Le Mans Classic 2008

Avec sa quatrième édition, qui s’est déroulée les 11, 12 et 13 juillet 2008, Le Mans Classic a confirmé qu’il était bien devenu l’un des événements majeurs de l’automobile de collection au niveau mondial.

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Le Mans Classic 2008

Gilles Bonnafous le 17/07/2008

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Didier Bailleux

Didier Bailleux
Avec sa quatrième édition, qui s’est déroulée les 11, 12 et 13 juillet 2008, Le Mans Classic a confirmé qu’il était bien devenu l’un des événements majeurs de l’automobile de collection au niveau mondial. Le nombre de voitures d’exception réunies le temps d’un week-end en un prodigieux musée vivant, roulant et vrombissant, et la foule — plus de 80 000 spectateurs, soit un peu mieux qu’en 2006, ont définitivement installé la manifestation au top des rendez-vous automobiles tous genres confondus.

Près de mille pilotes venus de toute l’Europe, et même au-delà, se sont sportivement livré bataille au volant de 400 modèles ayant participé aux 24 Heures de 1929 à 1979. Réparties en six plateaux chronologiques, les voitures devaient courir trois manches, dont une nocturne. Le plus spectaculaire étant le plateau 6 avec les vitesses atteintes par les Porsche 936 et 935, Renault A443, Ferrari 512 BBLM ou BMW M1.
Ferrari 250 GT Breadvan
Ferrari 250 GT Breadvan Gilles Bonnafous
Aston Martin DBR1
Aston Martin DBR1 Gilles Bonnafous
Le Mans Classic 2008 a permis à plusieurs machines de retrouver le circuit pour la première fois depuis le temps de leurs exploits. Dont la Ferrari 250 GT Breadvan, la Howmet TX à turbine ou la Talbot T26 GS de Pierre Levegh dont l’exploit de 1952 n’a jamais été réédité. Toujours au chapitre du panthéon de l’automobile, on soulignera la présence des deux Aston Martin DBR1 vedettes de l’édition de 1959 en s’adjugeant les deux premières places. Difficile d’imaginer mieux…

Le passionné ne savait où donner de la tête avec autant de machines exceptionnelles réparties sur l’ensemble des plateaux. Leur énumération en serait fastidieuse. On ajoutera une note de diversité, voire d’insolite, avec la Skoda 1100 Sport des 24 Heures de 1950 ou la Cadillac 1950 d’un concurrent Colombien, ou encore l’impressionnante Dodge Charger Nascar « Oly Express » de 1976 et son V8 Hemi de sept litres et près de 600 ch…

La lutte a fait rage sur la piste, animée notamment par une quarantaine de pilotes ayant couru les 24 Heures, comme René Arnoux ou Jean Ragnotti, dont pas moins de neuf anciens vainqueurs de l’épreuve, parmi lesquels Henri Pescarolo sur Rondeau 379 C, Jean Guichet sur Alfa Romeo SZT, Gérard Larousse sur Lola T280, Jean-Pierre Jaussaud sur Simca 8, Jürgen Barth sur Porsche 936 ou Jochen Mass sur Mercedes 300 SL.
Cadillac 1950
Cadillac 1950 Gilles Bonnafous
Ford GT40
Ford GT40 Gilles Bonnafous

Porsche 956
Porsche 956 Gilles Bonnafous
Renault Alpine A 442
Renault Alpine A 442 Gilles Bonnafous
Au terme des trois manches, le palmarès des victoires au scratch se dessinait ainsi : deux Talbot London 105 prenaient les deux premières places du plateau 1, une Jaguar Type C devançait une Maserati 150 S dans le plateau 2, tandis qu’une autre Jaguar, une Type D, remportait le plateau 3 devant une Ferrari 250 GT. Quant au plateau 4, il était dominé par deux Ford GT 40. La Ferrari 512 S d’Olivier Cazalières s’adjugeait le plateau 5 devant une Chevron B16 et la Matra 660 de Richard Mille, alors que le plateau 6 revenait à Jürgen Barth au volant de la même 936 que celle avec laquelle il triompha en 1977.

« Le Mans Heritage Club » réunissait, dans le village, 24 voitures ayant gagné ou couru les 24 Heures, mais ne participant pas à la course. Un concours était organisé qui récompensa notamment la Renault Alpine A 442 victorieuse en 1978, Best of Show, et la 300 SL de 1952, année de la première victoire Mercedes au Mans. Les spectateurs pouvaient rêver devant la Porsche 956 première en 1983 et deuxième en 1982, et la GT1 victorieuse en 1998. Egalement exposées une Sauber C6 de 1982, une Lancia LC2 de 1984 ou la Singer Nine de Jacques Savoye, qui courut quatre fois les 24 Heures à la fin des années trente.
Mercedes 300 SL
Mercedes 300 SL Gilles Bonnafous
BMW M1
BMW M1 Gilles Bonnafous
Plusieurs constructeurs tenaient salon dans le village. Mercedes et son département Classic donnaient à voir une 540 K cabriolet A de 1938, une 720 SSK de 1929, la Benz « Roger » de 1888 et la Sauber C9 victorieuse des 24 Heures 1989, tandis que BMW présentait une M1 en tenue blanc immaculé.

