Le Mans Classic 2008

Avec sa quatrième édition, qui s’est déroulée les 11, 12 et 13 juillet 2008, Le Mans Classic a confirmé qu’il était bien devenu l’un des événements majeurs de l’automobile de collection au niveau mondial.

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LOLA T70 MK III B

Gilles Bonnafous le 21/07/2008

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Sport-prototype à la ligne superbe, dont les courbes évoquent quelque peu celles de la Ferrari P3, cette Lola T70 Mk III B fait partie de la collection de Richard Mille. Passionné d’automobiles et possesseur d’une belle collection, Richard Mille est aussi l’un des principaux sponsors du Mans Classic. Il avait confié le volant de la voiture à René Arnoux et Shinji Nakano. Derrière le cockpit de la Lola de 1971 à la livrée noire (châssis SL 76-156) rugit un V8 Chevrolet de cinq litres.

Si, associé à Richard Mille, René Arnoux s’est reconverti dans l’horlogerie de luxe, il ne cache pas le plaisir qu’il a toujours à piloter. Jeune soixantenaire à l’éternel visage d’adolescent, il tenait aussi le volant de la Lola de deux litres également engagée par Richard Mille — qui avait encore inscrit une Matra 660.

« Avant Le Mans Classic, j’ai essayé la Lola sur le circuit de Dijon, nous déclare René. Elle est très performante et équilibrée, son moteur est souple et élastique, doté d’un couple énorme. Elle accompagne beaucoup dans les virages. Là où certains pilotes passent en deuxième, nous passons en troisième, et l’on a tout ce qu’il faut à la sortie. Il suffit alors de contrôler la puissance avec l’accélérateur. »
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« Mais, tempère René, il faut se replacer dans le contexte de son époque. La voiture date par ses freins et sa boîte de vitesses, qui n’a pas la rapidité de celles d’aujourd’hui. Il faut être patient et attendre que le rapport rentre bien. Et se servir du gros frein moteur. Et puis, il faut conduire en douceur, car si on est là pour faire des performances, il convient de ménager la mécanique. Je suis très respectueux de ces voitures anciennes, dont la maintenance suppose beaucoup de travail et de compétence de la part des mécaniciens. Et cela coûte cher. Quand on pilote en Formule 1, on peut tout demander à la voiture, car il y a une grosse équipe derrière et des moyens importants. Ce n’est pas le cas ici ». Hélas, la voiture sera éliminée sur casse moteur consécutive à un surrégime.

En 1963, Eric Broadley, le fondateur de Lola, dévoile sa remarquable Mk 6, une voiture ultramoderne, monocoque surbaissée à moteur central (V8 Ford 4,2 litres). La Ford GT 40 en est le dérivé direct. Mettant rapidement un terme à son association avec le géant américain, Broadley crée en 1965 la T70. John Surtees s’illustre notamment au volant de cette barquette motorisée par des V8 américains, Ford ou Chevrolet.

L’année suivante, la Mk II au châssis allégé s’impose dans le championnat Canam. Fort de ce succès, Lola décide de courir en 1967 le championnat du monde des Sports-Prototypes, où fait rage le duel Ferrari-Ford. Une voiture fermée est extrapolée de la barquette, la Mk III. Très rapide avec son V8 Chevrolet de six litres, elle s’avère très performante dans les épreuves courtes, où elle s’impose souvent. Mais sa mécanique se révèle fragile sur longue distance.
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En 1968, si la nouvelle réglementation limite la cylindrée des Prototypes à trois litres, une tolérance est accordée jusqu’à cinq litres si cinquante exemplaires du modèle au moins sont construits. La T70 Mk III B bénéficie en 1969 d’un nouveau châssis, qui permet de gagner une cinquantaine de kilos. La carrosserie est également redessinée. Bien que simplement culbuté, son V8 Chevrolet de cinq litres approche les 500 ch.

Toujours très rapide mais d’une fiabilité sujette à caution, la T70 Mk III B ne parvient à s’imposer qu’aux 24 Heures de Daytona. Aux 24 Heures du Mans 1969, Joachim Bonnier et Masten Gregory cassent leur moteur à la treizième heure. L’année suivante, l’équipage Pilette et Gosselin abandonne à la dixième heure sur rupture de transmission et, en 71, à la troisième heure (piston). La T70 Mk III B est maintenant dépassée et elle ne peut affronter la concurrence des Porsche 917 et Ferrari 512, dominatrices en ce tout début des années 70.
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