Saga Morgan

Une Morgan n'est ni une voiture ancienne, ni une réplique. C'est autre chose. En vérité, c'est un cas, échappant à toutes les étiquettes et classifications.

sommaire :

Histoire : Historique Morgan

Gilles Bonnafous le 24/05/2006

Partagez

réagir


D.R.

Morgan
Après avoir travaillé dans une entreprise fabriquant des locomotives (Great Western Railway), Henry Frederik Stanley Morgan, un fils de pasteur né en 1881, ouvre en 1906 un garage à Malvern Link. Il a 25 ans. Il devient rapidement agent Wolseley et Darracq, puis, en 1909, construit son premier trois-roues dont le moteur Peugeot est disposé en porte-à-faux avant.

La Morgan Motor Company est fondée en 1912. Elle va produire des cyclecars à trois roues jusqu’en 1950. Les véhicules d’Henry Morgan connaissent le succès grâce à leurs performances et à leur prix très étudié. La marque, qui n’a jamais été un motoriste, monte sur ses machines des mécaniques Matchless et JAP. Elles battront des records de vitesse, notamment à Brooklands et à Montlhéry en 1930, couvrant 160 kilomètres dans l’heure.

Morgan
Morgan 4/4
Morgan 4/4 Morgan
La première quatre roues apparaît en 1936, la 4/4, pour laquelle deux moteurs sont retenus, le Ford Ten et surtout le Coventry Climax de 1,1 litre. Ce dernier sera remplacé en 1938 par un quatre cylindres Standard de 1,3 litre. La voiture sera épaulée par une version quatre places (1937) et par un cabriolet classique (1938).

La production de la 4/4 reprend en 1946, avant d'être interrompue en 1950, suite au retrait du 1,3 litre par Standard. La voiture réapparaît en 1955, équipée d’un quatre cylindres Ford. Ce dernier sera remplacé au fil des années par différents moteurs de même origine. Aujourd'hui, elle abrite un 1800 cm3 seize soupapes de 125 ch.

C'est au Salon de Londres, en 1950, qu'est lancée la Morgan Plus 4. Elle reçoit le deux litres Standard Vanguard qui développe 68 ch. En 1954, la voiture subit un lifting, qui lui donne pratiquement son aspect d'aujourd'hui, et elle adopte le quatre cylindres de 2,1 litres de la Triumph TR2, qui l'entraîne à 160 km/h. Ce dernier s’effacera au profit de la mécanique de la TR3, puis de la TR4. Suspendue en 1969, la production de la Morgan Plus 4 reprend en 1985 avec le moteur deux litres Fiat double arbre, auquel se substituera trois ans plus tard le deux litres Rover 16 soupapes. La Morgan Plus 4 est aujourd’hui motorisée par un Ford Duratec de même cylindrée (145 ch).
Morgan Plus 4
Morgan Plus 4 Morgan
Morgan Plus 4 Plus
Morgan Plus 4 Plus D.R.
Lancée en 1964, la Morgan Plus 4 Plus est un superbe coupé deux places à la carrosserie en fibre de verre construit sur la base de la Plus 4. Mais avec ce modèle, Morgan s’est aventuré sur un créneau hasardeux et la Plus 4 Plus connaîtra un échec cuisant. 26 exemplaires seulement en seront construits et la voiture sera retirée au bout de deux ans.

La première grande nouveauté de l'histoire moderne de Morgan est le lancement en 1968 de la Plus 8. Motorisée par le V8 Rover puissant et doté d’un couple généreux, la Morgan bénéficie dorénavant de performances de très haut niveau. La Morgan Plus 8 sera remplacée en 2004 par le « Roadster » équipé d’un V6 Ford. La deuxième innovation, c’est l’Aero 8 présentée en 2000 et dont le look singulier, voyant, tranche sur la traditionnelle discrétion de la marque. Surtout destinée au marché d’outre-Atlantique, la Morgan Aero 8 bénéficie d’une technique très moderne.
Morgan Plus 8
Morgan Plus 8 Morgan
Morgan Aero 8
Morgan Aero 8 Morgan


Morgan

Morgan
Globalement et mis à part la Morgan Aero 8, la firme produit la même voiture depuis 50 ans. Toujours fabriquées à la main, les Morgan reçoivent une charpente en bois, un essieu arrière rigide et des ressorts à lames. De nombreuses évolutions sont toutefois intervenues, les plus importantes concernant les motorisations, notamment sous l’effet des normes anti-pollution. Au fil des années, les Morgan se sont également embourgeoisées et elles ont pris du poids en raison des aménagements de confort et de sécurité destinés à satisfaire l'homologation aux différentes étapes des normes Euro (dont les crash tests latéral et frontal).

La structure a également été adaptée et tous les modèles de la gamme disposent aujourd’hui d’un châssis en acier galvanisé. De même, le frêne de la charpente est traité pour le rendre impérissable, tandis que les carrosseries sont entièrement réalisées en aluminium (qui absorbe mieux les chocs). Aisément personnalisable vu la souplesse de la fabrication, une Morgan obéit à un large système d'options. En moyenne, ces suppléments représentent une somme importante, qui s'ajoute au prix affiché.
Charles et Peter H G Morgan
Charles et Peter H G Morgan Morgan

Morgan
Le volume de la production n'a guère bougé au fil des décennies. Il est aujourd'hui de l'ordre de 500 voitures par an comme dans les années soixante. Affaire de famille transmise de père en fils — H.F.S. le fondateur, puis Peter, décédé en octobre 2003 et qui avait succédé à son père en 1959, et Charles aujourd’hui —, l'entreprise est restée un petit constructeur marginal, car Morgan a toujours voulu conserver son indépendance. Si les voitures de la marque ont été les concurrentes des Triumph dans les années 50 et 60, la firme de Malvern Link était loin de posséder la surface financière pour inquiéter Coventry.

H.F.S. Morgan nourrissait une grande passion pour la course automobile, et ses voitures le lui ont bien rendue. Avant la guerre comme dans les années 50 et 60, elles ont prouvé sur la piste et sur les routes des rallyes leur compétitivité en s'illustrant dans une multitude d'épreuves régionales et internationales, dont la victoire de classe obtenue aux 24 Heures du Mans de 1962.
article suivant  Interview de Pierre-Henry Mahul

Page suivante
Interview de Pierre-Henry Mahul

Partagez

réagir

Commentaires