Louis Vuitton Classic 2002

Avec un ensemble exceptionnel de voitures de grande classe, dont 7 Ferrari GTO, le Louis Vuitton Classic 2002 s'est révélé comme un grand cru.

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CADILLAC Eldorado 1953

Gilles Bonnafous le 06/09/2002

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Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir sur la pelouse du Louis Vuitton Classic une Cadillac Eldorado 1953, voiture mythique et fort rare en France. La voiture appartient à un amateur passionné de modèles américains, qui souhaite garder l'anonymat. Outre des AC Cobra, sa collection comprend les deux plus célèbres Eldorado, celle-ci, qui est la première d'une longue lignée, et une Biarritz 1959, qui était du reste exposée dans la cour d'honneur de Bagatelle.
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Performante et hyper équipée, l'Eldorado 1953 apparaît comme une somptueuse automobile, aux proportions imposantes et aux galbes majestueux. Représentation automobile la plus achevée du rêve américain au début des années cinquante, elle se présente comme un exercice de style proche du custom. Conçue par Harley Earl et son équipe dans l'unique but de séduire, elle n'a rien d'une voiture innovante, ni techniquement, ni esthétiquement. Elle veut incarner les hauteurs de la gamme Cadillac, où l'audace réside dans la surenchère. Son design, qui porte encore les ailerons embryonnaires de 1948, dérive du style Cadillac de 1950. Elle bénéficie d'un habile traitement du décor, avec un couvre-capote métallique assorti à la livrée de la carrosserie, des roues à rayons chromées montées en série et un niveau supérieur d'équipement.

D'abord présentée comme show car dans le cadre du Motorama de la General Motors, l'Eldorado sera commercialisée hâtivement et construite en une petite série de 532 exemplaires. Avec son V8 de 5,4 litres développant 210 ch, elle s'offre la mécanique la plus puissante du marché américain en 1953. Dépassant les Packard et Lincoln, elle flirte, malgré ses 2,2 tonnes, avec les 180 km/h. Sur la route, elle se révèle un chef-d'œuvre d'onctuosité, de silence et de douceur de fonctionnement.
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Notre collectionneur a découvert Eldorado 1953 (le modèle) dans les années 80. Il fut de suite séduit par l'esthétique très glamour de la voiture et ses atours affriolants : opulence des chromes, pare-brise panoramique, couvre-capote, " Continental kit " (optionnel), etc. Le somptueux vaisseau lui évoque les périples à travers les Etats-Unis, ces voyages sans fin sur des routes sans virages. " Chaque détail de la voiture présente un intérêt esthétique, la sellerie tout en coordonnés de gris est superbe ", commente l'heureux propriétaire. Qui apprécie également ces équipements d'une autre époque, comme les phares directionnels placés contre le pare-brise et qui permettent d'éclairer les panneaux de direction aux croisements de routes… Pour lui, l'Eldorado 1953, qui inaugure la grande décennie du délire esthétique d'outre-Atlantique, est la plus belle américaine de l'après-guerre.
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Curieusement, c'est dans l'hexagone que notre collectionneur a trouvé cette rare automobile. Il l'a achetée en 1990 à un Français, qui l'avait importée des Etats-Unis mais qui, devant l'importance des travaux à effectuer pour lui rendre son éclat originel (et le budget approprié !), a dû renoncer. Acquise dans son état d'origine, l'Eldorado a été entièrement restaurée à partir du châssis. Un gros chantier allongé par les délais nécessaires à l'obtention de certaines pièces. " Une américaine de cette époque requiert un état impeccable, elle ne souffre pas l'à-peu-près, faute de quoi elle revêt un genre douteux ". La belle a retrouvé sa livrée d'origine dans une peinture polylustrée (huit couches avec lustrage à chaque passage). Sa restauration ne s'est achevée qu'un mois avant le Louis Vuitton Classic, qui constituait donc sa première sortie " dans le monde ".

C'est peu dire que notre ami a pour son Eldorado 1953 les yeux de Chimène. A la question, comptez-vous rouler dans cette étonnante sculpture pour des balades en famille ou avec des amis, il répond : " J'aime avant tout la regarder… ".
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