLS ROYCE
D.R
Eleanor Thornton, la secrétaire de Lord Montagu of Beaulieu, qui était également sa maîtresse, passe pour avoir servi de modèle à la gracieuse silhouette de la Flying Lady. Une hypothèse fortement contestée aujourd’hui, même si la jeune femme a probablement posé pour Charles Sykes. Plus crédible — et très visible — apparaît l’influence de la Victoire de Samothrace sur le sculpteur. Amateur d’art, Claude Johnson avait coutume, lors de ses fréquentes visites à Paris, de se rendre au Louvre, où il ne manquait pas d’admirer la célèbre Niké hellénistique. Au moment de passer commande de la mascotte à Charles Sykes, il s’adresse ainsi à l’artiste : " Je veux quelque chose d’aussi beau que la Victoire de Samothrace. Allez la voir ! ". Après tout, quoi de plus naturel que de dresser un acrotère d’inspiration grecque sur une calandre, dont la forme est empruntée au fronton d’un temple grec.

Présentée à un " Concours de Bouchons de radiateurs " organisé à Paris par le journal L’Auto, Spirit of Ecstasy se voit attribuer le Premier Prix.

Exclusivement fabriquée dans l’atelier de l’artiste à partir de 1911, la mascotte est réalisée selon la technique de la cire perdue. D’une valeur de 17,5 centimètres à l’origine, sa hauteur évoluera au fil des décennies pour s’adapter à chaque nouveau modèle de la marque.

En 1934, Charles Sykes réalise une version agenouillée la mascotte à la demande de certains clients. Cette variante vise à éviter de faire pivoter la Flying Lady d’un quart de tour pour dégager l’ouverture du capot. Mais elle sera abandonnée après la guerre, la grande majorité des clients restant fidèles au modèle original.
article précédent MASERATI 250 F

Page précédente
MASERATI 250 F

Partagez

réagir

Commentaires