Grand Prix de l'Age d'Or 2000

Comme chaque année à la fin juin, le Grand Prix de l’Age d’Or a rassemblé des centaines d’automobiles de collection de toutes sortes, voitures modestes ou prestigieuses, paisibles berlines ou bolides de course.

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Interview de T. Franck (Audi Tradition)

Gilles Bonnafous le 25/06/2000

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Nous avons rencontré Thomas Frank, le directeur d’Audi Tradition, Horst Weber, l’ingénieur qui a piloté la reconstruction de l'Auto Union Avus, et Bernd Rosemeyer, le fils du grand pilote allemand — qui porte le même prénom que son père. Nous leur avons demandé de confier leur témoignage aux internautes de Motorlegend. Thomas Frank nous parle d'abord des principes qui ont présidé à cette initiative aussi louable qu’audacieuse.

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Motorlegend : Thomas Frank, quelles considérations ont amené Audi à prendre la décision de reconstruire l’Avus ?

Thomas Frank : A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques ont emporté dans leurs bagages les 18 Auto Union de Grand Prix et de record que la firme avait conservées. Les voitures avaient donc disparu, à l’exception de la Type C de Grand Prix dont la firme avait fait cadeau avant la guerre au Deutsches Museum de Munich. Mais elle n’était pas disponible. En 1998, Audi a décidé de faire revivre la légende des Auto Union. Nous avons donc cherché des voitures et nous avons découvert qu’une se trouvait à Riga. Il s’agissait d’une Type CD, entièrement d’origine. Nous l’avons acquise et avons réalisé une réplique pour le musée de Riga. Nous avons également acheté à un particulier une Type D à 12 cylindres, celle de Nuvolari de 1938, qui a été présentée à Montlhéry il y a deux ans. Ce collectionneur privé en possédaient deux (elles se trouvaient en Russie). La deuxième, de 1939, a été vendue l’an dernier à un Britannique.

S’agissant spécifiquement des voitures de record, aucune n’a hélas survécu (du moins à notre connaissance). Notre président, le docteur Piëch, a donc décidé de procéder à la reconstruction de l’Avus. Une tâche d’autant plus ardue que nous ne possédions aucun plan de la carrosserie. Les spécialistes anglais, à qui nous avons confié la mission, ont donc travaillé uniquement à partir de photographies d’époque ! Nous sommes très satisfaits du résultat et notre Avus est tout à fait conforme à la voiture originale.

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Motorlegend : Par contre, pour la mécanique, vous disposiez de plans et même des moteurs.

Thomas Frank : Nous possédions effectivement des plans, ainsi que les moteurs 16 cylindres de la Type C de Grand Prix de 1936, ainsi que de la Type CD de 1939. Nous avons donc construit un moteur à l’identique.

Motorlegend : Allez-vous poursuivre la reconstruction de voitures historiques du groupe Auto Union ?

Thomas Frank : Nous ne pensons pas le faire, du moins pas directement. La première Auto Union, la Type A, va être reconstruite, mais à l’initiative de l’importateur belge, Mr Dieteren, un grand collectionneur de voitures anciennes. Nous collaborons à cette entreprise et, en association avec lui, la voiture sera présentée lors de manifestations du type de l’Age d’Or.



en savoir plus sur la légende Auto Union
Motorlegend : Où en est le musée Audi ?

Thomas Frank : Le musée Audi va ouvrir dans le courant du mois de décembre prochain. 60 voitures et 20 motos y seront exposées, qui illustreront l’histoire de toutes les marques associées au groupe : Audi, Horch, DKW et Wanderer, ainsi que NSU – dont celle de Grand Prix de 1926 présentée à l’Age d’Or il y a deux ans. C’est pour nous un événement majeur et une grande joie. Nous avons la chance d’être fortement soutenus dans cette entreprise par notre président, Ferdinand Piëch, qui est un grand défenseur de notre patrimoine. De plus, de nombreux collectionneurs privés nous proposent leur voiture à l’exposition.

On ne saurait trop féliciter Audi et le groupe VAG de l’intérêt qu’il porte à son patrimoine et à sa propre histoire. Une politique intelligente qui constitue un exemple, dont certains constructeurs feraient bien de s’inspirer…
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