Le Mans Classic 2006

Le Mans Classic 2006 suivra, du 7 au 9 juillet, les traces de ses aînés et rassemblera à nouveau tous ceux désormais attachés à cet événement qui décline la voiture ancienne autour de ce nom magique, le Mans.

sommaire :

MASERATI 200 SI

Gilles Bonnafous le 12/07/2006

Partagez

réagir

La superbe Maserati 200 SI d’Oliver Kuttner et Wolf Zweifler, un Américain et un Allemand associés pour courir au Mans Classic, est sortie d’usine le 17 février 1957 — châssis 2412.

Avec la 150 S, sa petite sœur de 1,5 litre, la Maserati 200 S, qui apparaît en 1955, est l’une des plus petites Maserati de course construites par la firme au trident. Sa genèse tient à la forte rivalité entretenue avec Maranello. Une guerre sportive qui conduit à développer une concurrente de la Ferrari 500 Mondial, qui serait plus moderne que l’A6GCS.
MASERATI
Motorlegend
MASERATI
Motorlegend
La carrière de la 200 S ne démarre réellement qu’en 1956 et l’essentiel des 28 exemplaires construits le sera en 1957— année où la voiture est baptisée SI. La Maserati 200 SI s’illustrera dans des courses comme le Grand Prix de Bari (pilotée par Jean Behra), le Giro di Sicilia et la Targa Florio. Sa réputation est alors d’une voiture à la tenue de route perfectible.

La 200 S reçoit un châssis proche de celui de la 150 S, mais équipé d’éléments de l’A6GCS, notamment l’essieu arrière rigide. Toutefois, ce dernier sera rapidement remplacé par un pont De Dion. Quant au moteur de deux litres, il dérive du 1,5 litre de la 150 S. Il s’agit d’un quatre cylindres en ligne à double arbre à cames en tête et carter sec. Doté d’un double allumage et alimenté par deux carburateurs Weber double corps de 45 millimètres, il donne 190 ch à 7200 tr/mn. La boîte est une ZF à cinq rapports. Avec 660 kilos, la Maserati 200 S roule à 260 km/h.
MASERATI
Motorlegend

MASERATI
Motorlegend
MASERATI
Motorlegend
La Maserati 200 SI d’Oliver Kuttner a fait toute sa carrière aux Etats-Unis. Elle est d’abord vendue par l’importateur américain de Maserati à Jim Kimberly, représentant d’une famille de milliardaires (Kimberly-Clark). Kimberly, qui possède également une 300 S, pilote la 200 SI pendant plusieurs années sur la plupart des grands circuits américains : Sebring, Watkins Glen, Elkhart Lake dans le Wisconsin, Chicago, etc.

La Maserati 200 SI de Jim Kimberly est reconnaissable au motif noir peint sur le museau, ainsi qu’aux trois feux circulaires qu’il a fait disposer sur les flancs (derrière les ailes avant) pour les 12 Heures de Sebring et autres courses d’endurance. C’est un système de communication avec le stand pour prévenir de l’arrivée de la voiture ou signaler un problème.
MASERATI
Gilles Bonnafous

Suite à un accident, qui endommage gravement la partie arrière de la voiture, la Maserati 200 SI est désossée, moteur et transmission déposés. Au début des années 70, elle sera vendue ainsi, à l’état de quasi-épave, à un certain Elliott Seagle de Chicago pour moins de 1000 dollars. Ce dernier la gardera longtemps, se promettant toujours de la restaurer. Mais il ne le fera jamais…
MASERATI
Motorlegend
MASERATI
Motorlegend
Oliver Kuttner, qui vend à l’époque des pièces détachées pour Maserati anciennes et modernes, découvre la voiture quand Seagle vient lui acheter des pièces pour son Indy. Après plusieurs tentatives infructueuses, Oliver finira par acquérir la 200 SI, et ce au meilleur moment, en 1994, après la chute des prix (pour 65 000 dollars seulement). D’abord restaurée en châssis et carrosserie, la voiture passera ensuite un an chez De Tomaso pour parfaire la mécanique. Elle est sans doute l’une des plus belles Maserati 200 S existant aujourd’hui.

Le Mans Classic 2006 a été pour Oliver Kuttner le théâtre d’une double émotion. Car, s’il connaissait la 200 SI depuis vingt ans, il la conduisait pour la première fois ! Ayant déjà piloté une 300 S, il a pu faire la comparaison entre les deux modèles. Il préfère la 200 SI. Bien que moins rapide, il la trouve plus amusante, plus maniable et agile et freinant mieux. De plus, s’il a participé plusieurs fois aux 24 Heures de Daytona et aux 12 Heures de Sebring sur des machines modernes, il n’avait jamais piloté au Mans : « Un rêve pour un Américain », confie-t-il. Même en VHC.
MASERATI
Motorlegend
MASERATI
Motorlegend
article précédent JAGUAR XJ 13

Page précédente
JAGUAR XJ 13

article suivant MATRA MS 650

Page suivante
MATRA MS 650

Partagez

réagir