Saga Morgan

Une Morgan n'est ni une voiture ancienne, ni une réplique. C'est autre chose. En vérité, c'est un cas, échappant à toutes les étiquettes et classifications.

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MORGAN Roadster V6

Gilles Bonnafous le 31/05/2006

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MORGAN
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Avec la disparition du V8 Rover, qui motorisait la Plus 8, Morgan s’est retrouvé dans une situation à peu près identique à celle qui fut la sienne lorsque le moteur Triumph ne fut plus disponible. Il fallait trouver une mécanique de remplacement, qui donnât un agrément de conduite comparable, mais de gabarit compatible. Or aucun V8 ne pouvait rentrer sous le capot de la Plus 8. Pour installer le BMW monté dans l’Aero 8, il aurait fallu revoir entièrement le châssis. De plus, la voiture aurait été trop large et plus lourde.

Le choix de Morgan va finalement se porter sur l’excellent V6 Ford monté sur la Ford Mondeo ST 220, ainsi que sur les Jaguar types S et X. Il équipera le « Roadster » V6, lequel apparaîtra en avril 2004, les dernières Plus 8 étant construites à la fin 2003.
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La surprise va venir des performances de ce V6 de trois litres, un bloc moderne qui va s’avérer supérieur au V8 Rover de quatre litres. Pour faire du nouveau modèle une voiture plus facile et plus plaisante à conduire, ce qui n’était pas du tout évident au départ sur le papier.

Très rond et montant bien dans les tours, le V6 Ford apparaît comme l’un des meilleurs du marché. Son couple est équivalent à celui développé par le V8 Rover de quatre litres. Et bien que placé plus haut à 4500 tr/mn, le plaisir de conduire s’avère en progrès. La raison tient au fait que, sur le V8, le couple maximum était disponible pratiquement en permanence (en conduite calme, notamment en ville), ce qui pouvait entraîner le patinage des roues motrices en accélérations et sur les reprises. On pouvait se faire quelques frayeurs si l’on ne plaçait pas un œuf sous le pied droit ! Avec le V6, on va chercher le couple quand on en a vraiment besoin.

Grâce au déphasage des arbres à cames, on dispose, de plus, d’une large plage d’utilisation à partir de 4500 tr/mn. Le moteur tire en effet jusqu’à près de 7000 tr/mn, soit 1500 tr/mn gagnés sur le V8, dont l’élasticité était inférieure. Il est du reste possible de démarrer sur la troisième vitesse, ce qui était impossible sur le V8 de quatre litres.

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Le V6 Ford 24 soupapes développe 235 ch, soit une puissance de 40 ch supérieure à celle du V8, entraînant la Morgan Roadster à 225 km/h. Le 0 à 100 km/h est couru en cinq secondes et le kilomètre départ arrêté en 26 secondes. La voiture reçoit une boîte de vitesses Jaguar et le pont autobloquant de la Plus 8.

Autre avantage par rapport à la Morgan Plus 8, le V6 Ford, plus léger de 40 kilos —une différence importante pour une voiture inférieure à la tonne —, allège le train avant, qui était le point le plus sollicité de la Plus 8. La direction est allégée et la tenue de route améliorée grâce à la suppression du sous-virage, qui caractérisait la Plus 8. Morgan a d’ailleurs installé le train avant de la Plus 4, moins large que celui de la Plus 8.
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La Morgan Roadster (ainsi baptisée pour des raisons de facilité administrative d’homologation) a de suite trouvé son marché. Elle est aujourd’hui le modèle le plus diffusé de peu devant la Plus 4, la 4/4 arrivant très loin derrière. Les clients Morgan passent aisément du quatre cylindres au six cylindres contrairement au passé, où peu d’entre eux osaient troquer une quatre cylindres pour le V8, dont la puissance impressionnait.

La V6 Ford motorise également le nouveau tourer quatre places dévoilé au salon de Genève 2006 à côté de la nouvelle génération de l’Aero 8. Baptisé « Four Seater » (également disponible en quatre cylindres), il remplace le précédent modèle lancé en 2000.
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