L’autre visage du Mans Classic, ce sont 6500 voitures de collectionneurs venues avec 120 clubs représentant 60 marques… Porsche n’avait pas trouvé mieux que de fêter le soixantième anniversaire de la marque sur le circuit, dont elle détient le record de victoires… La firme avait fait fort : des centaines de voitures représentant tous les modèles de l’histoire de Zuffenhauen et surtout une mer, que dis-je, un océan de 911 !

Sur un espace idéalement situé au bord de la pré-grille, Renault exposait les Alpine A 442 à l’occasion du trentième anniversaire de la victoire de 1978, autour desquelles s’ordonnaient les Renault sportives venues avec les clubs, 250 voitures au total. Quant à l’A443, lièvre de la voiture victorieuse, elle était engagée dans la course, plateau 6, pilotée par Jean Ragnotti et Alain Serpaggi.
Mercedes 720 SSK
Mercedes 720 SSK Gilles Bonnafous
Porsche 356 1100 alu coupé
Porsche 356 1100 alu coupé Gilles Bonnafous


Didier Bailleux

Didier Bailleux
Plusieurs parades émaillèrent le week-end, dont les plus réussies furent celle de Porsche, avec tous les modèles représentant soixante ans d’histoire, et celle de Renault. Les berlinettes Alpine A110, A310 et A610, R8 Gordini, R5 Turbo et Maxi, spiders Renault, etc. défilèrent derrière la star de 1978. Moins intéressante est apparue la parade consacrée à Ferrari. Car, mis à part un généreux contingent de Daytona venues pour fêter dignement le quarantième anniversaire de la voiture, le reste du plateau était presque exclusivement composé de modèles modernes.

Les trophées des clubs récompensant les meilleures présentations et mises en scène ont notamment couronné le Bentley Drivers South East Region Club et les clubs Lotus. Les prix décernés par le magazine Rétroviseur ont été attribués au Singer Owners’ Club et au club Corvette. Henri Greder vint prendre sa coupe avec la voiture de ses exploits, quand il en partageait le volant avec Marie-Claude Beaumont.

Didier Bailleux

Didier Bailleux
Le Mans Classic doit également son succès à sa remarquable organisation. Faite d’un équilibre délicat entre ordre et tolérance, elle permet de conserver la précieuse proximité entre les acteurs, voitures, pilotes et mécaniciens, et les spectateurs, que ce soit dans les paddocks ou dans les allées et différents points de passage des concurrents.

L’édition 2008 du Mans Classic restera également dans les mémoires pour sa superbe initiative en direction des enfants. Baptisée « Little Big Mans », clin d’œil au célèbre film d’Arthur Penn, une parade enfantine fut organisée le samedi après-midi. Soixante-dix futurs champions et championnes — car il y avait des filles — de six à treize ans, effectuèrent un tour du circuit Bugatti en mini-voitures thermiques et électriques avec départ en épi type Le Mans devant la grande tribune des 24 Heures.

Jaguar XK 120, Porsche 550, BMW 328, Ferrari 330 P2, Ford GT 40, Alpine A220, les superbes répliques à échelle réduite des gloires du circuit manceau furent rassemblées le temps du week-end dans un paddock de rêve. Un rêve de gosse, que les moins jeunes auraient adoré vivre du temps où ils portaient culottes courtes…

Didier Bailleux

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Commentaires

avatar de LM 27
LM 27 a dit le 06-09-2008 à 21:39
Le Mans Classic prend sa vitesse de croisière tout en arrivant à rester convivial pour les spectateurs avec des paddocks ouverts et une réelle communion avec le public. Pour 2010, il faudrait peut-être remonter la limite d'age des voitures de 1979 à par exemple 1990.
avatar de propulsion
propulsion a dit le 06-09-2008 à 16:10
Belle concentration de belles autos! Tout le contraire de ce qu'on voit contre les trottoirs en 2008! Pourquoi tant de nostalgiques? Le permis à points? oh pas rien que ça!
avatar de toucan14
toucan14 a dit le 17-07-2008 à 21:51
Le Mans Classic c'est toujours aussi génial. On en a plein les yeux et les oreilles. En tant que fana des GT40, 917, Matra et autres merveilles des années 60 /70 je me régale. Effectivement dans la parade Ferrari il y avait pas mal de nouvelles mais aussi quelques belles anciennes en plus des Daytona : Dino, BB512, GTB, 308, 328, etc ... Commentaire assez partisan dans la mesure où je possède une BB512i avec laquelle j'ai participé à la parade !