Grand Prix de l'Age d'Or 2001

L'Age d'Or 2001 a permis aux passionnés de voir et revoir, dans le vaste espace clubs, les grands classiques de la collection, tout en découvrant quelques insolites raretés. Quant aux courses et démonstrations, elles furent passionnantes et spectaculaires.

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JAGUAR Type E 3,8 Litres

Gilles Bonnafous le 23/06/2001

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Pour commémorer dignement le quarantième anniversaire du modèle dans le cadre du Grand Prix de l'Age d'or, nous souhaitions vous présenter la plus belle Type E dont on puisse rêver. Portrait robot de la belle convoitée : être un exemplaire de première série, de préférence motorisé par le six cylindres XK de 3,8 litres, le tout (naturellement) dans un état proche de la perfection. Et plutôt une version cabriolet pour fêter l'arrivée de l'été.

Nous l'avons trouvée. Car, en cherchant bien au cœur de l'anneau de Montlhéry, que ce soit au milieu de l'espace Clubs ou même, s'agissant de modèles de tourisme, parmi les écuries du paddock, on parvient à dénicher des voitures de tout premier plan.

Parce qu'elle est la plus pure, la plus authentique, la plus sauvage également, la Type E de première série en version 3,8 litres est la plus recherchée des collectionneurs. Elle est aussi la plus chère… Ce tout premier modèle échappe aux avatars que connaîtra par la suite une génération riche de multiples variantes. La plupart du temps, hélas, les voitures connaissant une longue carrière sont victimes de diverses reprises et ajouts, qui se traduisent immanquablement par une dégénérescence esthétique. La Type E n'a pas échappé à ce travers. Un malheur n'arrivant jamais seul, s'est ajouté pour elle l'étiolement d'une mécanique (6 cylindres) contrainte par les normes anti-pollution américaines.
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Pour Robert Salvadori, la Type E est synonyme de rêve d'enfant. Ecoutons le évoquer avec émotion sa première rencontre avec la Type E.

" En 1962, je me trouvais en vacances chez mes grands-parents à Oloron, dans les Pyrénées-Atlantiques. C'était l'époque de la transhumance. Un matin, mon grand-père me sortit du lit avec vigueur pour me montrer une voiture extraordinaire. Elle était bloquée au milieu d'un immense troupeau de moutons qui rejoignaient les Pyrénées. Je me précipitai à la fenêtre de ma chambre et découvris une auto qui ressemblait à un cigare. C'était un coupé Type E (un des premiers) immatriculé en Angleterre. Ce fut le coup de foudre ! Aussitôt, je jurai à mon grand-père de m'acheter la même quand je serais grand ".

Près de trois décennies plus tard, en 1990, Robert Salvadori faisait aux Etats-Unis l'acquisition du cabriolet Type E qui est aujourd'hui le sien. Sortie d'usine à la fin de 1962, cette série 1 de 3,8 litres paraissait très belle à l'œil, avec une lumineuse livrée rouge. Hélas, l'illusion ne dura pas ! Et la déconvenue fut à la hauteur de l'enthousiasme qui avait présidé à l'achat.

Le moteur chauffait et, commençant à démonter la Type E, Robert découvrit que, sous un aspect avantageux, se cachait en réalité une voiture en assez mauvais état. De nombreuses pièces étaient usées, ou non d'origine ou mal montées. Il s'agissait - chose assez classique - d'une auto maquillée et apprêtée pour être proposée à la vente. " Je me suis fait avoir ", confesse Robert. " J'ai appris ensuite à être beaucoup plus prudent. Il faut particulièrement se méfier des achats réalisés outre-Atlantique. Les Américains ont un art consommé pour donner une belle apparence à des voitures malsaines, dont ils se débarrassent en les vendant en Europe ".
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Robert Salvadori décide alors le grand jeu. La Type E sera totalement restaurée. Le chantier s'étalera sur une durée de quatre années, pas moins. La voiture est entièrement mise à nu, la coque décapée, etc. Bref, la Type E est refaite à neuf. " Mais je voulais absolument la restaurer dans le strict respect de l'origine et utiliser pour cela les pièces d'époque. A cet égard, il faut se défier des imitations réalisées en Asie. Une Type E mérite mieux ! "

" Dans un proche avenir, j'ai l'intention de monter sur la voiture un moteur Lightweight. Par rapport au six cylindres de série fabriqué en fonte, le bloc en aluminium permet de gagner 42 kilos sur le train avant. Ce qui est considérable. De plus, cette mécanique favorise les échanges thermiques et abaisse la température de fonctionnement de dix degrés. "

Ainsi, bien qu'il ait réalisé un fabuleux rêve de gosse avec sa Type E - qui est l'un des plus beaux exemplaires existant aujourd'hui -, Robert Salvadori, en collectionneur émérite et quelque peu perfectionniste, en veut encore plus pour sa voiture : " Rien n'est trop beau pour une Type E. C'est une voiture éternelle ".
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