Saga Aston Martin

Mouvementée, l'histoire d'Aston Martin révèle un destin hors-norme. Celui d'une marque de prestige et de performances, mais à la santé fragile. En cent ans d'aventure, Aston Martin a souvent changé de mains et a connu des périodes plus ou moins fastes. Reste que son image inoxydable la rend virtuellement immortelle ! Rendez-vous dans cent ans ?

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ASTON MARTIN DB7 (1994-2003)

Gilles Bonnafous le 13/11/2006

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Au cours des années 70 et 80 marquées par les crises pétrolières, Aston Martin a pu mesurer l’inconvénient de ne produire qu’un modèle très coûteux, la V8. Il manquait au catalogue de la marque une voiture moins onéreuse, qui s’inscrirait dans la lignée des six cylindres inaugurée par la DB4. Ce modèle sera l’Aston Martin DB7. Mais il ne deviendra réalité qu’avec l’appui financier de Ford, entré majoritairement dans le capital d’Aston Martin en 1987, et les moyens techniques de Jaguar.

L’Aston Martin DB7 emprunte beaucoup à la firme fondée par William Lyons — elle est d’ailleurs fabriquée dans l’usine de Bloxham, dans l’Oxfordshire, où a été construite la XJ 220. Dès lors, on est fondé à se demander si la DB7 est une vraie Aston Martin. A cette objection, on répliquera que la première voiture de la firme dérivait d’une Singer et que la DB2 était équipée d’un moteur Lagonda.
Aston Martin DB7
Aston Martin DB7 Aston Martin
Aston Martin DB7
Aston Martin DB7 Aston Martin
Très attendue, l’Aston Martin DB7 est révélée au salon de Genève en mars 1993. Toutefois, elle attendra la fin de l’année suivante pour être commercialisée. Semi-monocoque en acier, elle est construite sur la plate-forme de la Jaguar XK8, qui dérive elle-même de celle de la XJS. Sous son capot rugit un six cylindres en ligne 24 soupapes de 3,2 litres. D’origine Jaguar et développé par TWR, il est doté d’un compresseur Eaton. Avec 335 ch à 5750 tr/mn, la DB7 atteint 260 km/h et court le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes. Le client a le choix entre une boîte manuelle à cinq vitesses ou une transmission automatique.

Dû à Ian Callum, le design sublime de l’Aston Martin DB7 perpétue la légende des plus belles DB, dont elle apparaît comme la digne héritière. Visant surtout le marché américain, le cabriolet Volante est présenté aux salons de Los Angeles et Detroit au début 1996. Les performances apparaissent en retrait pour cause de prise de poids et pour des raisons aérodynamiques — 250 km/h avec la boîte manuelle.
Aston Martin DB7 Volante
Aston Martin DB7 Volante Aston Martin
Aston Martin DB7 Volante
Aston Martin DB7 Volante Aston Martin

Jusqu’alors, les Aston Martin Vantage constituaient des versions à la mécanique gonflée du modèle standard. Pour la première fois, l’Aston Martin DB7 Vantage, lancée en coupé et cabriolet au salon de Genève 1999, reçoit un moteur entièrement nouveau. Et quel moteur ! Un V12, le premier jamais monté sur une Aston Martin de production.
Aston Martin DB7 Vantage
Aston Martin DB7 Vantage Aston Martin
Le V12 de la DB7 Vantage
Le V12 de la DB7 Vantage Aston Martin
Développé en coopération avec le Ford Research and Vehicle Technology Group et Cosworth, ce V12 à 60° de six litres est d’abord apparu sur un concept-car Ford, puis sur la Lagonda Vignale et le Project Vantage. Fruit du mariage de deux V6 Ford Duratec de trois litres, il équipera aussi la Vanquish, le futur haut de gamme de la firme. Avec quatre arbres à cames en tête et 48 soupapes, il développe 420 ch à 7000 tr/mn.

Pour faire face à l’accroissement de la puissance, le châssis a été renforcé et doté d’une nouvelle suspension. La transmission est d’abord confiée à une boîte manuelle à six rapports (295 km/h et le 0 à 100 km/h en 5 secondes) ou une automatique à cinq vitesses. En 2000, apparaît une transmission Touchtronic développée avec ZF. Esthétiquement, l’Aston Martin Vantage a été retouchée par Ian Callum : calandre modifiée avec prise d’air augmentée, bas de caisse gonflés et nouveau pare-chocs arrière.
Aston Martin DB7 Vantage
Aston Martin DB7 Vantage Aston Martin
Aston Martin DB7 Vantage
Aston Martin DB7 Vantage Aston Martin

En 2003, l’Aston Martin DB7 est accompagnée de deux variantes d’exception, la Zagato et la GT. Dernière et plus puissante version de la DB7, la GT bénéficie d’un six litres porté à 435 ch. 190 exemplaires en seront produits.

Modèle à tirage limité (99 unités), l’Aston Martin DB7 Zagato est construite sur une plate-forme raccourcie de Vantage Volante. Expédiée chez Zagato à Milan, celle-ci y reçoit une carrosserie en aluminium. Plus courte et à l’empattement réduit de six centimètres, la voiture est une stricte deux places. Allégée et équipée du V12 de 435 ch, elle est donnée pour 305 km/h.
Aston Martin DB7 Zagato
Aston Martin DB7 Zagato Aston Martin
Aston Martin DB7 Zagato
Aston Martin DB7 Zagato Aston Martin
Esthétiquement, l’Aston Martin DB7 Zagato est profondément modifiée. Elle se reconnaît à sa nouvelle et énorme calandre et à sa lunette arrière à la forme baroque. Sans oublier bien sûr le double bossage du toit cher à Zagato. De plus, sa poupe, qui s’inspire de la forme traditionnelle de la calandre Aston Martin, s’ouvre à la verticale pour donner accès à un petit coffre à bagages.

Après plus de 7000 exemplaires diffusés, l’Aston Martin DB7 s’efface en décembre 2003 — la six cylindres a été retirée dès juin 1999. Sa ligne magnifique et ses qualités dynamiques en ont fait le plus grand succès commercial de l’histoire Aston Martin. C’est déjà une voiture de collection.
Aston Martin DB7 GT
Aston Martin DB7 GT Aston Martin
Aston Martin DB7 GT
Aston Martin DB7 GT Aston Martin
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