La Lotus Seven a 50 ans

Histoire : Caterham et la renaissance de la Seven

Vincent Desmonts le 27/07/2007

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Dès l'époque de la Lotus Seven S1, un concessionnaire se distingue : Caterham Car Services. Non contente d'être un « Lotus Center », c'est à dire habilitée par l'usine à livrer des voitures montées aux clients, l'entreprise dirigée par Graham Nearn réalise également des préparations moteur, devient distributeur exclusif des Seven et participe même au développement de la S3.
En 1971, l'aventure des Lotus Seven sent le sapin, avec une S4 qui ne convainc pas les acheteurs. Graham Nearn propose alors à Colin Chapman de tout simplement en reprendre la production. Après de longues tractations, le patron de Lotus finit par accepter, et la transaction devient officielle début 73. La Seven S4 sera désormais fabriquée par la Seven Car Co. Ltd, filiale de Caterham. Mais cela ne change rien à son insuccès : seuls 38 exemplaires sont vendus en un an !
Graham Nearn décide alors de tenter le tout pour le tout, en relançant la production de la Seven... S3 ! Ultime évolution des « vraies » Seven, la S3 n'est pas considérée comme un vilain petit canard – contrairement à la S4.
Graham Nearn
Graham Nearn Seven Passion
Colin Chapman et Graham Nearn en 1973
Colin Chapman et Graham Nearn en 1973 Seven Passion
Contre toute attente, cette « nouveauté » (seuls quelques détails du châssis ont évolué par rapport à la Twin Cam SS badgée Lotus) est bien accueillie par la presse et la clientèle. Celle que les passionnés baptiseront rapidement Caterham Super Seven est proposée au choix en kit ou entièrement montée, séduisant ainsi des profils d'acheteurs très différents. Elle sera produite sous cette forme jusqu'en 1983, avec de nombreuses évolutions moteur et trains roulants en cours de carrière, dont l'apparition d'une version à châssis allongé pour une meilleure habitabilité.
Au cours des années qui suivent, la Caterham remplacera son pont rigide par un essieu De Dion plus efficace (1985), adoptera une boîte 5 vitesses (1986), recevra quatre freins à disques (1988)... Côté moteurs, les fournisseurs varient au fil du temps, mais les puissances tendent à augmenter. Autant d'évolutions qui optimisent les performances et l'efficacité de la Seven sans aller à l'encontre du concept initial. Le succès est bien là, mais Caterham le doit essentiellement à l'appétit du marché britannique. A la fin des années 80, la firme se lance donc à la conquête de l'Europe continentale en constituant un réseau d'importateurs. Dès 1992, plus de la moitié des Seven sont vendues à l'export, contre seulement 37,5 % trois ans plus tôt.
KAR 120C, mythique immatriculation du Prisonnier
KAR 120C, mythique immatriculation du Prisonnier Seven Passion
Caterham R300
Caterham R300 Vincent Desmonts

Pendant la même période, Nearn affirme son sens des affaires en lançant des séries limitées : la Prisoner en 1990, en hommage à la série TV qui a fait la renommée de la Seven ; la série du 35e anniversaire en 1992. Caterham commercialise aussi un nombre croissant de versions à hautes performances, les Seven BDR à moteur Cosworth (150 ch), les 1700 HPC (170 ch), puis les versions dotées du 2 litres Vauxhall/Opel (175 ch). Ces Seven haut de gamme ne représentent pas l'essentiel des ventes, mais contribuent à construire une image de bolide dévoreurs de chronos à celle qui ne pouvait compter à ses débuts que sur 40 malheureux chevaux ! L'archétype de ces Seven extrêmes reste la JPE, élaborée avec l'aide du pilote de Formule 1 Jonathan Palmer : dotée d'un 2.2 de 250 ch, allégée au maximum (530 kg), la Seven JPE s'appropriera une poignée de records du monde. En accélérant de 0 à 60 miles à l'heure (0 à 96 km/h) en 3,46 secondes, elle battra notamment celui de la légendaire Ferrari F40 !
Caterham JPE
Caterham JPE Vincent Desmonts
Caterham CSR 260
Caterham CSR 260 Seven Passion
A l'autre extrémité de la gamme, les nouvelles normes antipollution poussent à la retraite les vieux moteurs Ford Kent, qui sont remplacés par les Rover K catalysés (rebaptisés MG Xpower plus tard), qui resteront au catalogue jusque fin 2006. Les Caterham continuent ainsi leurs évolutions, avec l'apparition du châssis large SV, plus adapté à la morphologie des conducteurs du XXIè siècle. Dans la même optique, les versions CSR lancées en 2003 adoptent une aérodynamique plus soignée, des suspensions à ressorts « inboard » façon F1 et même une nouvelle planche de bord plus ergonomique. Quant à la JPE, elle trouve ses héritières avec les R300, R400 et R500, des Caterham allégées dont le matricule indique le rapport poids/puissance en chevaux par tonne. La R500 s'adjuge un record du tour sur la célèbre boucle nord du Nürburgring, en moins de 8 minutes !

Mais avec la mise en faillite du groupe MG-Rover, la source des moteurs Xpower se tarit rapidement, et Caterham doit vite trouver un nouveau fournisseur de moteurs. Ce sera Ford, dont le 1.6 « Sigma » a séduit le constructeur des Seven.
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Commentaires

avatar de Falckman
Falckman a dit le 28-11-2016 à 19:11
Bonjour,je recherche renseignements concernant là lotus seven s2 qui est dans la série le prisonnier,la date et le modèle précis de celle ci par avance merci si vous pouvez m aider. Cordialement