Saga Peugeot

Premier à s’intéresser à l’automobile, Armand Peugeot est à l’origine des succès de la marque. A côté de voitures de prestige, notamment des sans soupapes, ce sont les modèles populaires qui pérenniseront la firme.

sommaire :

Histoire : Les Peugeot d'après guerre

Gilles Bonnafous le 14/04/2006

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Sous l’Occupation, Peugeot fabrique des pièces détachées pour les Volkswagen militaires, ainsi qu’à partir de 1941 une petite voiture électrique baptisée VLV produite au compte-gouttes. La firme travaille également sur deux projets de véhicules destinés à prendre la relève des 402 et 202 une fois la paix retrouvée : une 10 CV et une petite 6 CV. Aucun n’aboutira. Ils seront abandonnés en 1944 au profit d’une nouvelle étude appelée à devenir la 203.

Peugeot 203, 1957 Peugeot

Peugeot 203 Familliale, 1950 Peugeot
Usines bombardées et outil de fabrication pillé par les Allemands, autant de dommages qui vont peser sur Peugeot au moment de la reprise. Après avoir été révélée en octobre 1947, la 203 est lancée au salon de Paris de 1948. Sa conception moderne (structure monocoque) et sa ligne américanisée lui valent un succès immédiat. Economique et équipée d’un moteur increvable et à la technologie de pointe, un quatre cylindres de 1,3 litre coiffé d’une culasse hémisphérique, la voiture acquiert de suite une excellente réputation.

En plus de la participation majoritaire qu’elle possède chez Hotchkiss, la marque achète Chenard et Walcker en 1950. Cinq ans plus tard, Sochaux fait une entrée très remarquée dans la catégorie des 8 CV européennes. Modèle de gamme moyenne motorisé par un 1,5 litre dérivé de la 203, la 403 va remporter un grand succès grâce à sa robustesse à toute épreuve. Reconnue à l’étranger, cette fiabilité exceptionnelle fera beaucoup, avec la Caravelle de Sud-Aviation, pour la renommée industrielle de la France.

Peugeot 403, 1966 Peugeot

Peugeot 403 cabriolet Peugeot


Peugeot 404 Peugeot

Peugeot 404 cabriolet Peugeot
Digne de la réputation de sa devancière, la 404 au moteur de 1,6 litre est lancée en 1960. Son design orthogonal prolongé par des ailerons, cher à Pinin Farina qui inonde l’Europe de cette ligne imitée du style américain, consacre la collaboration de Peugeot avec le carrossier transalpin. Initié avec la 403, ce partenariat est également illustré par les cabriolet et coupé, dont la tradition, chère à Sochaux, sera poursuivie au cours des décennies suivantes.

Peugeot 204, 1965 Peugeot

Peugeot 304, 1969 Peugeot
Motorisées par un quatre cylindres Indenor de 1,8 litre, les 403 et 404 existent en définition diesel. Pionnier de la technologie à l’huile lourde appliquée en France à une voiture de tourisme, Peugeot avait fait une première tentative avant la guerre avec la 402 B équipée d’un 2,3 litres construit sous la licence suisse Oberhaensli. Mais la marque avait été devancée par Mercedes et sa 260 D sortie en 1936.

Révolution à Sochaux en 1965 avec le lancement de la 204, première traction construite par Peugeot. De plus, son excellent moteur de 1,1 litre en alliage léger et arbre à cames en tête est disposé en position transversale. Une version diesel de 1255 cm3 et 46 ch est présentée au salon de 1967. Dans sa version berline, la 204 sera construite à plus d’un million d’exemplaires. Elle donnera naissance en 1969 à un modèle dérivé, la 304, dotée d’un moteur de 1,3 litre.

La 504 prend la succession de la 404 en 1968. De proportions accrues et de cylindrée supérieure (1,8 litre, puis 2 litres), cette grande berline illustre la montée en gamme des modèles de classe moyenne passés depuis la 203 de 1,3 litre à deux litres. Une évolution qui témoigne de l’élévation du niveau de vie des Français en cette période des Trente Glorieuses, laquelle n’est pas loin de toucher à sa fin…

Peugeot 504 Peugeot

Peugeot 504 coupé, 1977 Peugeot
Premier haut de gamme Peugeot depuis les années trente, la 604 consacre en 1975 le retour du constructeur sur ce créneau après quarante ans d’absence. Son six cylindres PRV de 2,6 litres développe 136 ch. Sa ligne très réussie n’est pas sans évoquer le design classique de la Mercedes Classe S. Trois ans auparavant et à l’autre extrémité de la gamme, Sochaux a lancé un modèle populaire, la 104, qui deviendra la Citroën LN après la prise de contrôle total du Quai de Javel par Peugeot.

Après avoir acquis Citroën et formé PSA, le Lion, décidément très vorace, reprend en août 1978 les trois filiales européennes de Chrysler, dont Simca et les marques anglaises du groupe Rootes (Sunbeam et Hillman). La tentative de fondre cet ensemble dans la marque Talbot se soldera par le fiasco de la renaissance de la firme prestigieuse.

Peugeot 604, 1982 Peugeot

Peugeot 104 GL, 1982 Peugeot


Peugeot 305 GTX, 1984 Peugeot

Peugeot 205 GTI Peugeot
Peugeot tentera de se consoler avec la 305, sortie en novembre 1977 et qui rencontrera un succès important. Une réussite due à un design plaisant, au grand nombre de variantes proposées avec cinq motorisations, dont une performante GT de deux litres et 105 ch, et trois boîtes de vitesses. Dix-huit mois plus tard, la 505 sera appelée à prendre la suite de la 504.

Peugeot 406 coupé, 1997 Peugeot

Peugeot 607 HDI Peugeot
En 1982, Sochaux touche le gros lot avec la 205, best seller décliné en de multiples versions : berline, break, coupé, cabriolet et mythique GTI. Quant à la Turbo 16, elle sera sacrée championne du monde des rallyes. Sur une période de quinze ans, la 205 sera produite à plus de cinq millions d’exemplaires.

La période récente est notamment marquée par la 206 CC, qui renoue avec l’Eclipse des années trente après que Mercedes a « réinventé » la formule du coupé cabriolet en 1996 avec la SLK. Et après l’échec (relatif) de la 606, Peugeot s’est attelé avec la 607 à une tâche difficile, imposer un haut de gamme français sur le marché européen…
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