La Lotus Seven a 50 ans

Histoire : Les heures de gloire de la Lotus Seven

Vincent Desmonts le 23/07/2007

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Difficile d'expliquer la Seven sans remonter aux origines... de la marque Lotus. Il faut actionner la machine à voyager dans le temps et revenir à la fin des années 40, où dans une Angleterre en pleine reconstruction un obscur vendeur de voitures d'occasion nommé Colin Chapman bidouille dans son garage une Austin Seven. Il baptise sa création « Lotus » et l'utilise pour courir en trail. Toute l'histoire de la Seven est déjà là : le numéro de matricule, la marque, la compétition... et l'instinct du bricoleur de génie !
Mais il faudra attendre 1953 avant que Colin Chapman se lance sérieusement dans l'aventure de la construction automobile. Au fil des prototypes, il finit par élaborer une auto biplace à châssis tubulaire et carrosserie en aluminium, la Lotus Mk VI, qu'il commercialise en kit à destination des pilotes sans le sou. Il en vendra 110 !
La Lotus Mk VI
La Lotus Mk VI Vincent Desmonts
La Lotus Mk VI
La Lotus Mk VI Vincent Desmonts
La construction automobile devient alors l'occupation à plein temps de Chapman, qui met au point la première Lotus Seven. Celle qui deviendra la Série 1 casse les prix : 536 livres le kit ! Certes, il faut se contenter du strict minimum, avec un moteur Ford 1,1 litre développant royalement 40 ch, un pont rigide, des freins à tambour, une boîte à trois vitesses... et des garde-boue avant fixes. Quant à l'équipement, c'est simple : tout est en option ! Y compris la capote, la roue de secours ou la... jauge à essence. Mais la Seven est légère, ce qui la rend agile et suffisamment performante. Néanmoins, Lotus lui adjoint rapidement une « Super Seven », forte de 75 ch et d'une boîte 4 rapports, à même de séduire les amateurs de circuit.
La Lotus Mk VI
La Lotus Mk VI Vincent Desmonts
Lotus Seven S1
Lotus Seven S1 Seven Passion

La Série 1 aura connu un succès suffisant pour inciter Chapman à poursuivre l'aventure, malgré le développement parallèle du reste de la gamme Lotus et des activités en compétition. Reste qu'elle coûtait trop cher à produire : Chapman conçoit alors la Série 2 dans le but d'augmenter la rentabilité comme les volumes. La Seven S2 se destinera à un usage plus routier, ce qui permettra d'alléger le châssis et de gagner quelques précieux deniers sur chaque exemplaire fabriqué. Par exemple, le nez en aluminium complexe à travailler est remplacé par un modèle en fibre de verre. La planche de bord redessinée affiche un caractère plus « bourgeois » tandis que le réservoir agrandi permet d'envisager des parcours routiers plus longs. Les moteurs BMC ou Ford de 1.0 ou 1.2 restent modestes, mais de nombreuses préparations sont possibles. Le catalogue d'accessoires est d'ailleurs fourni... et la jauge à essence toujours optionnelle !
Lotus Seven S2
Lotus Seven S2 Vincent Desmonts
KAR 120 C, le code du succès de la Seven
KAR 120 C, le code du succès de la Seven Vincent Desmonts
Même si les bonnes fées se sont penchées sur le berceau de la Seven S2, elle va recevoir un coup de pouce décisif de la part du destin : l'onction de la télévision, alors en plein essor ! Dans la série « Le Prisonnier », Patrick McGoohan – alias Numéro 6 – conduit une Seven verte à nez jaune qui deviendra légendaire. Grâce à cet inattendu coup de pub, la S2 sera la plus vendue des Lotus Seven : 1 350 exemplaires au total.
Lotus Seven S2
Lotus Seven S2 Seven Passion

Mais Colin Chapman se désintéresse de sa création, tout enthousiasmé qu'il est par les récents succès de Lotus en Formule 1 (champion du monde en 1963 et 1965) et la réussite de l'Elan. Il accepte bien de lancer les études de la Seven Série 3, mais Chapman est déjà ailleurs. La S3 élargit ses ailes arrière, adopte des freins à disque, enrichit quelque peu son équipement, mais reste fidèle à l'esprit de la lignée. Un peu trop aux yeux du marché, qui la trouve désormais incongrue : jugée inconfortable et trop vieillotte côté lignes, la Seven semble pousser son chant du cygne avec la version Twin Cam SS, à moteur double arbre atteignant jusqu'à 125 ch.
Seven S3 Twin Cam SS
Seven S3 Twin Cam SS Seven Passion
S3 TCSS
S3 TCSS Seven Passion
Contrairement aux apparences cependant, la Lotus Seven n'a pas dit son dernier mot ! Nous sommes alors à la fin des années 60, et une nouvelle race de véhicules de loisir fait son apparition : les buggys. En 1968, le film « L'Affaire Thomas Crown » met en scène Steve McQueen et Faye Dunaway à bord d'un tel engin... Il n'en faut pas plus pour lancer une mode ! Chapman concède alors à ses ingénieurs un budget de développement microscopique pour concevoir une Seven Série 4 qui tentera de séduire cette nouvelle clientèle. Dévoilée fin 1969, elle conserve un châssis tubulaire mais adopte une carrosserie entièrement en fibre de verre. Plus longue, plus confortable (deux sièges réglables, vitres coulissantes, hard-top en option), la S4 affiche de 68 à 125 ch suivant le niveau de préparation.
Mais la Seven S4 est trop chère, et reste trop spartiate pour attirer les amateurs de véhicules de loisirs. Il ne s'en vendra que 625, incitant Chapman à définitivement jeter l'éponge en 1972, après 15 années de production. La Lotus Seven est morte... mais son concept va lui survivre.
Lotus Seven S4
Lotus Seven S4 Seven Passion
Lotus Seven S4
Lotus Seven S4 Seven Passion
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Commentaires

avatar de luiscorreia
luiscorreia a dit le 12-06-2017 à 22:37
Très intéressante l'idée de divulguer une voiture qui en est une; Pas de gadgets mensongers, pas d'électronique inutile et peu fiable!!!Surtout fidélité à un concept, sans suivre des lignes à la mode sans personnalité!!! Enfin , le vrai plaisir de conduire, je dirais de...piloter. Quel bonheur!!! Luis Correia