Le Mans Classic 2002

ASTON MARTIN DBR 1

Gilles Bonnafous le 21/09/2002

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On ne comptait au Mans Classic que trois machines ayant remporté les 24 Heures, la Lorraine Dietrich de 1926, la Jaguar Type D de 1955 et l'Aston Martin DBR1 de 1959. Pour cette dernière, c'est peu dire qu'à l'époque la victoire s'était fait attendre sur le circuit de la Sarthe. La marque de Newport Pagnell manquait pour le moins de baraka ! Jugez plutôt : trois deuxièmes places avec la DB3S en 1955 (Peter Collins-Paul Frère), en 1956 et 1958 (Stirling Moss-Peter Collins). David Brown commençait à désespérer !

La libération vint donc en 1959, avec Carroll Shelby et Roy Salvadori aux commandes et 4348 kilomètres parcourus à la moyenne de 181 km/h. Comme un bonheur ne vient jamais seul, Aston Martin s'offrait même un doublé, Maurice Trintignant et Paul Frère prenant la deuxième place dans le même tour (à dix kilomètres seulement des vainqueurs). Si cette victoire allait demeurer unique, la firme s'adjugeait, grâce à la DBR1, le titre de Champion du monde des constructeurs en fin de saison.
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La DBR1 de Carroll Shelby et Roy Salvadori aux 24 Heures du Mans de 1959
La DBR1 de Carroll Shelby et Roy Salvadori aux 24 Heures du Mans de 1959 D.R
Conçue sous la responsabilité de l'ingénieur Ted Cutting, la DBR1 est construite sur un châssis tubulaire. Elle bénéficie d'un excellent train arrière à pont de Dion… qui fait défaut à la Jaguar Type D. Fiable, son six cylindres double allumage en alliage léger de trois litres développe 250 ch. Ajoutons qu'avec ses courbes fluides et ses galbes voluptueux, dus au talent de Frank Feeley, la DBR1 est l'une des plus belles Sport-prototypes jamais construites.

Avec la DBR1, Aston Martin courut seize épreuves du championnat du monde en 1957, 1958 et 1959. Elle en a gagné huit, dont six grâce à la voiture présente au Mans Classic. C'est dire s'il s'agit d'une machine importante. A son palmarès, figurent notamment, outre les 24 Heures du Mans, les 1000 Kilomètres du Nürburgring, Spa, et le Tourist Trophy à Goodwood à trois reprises (Brooks, Shelby, Fairman et Moss par deux fois). La voiture courut encore pendant trois ans, pilotée par Ian Baillie et Roy Salvadori. Elle fut ensuite vendue et participa, dans les années soixante, à des compétitions aux mains de pilotes de clubs.

La DBR1 débarque en France en novembre 1982, quand Jacky Setton l'achète au PDG d'une compagnie pétrolière anglaise. Le même jour, l'homme d'affaires fait également l'acquisition, auprès du même vendeur, de la Jaguar Type D de l'Ecurie Ecosse victorieuse des 24 Heures du Mans de 1957 avec Ron Flockhart et Ivor Bueb. Les deux voitures seront dès lors exposées dans son musée, installé dans sa propriété des Yvelines.

Regrettant amèrement d'avoir laissé partir ces machines d'exception à l'étranger, les Anglais firent pendant plusieurs années le siège de Jacky Setton pour les racheter. Ce dernier cédera dix ans plus tard. Il revendra l'Aston Martin (pour une somme considérable) à un Britannique, Peter Hardman, l'actuel propriétaire qui la pilotait au Mans Classic.
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Souhaitant participer à des épreuves historiques, Peter Hardman engage la restauration de la DBR1, qu'il confie à Tim Samways. Pour des raisons de sécurité propres à une voiture destinée à courir, Samways procède à une véritable reconstruction, fabriquant de nombreux éléments (en l'absence de pièces détachées). De plus, aucune documentation n'a été conservée quand Aston Martin a arrêté la compétition.

Le chantier achevé en 1994, la voiture prend part, en compagnie de Carroll Shelby et de Roy Salvadori, à des démonstrations organisées lors de réunions de VHC. Elle commence à courir l'année suivante pour se constituer un palmarès flatteur, remportant de nombreuses courses parmi les plus importantes, Goodwood, Laguna Seca, Silverstone et Nürburgring.
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