Grand Prix de l'Age d'Or 2001

L'Age d'Or 2001 a permis aux passionnés de voir et revoir, dans le vaste espace clubs, les grands classiques de la collection, tout en découvrant quelques insolites raretés. Quant aux courses et démonstrations, elles furent passionnantes et spectaculaires.

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MASERATI Ghibli

Gilles Bonnafous le 23/06/2001

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Chef-d'œuvre esthétique dû à un grand artiste, Giorgietto Giugiaro, la Maserati Ghibli est aussi un formidable monstre de puissance et de souplesse. Beaucoup ont oublié aujourd'hui qu'elle est aussi performante que la Ferrari Daytona et qu'à l'époque de sa commercialisation, elle coûtait plus cher que la voiture de Maranello.

Passionné d'automobiles depuis son enfance, Alain Charles a toujours eu un faible pour les Italiennes. Et au sein des productions transalpines, un penchant très net pour les Maserati. Pourquoi une telle inclination pour les voitures marquées du trident de Poséidon ? Sans doute à cause d'une image assez discrète, en retrait par rapport à celle de Ferrari et dépourvue d'un certain clinquant attaché à Maranello. Quant à sa passion pour la Ghibli, elle tient au génial coup de crayon de Giugiaro. Comme par hasard, Alain Charles est également amoureux de la De Tomaso Mangusta, une autre œuvre de jeunesse du maître italien.

Outre son superbe état, la Ghibli d'Alain Charles présente l'intérêt d'être l'un des premiers exemplaires du modèle. Sortie en avril 1968, elle en possède la poupe originale dotée d'un couvercle de coffre débordant sur la jupe arrière - le dessin sera ensuite modifié et la découpe du coffre coïncidera avec l'arête de la jupe. De même, les feux affichent une forme particulière.
Maserati Ghibli d'Alain Charles, modèle 1968
Maserati Ghibli d'Alain Charles, modèle 1968 Motorlegend.com
Le design modifié des modèles suivants
Le design modifié des modèles suivants Motorlegend.com

Alain Charles
Alain Charles Motorlegend.com
MASERATI
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Motorlegend : Dans quelles conditions avez-vous acquis votre Ghibli ?

Alain Charles : Au cours des années 80, j'ai eu successivement trois Golf GTI. Sans arrêt, je me les faisais voler ou vandaliser. J'en ai eu marre. Mais qu'acheter à la place ? Rien ne me plaisait dans la production de l'époque. Je vais donc au salon de Paris dans l'espoir de découvrir un modèle nouveau ou inconnu. C'était en 1989. Ma visite faite, je n'avais rien remarqué qui me séduise. Dans l'un des halls du Parc des expositions de la Porte de Versailles, se trouvait une exposition-vente de voitures de collection. J'y vais, mais comme ça. Sans aucune intention d'acquérir une voiture ancienne. C'est alors que, chemin faisant, je tombe sur la Ghibli. Le choc ! L'arrêt cardiaque ! C'est celle-là ! J'en suis réellement tombé raide amoureux dès que je l'ai vue. Je me suis installé au volant, enfoncé profondément dans le siège, avec tous ces compteurs et tous ces boutons… J'étais envahi par les senteurs de cuir, d'huile et d'essence mêlées qui dégageaient une incroyable sensualité. Je vivais là une intense émotion, un moment très fort. J'ai compris que j'étais obligé de l'acheter, que, sinon, je le regretterais toute ma vie. Mais je n'osais pas faire la démarche auprès du vendeur. J'étais alors très jeune. J'ai tourné pendant une heure autour de la voiture avant d'en demander le prix. Rentré chez moi, je ne cessais d'y penser. Je n'en dormais plus. Cette voiture était ancrée dans ma tête, je l'avais dans la peau ! Ça devenait une maladie. Au bout de quinze jours, j'ai appelé le vendeur et j'ai acheté la Ghibli en janvier 1990. Tout mon argent y est passé. Je n'avais pas encore d'appartement à moi. J'ai commencé par la voiture !

MASERATI
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Motorlegend : Quel était son état ?

Alain Charles : Elle venait d'être restaurée et n'avait parcouru que 200 kilomètres depuis sa sortie des ateliers. Elle avait été entièrement refaite, carrosserie et mécanique, dans le strict respect de l'origine et avec des pièces d'époque : un épais dossier de photos et de factures l'attestait. Cela justifiait son prix supérieur au marché. Elle était splendide. De plus, outre qu'il s'agissait de l'une des premières Ghibli produites, elle présentait l'intérêt d'arborer les superbes roues Borrani, une option d'époque (fort coûteuse par ailleurs). On m'avait également assuré qu'elle avait appartenu à Alain Barrière (NDLR : une certaine presse de l'époque s'était d'ailleurs fait l'écho des excès de vitesse du chanteur au volant de sa Ghibli). Mais je n'en ai pas la preuve.

Motorlegend : Roulez-vous beaucoup avec votre Ghibli ?

Alain Charles : Au début, je n'osais pas l'utiliser. J'allais la voir au garage chaque week-end et mon appartement était tapissé de photos de ma Ghibli ! Ensuite, j'ai commencé à m'en servir et aujourd'hui, j'en suis à 25 000 kilomètres.

MASERATI
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Motorlegend : Avez-vous fait de grosses réparations ?

Alain Charles : J'ai fait reconditionner la boîte de vitesses par ZF en Allemagne. La voiture étant immobilisée pendant six mois, j'en ai profité pour donner la direction à refaire. Mais je n'ai jamais été victime de grosses pannes. Le seul mauvais souvenir est une courroie qui a rompu sur la route des vacances un samedi soir… J'ai participé à la sortie du club Maserati organisée à Modène au mois de septembre de l'an dernier. Avec au programme, les cols des Alpes et le circuit d'Imola. Je n'ai pas connu le moindre souci - nous roulions pourtant très fort… Juste un peu d'huile et d'eau chaque matin. C'est tout.

Motorlegend : Possédez-vous d'autres véhicules de collection ?

Alain Charles : En 1994, j'ai fait l'acquisition d'une Ghibli spider. Mais là, il s'agit d'une histoire différente car la voiture est une conversion. Je l'ai achetée dans une autre optique. C'est un cabriolet d'usage sans souci de l'authenticité. Du reste, je vais réaliser de nouvelles transformations pour la fiabiliser. Pour le quotidien, j'avais acheté une Mini Cooper 1300 Innocenti. Je l'ai utilisée tous les jours pendant près de dix ans. Elle est actuellement en cours de restauration.
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