Le Mans Classic 2006

Le Mans Classic 2006 suivra, du 7 au 9 juillet, les traces de ses aînés et rassemblera à nouveau tous ceux désormais attachés à cet événement qui décline la voiture ancienne autour de ce nom magique, le Mans.

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Le Mans Classic 2006

Gilles Bonnafous le 19/07/2006

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Pour sa troisième édition, qui s’est tenue les 7, 8 et 9 juillet derniers, Le Mans Classic est encore monté en puissance, confirmant son statut de manifestation de voitures de collection parmi les plus belles au monde. Nous écrivions en 2004 : « Un tel concentré de voitures d’exception, une telle avalanche de machines hors du commun ont de quoi donner le vertige. Il faut vite oublier l’idée d’en faire la liste ». Plus encore qu’il y a deux ans, on pouvait s’amuser cette année à compter les voitures à un million de dollars...

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Près de 6000 voitures au total, 400 voitures en compétition ayant participé aux 24 Heures du Mans ou de modèle identique, des concurrents venus du monde entier pour prendre le volant de monuments du sport automobile. Qui dit mieux ? Le tout accompagné d’une pléiade de pilotes célèbres, dont quatre anciens vainqueurs des 24 Heures : Jean Guichet (1964 sur Ferrari 275 P), Henri Pescarolo (1972 à 1974 sur Matra et 1984 sur Porsche 956), Johnny Herbert (1991 sur Mazda) et Stéphane Ortelli (1998 sur Porsche 911 GT1).

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Le Mans Classic a rassemblé le hit parade complet des voitures de collection, tout le gratin aussi. A côté de ces stars, innombrables et de toutes nationalités, on remarquait quelques raretés anglaises comme la Peerless ou la Connaught. L’horizon s’est également élargi vers l’Est européen avec la présence d’une barquette Skoda 1101 Sport, qui prit part aux 24 Heures en 1950.

Une nouveauté cette année, l’extension de la date limite du sixième plateau à 1979 — il fut créé en 2004 pour accueillir les voitures construites entre 1972 et 1978. L’objectif était d’ouvrir le plateau le plus rapide aux Ferrari 512 BB LM et BMW M1. Lesquelles sont venus en nombre — cinq BB LM et autant de M1.

BMW M1 BMW Communication

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Côté clubs, plus de 5000 voitures de collection présentées sur les pelouses et autour du circuit Bugatti. De l’ordre de 150 clubs étaient présents, parmi lesquels Porsche se taillait la part du lion avec pas loin d’un millier de représentantes anciennes et modernes de la firme de Zuffenhausen.

Le concours « Le Mans Heritage Club » regroupait des voitures qui ont participé aux 24 Heures du Mans depuis la création de l’épreuve, mais qui ne couraient pas. Parmi les plus remarquables de ces machines, citons l’extraordinaire Adler Trumpf aérodynamique de 1937, un coupé BMW 328 Mille Milles Touring venu du musée BMW, une Bentley 3 litres de 1924, la vétérane de cet aréopage brillantissime, la Matra MS 670 B victorieuse en 1974, une Ford Mk II, les Porche 910 et 962 C, ainsi que, pour terminer, la Bentley Speed 8 de Tom Kristensen vainqueur en 2003.

BMW 328 Mille Milles Touring BMW Communication

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Le village remodelé s’était installé dans les nouveaux aménagements réalisés par l’ACO. Cela gagne en chic, même si l’on regrettera le charme du village précédent. Une exposition y présentait la firme Iso, fondée par Renzo Rivolta, dont la petite Isetta (en l’occurrence une version allemande construite par BMW) trônait au centre d’un aréopage de Rivolta, Grifo, Fidia et Lele.

Plusieurs constructeurs ont conduit des opérations de relations publiques, certains présentant même un nouveau modèle, à l’image de BMW avec son coupé Z4 M. Ford fêtait le quarantième anniversaire de la première victoire de la GT 40 aux 24 Heures du Mans. Pour commémorer l’événement, les trois Mk II, qui monopolisèrent le podium en 1966, avaient fait le déplacement. Accompagnées d’un cortège de GT 40 et de Ford GT, elles ont réalisé une parade sur le circuit.

L'exposition de la firme Iso Motorlegend

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Comme pour célébrer la locomotion terrestre motorisée dans un éclectisme œcuménique, Le Mans Classic 2006 a ménagé une échappée vers l’univers des deux roues et des véhicules utilitaires. Le spectateur pouvait découvrir une petite mais brillante exposition de motos italiennes (Ducati, Aermacchi, Parilla, Motom). Côtés poids lourds, de magnifiques camions et autocars suisses comme en 2004, mais plus nombreux (Berna, FBW, Saurer), deux autocars Citroën qui faisaient office de navette, et un Laffly aux couleurs de l’écurie Gordini.

Bilan mitigé pour la vente aux enchères Christie’s avec douze voitures vendues seulement sur les 39 inscrites au catalogue. Le clou de la vacation était la Talbot Lago T26C usine de 1950, qui fut pilotée par Louis Rosier et Fangio : 1 100 250 € (avec les frais), soit au-delà de l’estimation. La Maserati 4 CM de 1937 est partie à 368 750 €, tandis qu’une MC 12 restait non vendue au marteau. Le cabriolet DS (une 21 de 1967) confirmait sa forme actuelle (141 000 €), tandis qu’une émouvante et rare Sizaire et Naudin de 1911 trouvait preneur à 28 200 €. Quant à la Toyota 2000 GT, elle a atteint 176 250 €, un niveau considérable qu’elle doit à son importance historique et à sa rareté.

Gilles Bonnafous

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L’organisation de la manifestation a paru en progrès, même s’il reste un effort à réaliser dans le domaine de la restauration pour éviter les queues interminables. Quelques problèmes de sécurité aussi, certains clubs ayant signalé des vols de matériel. Les professionnels de l’automobile de collection, quant à eux, marchands de documentation, d’automobilia, d’accessoires et de souvenirs divers, se déclaraient satisfaits du business réalisé.

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Succès de fréquentation également malgré la politique tarifaire pratiquée : un week-end coûteux à 45 € le ticket, auxquels il faut ajouter un supplément de vingt euros pour pouvoir accéder aux paddocks. Les organisateurs ont annoncé plus de 60 000 visiteurs sur les trois jours de la manifestation.

Dans une France morose, qui n’organise plus aucun concours d’Elégance de niveau international et où les lots principaux mis aux enchères partent à l’étranger, Le Mans Classic s’inscrit comme un rendez-vous majeur dans le paysage des grands événements mondiaux de l’automobile de collection. On ne peut que savoir gré à ses organisateurs de cette réussite.

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