Le Mans Classic 2002

FORD USA GT 40

Gilles Bonnafous le 21/09/2002

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La Ford GT 40 4,7 litres de Pierre Bos, engagée dans le plateau quatre du Mans Classic, est la voiture de la Scuderia Filipinetti, qui, aux 24 Heures de 1966, était placée cinquième et première de la catégorie Sport à la dix-septième heure. Hélas, une étourderie allait coûter cher à l'écurie. Lors du ravitaillement, un mécanicien omit de fixer le bouchon d'essence, de sorte qu'au Tertre Rouge, l'essence s'épancha sur une roue. La machine partit dans le décor, arrachant son train arrière. L'aventure mancelle s'arrêtait là pour ses pilotes, Peter Sutcliffe et Dieter Spoerry. Mais Ford avait des réserves…
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Flash-back sur 1966, une année qui a marqué l'histoire des 24 Heures du Mans. Après deux tentatives infructueuses en 1964 et 1965, Ford a mis le paquet pour parvenir à ses fins et remporter la prestigieuse épreuve. Jugez plutôt : une armada de treize voitures sont au départ, dont huit Mk II de sept litres ! Les moyens considérables mis en œuvre - à l'américaine - finissent par payer et venir à bout de l'artisan Ferrari. Le succès se transforme en triomphe, inaugurant une série de quatre victoires consécutives. C'est un triplé de la Mk II (devant quatre Porsche 906 !), l'équipage Bruce McLaren-Chris Amon l'emportant devant Miles-Hulme et Bucknum-Hutcherson. Détail piquant, les cinq autres Mk II ont abandonné, dont celles de Dan Gurney (meilleur temps aux essais), Graham Hill et Mario Andretti.

A l'approche du dénouement, Ford souhaite organiser la mise en scène de son exploit. Il est donc décidé de faire arriver de front les deux voitures de tête pour un classement ex-aequo (la n°2 de McLaren-Amon et la n°1 de Miles-Hulme). Ceci sous les yeux de Henry Ford II " himself ". Las ! C'est sans compter sur la réaction de l'ACO, qui ne l'entend pas ainsi et applique le règlement : les deux voitures seront donc départagées par leur ordre de départ. Pour vingt mètres d'avance, la victoire revient à celle partie le plus loin sur la ligne, et par conséquent la moins rapide aux essais !

Quant aux cinq GT 40 de 4,7 litres engagées, aucune n'a terminé l'épreuve. La voiture de Sutcliffe et Spoerry partage son infortune avec celles de Ligier-Grossman, Ickx-Neerspash, Ireland-Rindt et Scotte-Revson. Livrée à la Scuderia Filipinetti en mars 1966, la voiture, qui est aujourd'hui la propriété de Pierre Bos, part aussitôt chez John Wyer pour des travaux sur le moteur. Le 25 avril, elle participe aux 1000 Kilomètres de Monza, où elle se classe troisième aux mains de Mairesse-Müller. Après les 24 Heures 1966, elle reviendra au Mans l'année suivante pour participer aux essais. Mais elle ne pourra prendre part à la course, car elle terminera sa carrière à Monza dans un accident où elle brûlera.
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Demeurée à l'état d'épave dans le château de Georges Filipinetti, à Granson, en Suisse, la GT 40 est ensuite acquise par Franco Sbarro, qui, à l'époque, est le chef mécanicien de la Scuderia. En 1986, ce dernier propose à Pierre Bos de la lui vendre, s'engageant à la restaurer conformément à son état d'origine. C'est chose faite dix-huit mois plus tard, et après un aller et retour Granson-Toulouse, où réside Pierre Bos, la voiture reçoit, sur proposition de Sbarro, des culasses Gurney Eagle plus performantes.

Depuis lors, la GT 40 court les épreuves historiques, dont le Tour Auto par deux fois. Mais pour participer au Mans Classic, Pierre Bos a dû faire monter un moteur d'origine, qu'il a acquis aux Etats-Unis. En effet, la voiture ayant cessé de courir en 1967 et les Gurney Eagle n'apparaissant qu'en 1968, elle ne pouvait être qualifiée en l'état. Dura lex, sed lex…
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