Saga Saab

Saab est né en 1937 de la volonté du gouvernement social-démocrate de doter la Suède d'une industrie aéronautique capable de défendre la neutralité du pays.

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SAAB 92

Gilles Bonnafous le 30/05/2005

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Dévoilée en juin 1947, la nouvelle Saab, dont le niveau de finition apparaît des plus soignés, est présentée comme une petite voiture de qualité plutôt que comme une voiture populaire. L’illustre champion allemand Rudi CarracioIa (d’origine italienne), dont l'épouse est suédoise, est appelé en renfort… II ne tarit pas d'éloges sur la voiture ! Le démarrage de la production est envisagé pour 1948, avec une prévision de 1.500 exemplaires pour l'année suivante. Malgré sa forme étrange — la ligne s'est toutefois un peu assagie et une glace de custode a remplacé Ies hublots —, la voiture est bien accueillie par le public.
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1ère présentation à la presse à Stockholm, 1947 Saab
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Le prototype de 1947 Saab
Mais les premiers clients seront déçus et leur patience mise à l'épreuve. Car la pénurie d'acier et les difficultés auxquelles se heurte Saab pour acheter à l'étranger les composants nécessaires à la fabrication les importations sont contingentées retardera la mise en production. De fait, la Suédoise joue l'Arlésienne… et les postiers se plaignent ! Et pour cause : Saab a prêté à l'administration suédoise des Postes vingt exemplaires de pré-série en août 1949. Conséquence : les préposés sont constamment importunés dans leur travail par la curiosité du public, qui souhaite observer la voiture de près et regarder le moteur !
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Le prototype de 1947 Saab
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Le prototype de 1947 Saab

En janvier 1950, avec plus d'un an de retard sur le calendrier initial, les premières voitures quittent l'usine. Baptisé 92, l'avion Saphir porte le nombre 91, le modèle est proposé en une seule couleur vert foncé. Son étonnante silhouette, toute en galbes, paraît rassurante et plutôt attachante. Les belles courbes du pavillon dessinent une élégante custode. L'absence de portes arrière et même de couvercle de coffre à bagages - on y accède de l'intérieur ! - en fait une structure très fermée, adaptée aux rigueurs arctiques. On s'y glisse comme dans une coquille... ou un igloo. Un psychanalyste évoquerait sans doute une poche protectrice...
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La production débute en 1950 Saab
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La rigidité de la coque a été poussée très loin et le poids est à la hauteur de la sécurité. Quant au pavillon, constitué d'une seule pièce jusqu'aux pare chocs arrière, il pose quelques problèmes d'emboutissage… La face avant comprend de gros phares intégrés au capot, ainsi qu’une large calandre en forme de gueule béante, comme une baleine en plein festin... L'intérieur est bien fini, mais dépourvu à proprement parler de tableau de bord : trois petits cadrans rectangulaires sont placés directement sur la planche de bord.

L'âme de la voiture est un bicylindre deux temps super carré de 764 cm3 refroidi par eau et placé transversalement en porte-à-faux avant. Le radiateur est déporté à l’arrière du moteur. Pourvue d'une roue libre, la boîte de vitesses à trois rapports (première non synchronisée) est commandée par un levier au volant. La voiture atteint un bon 100 km/h, performance honorable dans sa catégorie. La suspension est constituée de barres de torsion transversales, à l'avant comme à l'arrière.
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Saab
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Au cours de l'année 1950, 1246 exemplaires sont produits, alors que, dit on, la liste d'attente est déjà riche de 35 000 clients, dont la patience s'essouffle et qui vont passer, pour beaucoup, à la concurrence représentée par l'Aero Minor tchécoslovaque et l’IFA F9 est allemande apparue en 1949. Ces voitures se révèlent nettement moins chères que la Saab, dont le prix apparaît presque aussi élevé que celui d'une Volvo PV 444, laquelle affiche une cylindrée deux fois supérieure...
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La Saab 92 passe la barre des 1000 exemplaires en 1950 Saab
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Saab 92 B de 1953 Saab
En décembre 1952, la voiture réapparaît au Salon de Copenhague dotée de quelques améliorations de nature à la rendre plus compétitive. On a même pensé à baisser le prix... Le moteur gagne trois chevaux, la lunette arrière est agrandie et le coffre s'ouvre dorénavant de l'extérieur. D'autres coloris de peinture sont proposés, tandis que l'intérieur gagne en agrément. Ainsi se présente la 92 B.

Les premières tentatives faites à l'exportation, notamment aux Etats-Unis, se solderont par des échecs. Les marchés à conduite à gauche sont fermés, Saab n'étant pas en mesure de déplacer l'implantation du volant vers la droite. Car, bien que la Suède roule à gauche, la direction de la Saab a été placée non pas à droite, mais à gauche !... Une histoire pour Raymond Devos... Seul le Maroc accueillera un contingent de voitures, ainsi que la Chine Populaire, où la Saab a plu à quelques apparatchiks décideurs. Mais on ignore si le Grand Timonier a fait, à la petite suédoise, l'honneur de son auguste postérieur... Sur 20 128 modèles 92 produits, 998 seulement seront exportés.
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Saab 92 B de 1953 Saab
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Saab 92 B de 1954 Saab
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