Festival Automobile Historique 2004

Premier du nom et, souhaitons-le, d’une longue lignée, le Festival Automobile Historique s’est tenu dans le Domaine National de Saint-Cloud.

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DELAHAYE 135 Compétition

Gilles Bonnafous le 29/05/2004

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La Delahaye 135 compétition est probablement la seule voiture du Festival Automobile Historique à avoir, à l’époque, réellement couru à Saint-Cloud en compétition officielle. Elle est l’une des quatorze (ou quinze, il y a débat) Delahaye de Grand Prix construites, dont il ne reste aujourd’hui que neuf rescapées. Toutes se trouvent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, à l’exception de celle présente au Festival et qui appartient à Hervé Charbonneaux. Elle est de plus la seule encore équipée de sa caisse d’origine et dont on connaît l’historique complet.

Ces Delahaye de course ont été réalisées pour la nouvelle formule Sport de 1936, dans laquelle couraient notamment les 4 litres Talbot, les tanks Bugatti 57 G et les 3 litres Delage (pour ne parler que des marques françaises). En vue de l’homologation, une cinquantaine de châssis courts de 2,70 mètres d’empattement ont été construits par Delahaye, dont quatorze ou quinze équipés d’éléments spécifiquement compétition : moteur plus puissant, châssis doté de renforts, freins, boîte et pont, direction, etc.
DELAHAYE
Motorlegend.com
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Toutes ces voitures ont été carrossées avec des caisses d’usine sauf celle d’Hervé Charbonneaux, exécutée par Figoni & Falaschi. Il s’agit donc à cet égard d’une machine unique. Pourquoi cette particularité ? Comme d’autres exemplaires de ces Delahaye de compétition, cette voiture a été achetée par un pilote privé, Louis Villeneuve, qui l’a fait habiller spécialement chez le célèbre carrossier, dont on retrouve certains traits caractéristiques comme l’arête courant sur toute la longueur du véhicule jusqu’à la pointe, ainsi que sur les ailes.

Pour les 24 Heures du Mans, Villeneuve avait fait ajouter un réservoir supplémentaire afin de limiter les ravitaillements. La voiture en a conservé les orifices de remplissage, mais le deuxième réservoir a été converti en coffre d’appoint.

Rapide et fiable, la Delahaye est motorisée par un six cylindres de 3,6 litres alimenté par trois carburateurs qui développe 150 ch. La transmission est confiée à une boîte de vitesses Cotal version course.
DELAHAYE
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L’histoire de la voiture est limpide. Elle a participé à toutes les grandes épreuves de l’époque : Grand Prix de l’ACF 1936 à Montlhéry, 24 Heures du Mans de 1937, 1938 et 1939, puis de 1949 (pilotée par Chanal et Giraud-Cabantous), Grand Prix de Pau de 1938 où Villeneuve se bat contre les Flèches d’Argent, Reims, 24 Heures de Spa, Nürburgring, Grand Prix de Comminges, etc.

Elle courra jusqu’en 1952, année où Villeneuve la prête à son mécanicien qui, à son volant, participe à la Coupe des Alpes. Un palmarès très diversifié qui témoigne de la grande polyvalence de la voiture (une époque bien révolue !). Elle pouvait être alignée aussi bien en catégorie Sport qu’en Grand Prix après ablation de ses ailes et de ses phares et le montage d’un tonneau cover en acier.
DELAHAYE
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Pierre Bardinon s’en rend acquéreur en 1952 et en fait sa voiture personnelle, au volant de laquelle il se rend chaque week-end de son usine de Montreuil à sa propriété creusoise. Il la conservera jusqu’en 1957, année où Jean-Pierre Bernard, président du Club Delahaye, la rachète. Ce dernier lui restitue son gréement d’origine car elle avait été légèrement transformée pour la route (porte-bagages et pare-brise de Jaguar XK 120). Jean-Pierre Bernard court les premiers championnats historiques (on la voit notamment en 1963 au Grand Prix historique de Rouen) jusqu’à la fin des années 70, quand Hervé Charbonneaux l’acquiert.

Au volant de la Delahaye bleue, ce dernier court sur de nombreux circuits un peu partout en Europe, à Goodwood, au Nürburgring, à Monza, au Mans, au Paul Ricard, à Montlhéry, etc. Vivant de nombreuses et piquantes aventures, notamment au Japon, dont il garde un souvenir amusé des Mille Milles organisés au pays du soleil levant. Courant sur le circuit de Fuji avec Frankie Dumontant pour équipier, il ressent tout à coup de fortes vibrations dans le moteur et diagnostique tout en roulant une pale de ventilateur cassée. Un arrêt au stand confirme l’hypothèse : ne disposant pas de la pièce de rechange, la réparation va faire appel au système D bien de chez nous : à l’aide d’une pince, Hervé Charbonneaux arrachera la pale symétrique (pour équilibrer l’hélice) sous le regard ébahi des Nippons…
DELAHAYE
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