Saga NSU

Grand constructeur de deux roues, NSU est passé très tôt à l¹automobile. Son nom reste attaché à la Prinz et au moteur Wankel.

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NSU RO 80

Gilles Bonnafous le 03/05/2005

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Modèle d’exception, voiture différente, voire à part, la NSU RO 80 à moteur rotatif Wankel représente un jalon dans l’histoire de l’automobile. Ambitieuse technologiquement comme du point de vue esthétique, elle incarne un audacieux parti pris d’innovation qui fait honneur à ses concepteurs.
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Ainsi baptisée car censée représenter la technique automobile des années 80, la NSU est porteuse de grandes promesses. Voiture révolutionnaire, elle annonce ce que l’on croit être une ère nouvelle de la technologie automobile, où le moteur rotatif détrônera l’alternatif. Au terme d’une mise au point qui a duré près de cinq ans, la RO 80 est dévoilée au salon de Francfort 1967, dont elle constitue la vedette incontestée.

Disposé en porte-à-faux avant et alimenté par deux carburateurs Solex, le moteur Wankel à double rotor (deux fois 500 cm3) développe 115 ch DIN à 5500 tr/mn. Une puissance moyenne pour ce haut de gamme au gabarit imposant (longueur de 4,78 mètres), qui lui vaut une nervosité en demi-teinte (33,5 secondes au kilomètre départ arrêté). Par contre, le Wankel se rattrape par son fonctionnement doux et silencieux et son absence de vibrations. Toutefois, sa consommation de seize litres aux cent kilomètres — supérieure à vingt litres en conduite rapide et en sollicitant les intermédiaires — s’avère très excessive. Elle sera son talon d’Achille.
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Traction avant, la RO 80 est équipée d’une boîte de vitesses semi-automatique à trois rapports située en arrière du train moteur. Son adoption a été rendue nécessaire par le faible couple du Wankel à bas régime. Si la voiture se révèle légèrement sous-motorisée (d’autant que la transmission semi-automatique mange des chevaux), elle offre un bel agrément de conduite assorti d’un excellent confort. De plus, elle procure une grande sécurité dynamique grâce à l’excellente tenue de route qu’elle tient de sa suspension à quatre roues indépendantes. Très maniable (direction assistée), elle jouit d’un freinage efficace et endurant (quatre disques assistés).
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La RO 80 ne se contente pas d’innover techniquement, son plumage se trouve à la hauteur de son ramage. Son design racé et très original en fait une création majeure de son époque. Une esthétique intemporelle qui marie beauté et fonctionnalité (recherche aérodynamique, coffre à bagages volumineux). On remarque particulièrement la partie antérieure au volume restreint et à la proue d’une grande finesse. Avec un immense pare-brise, un profil à six glaces et une vaste lunette arrière, la carrosserie tricorps bénéficie d’un pavillon très lumineux offrant à ses occupants une visibilité exceptionnelle. Cette ligne en coin adoucie par les courbes sera reprise par Ford sur la Sierra et la Scorpio, mais avec beaucoup moins de réussite.
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Saluée par la critique internationale, la RO 80 reçoit le titre bien mérité de « voiture de l’année 1967 ». Pourtant, l’accueil de la clientèle, réputée conservatrice dans ce niveau de gamme, s’avère prudent. Tarifée à 14 150 DM en 1967, la voiture se heurte à la redoutable concurrence des Mercedes de la génération 114/115. La RO 80 demeurera esthétiquement inchangée au cours de sa carrière. Techniquement, un seul carburateur Solex double corps remplacera en mars 1972 les deux simple corps montés à l’origine.
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Hélas, la démarche avant-gardiste et la prouesse technologique de la RO 80 se solderont par un échec commercial. Trop gloutonne, la voiture sera victime de la crise pétrolière. De plus, la fiabilité de son moteur ne sera pas exempte de critiques. Le Wankel supportant mal les surrégimes prolongés, sa longévité n’excèdera guère les 40 000 kilomètres, obligeant NSU à pratiquer une politique de garantie extensive et… coûteuse.

La diffusion annuelle de la RO 80 sera inférieure à 8000 exemplaires au meilleur de sa carrière (1969 et 1970). Elle tombera à 4074 voitures en 1973 et 1311 en 1976 ! Abandonnée par le groupe en pleine réorganisation (en 1975, elle est la seule NSU rescapée), la RO 80 verra sa production arrêtée par Audi. En mars 1977, la dernière voiture quitte la ligne de production de l’usine d’Audi NSU Auto Union AG à Neckarsulm. La fin du modèle marque aussi celle des automobiles NSU.
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Commentaires

avatar de gilbert 007
gilbert 007 a dit le 20-07-2016 à 11:38
combien coute un moteur RO 80 neuf si quelqu'un sait merci d'avance
avatar de philippelaurent
philippelaurent a dit le 10-06-2015 à 10:54
Bonjour à tous, Je suis à la recherche de l'existence de la TARA/NANCY et de son propriétaire actuel. Elle a été conçue par Dominique BILLIOTTE sous l'appellation TARA, et transformée par Tony RUSSEL en prenant le nom de NANCY. Motorisée par le NSU RO/80, c'était le premier coupé au monde 4 portes (ouverture verticale à l'avant, papillon à l'arrière), cinq places (dont 3 à l'arrière, façon Matra Bagheera ou Muréna). Cette auto a été exposée en son temps, entre une Ferrari et une Lamborghini, et au Musée automobile de Nancy, d'où son deuxième nom. Je serai très heureux si quelqu'un pouvait m'aider à retrouver la trace de cette magnifique auto. Je vous remercie pour votre coopération. Philippe laurent.
avatar de PierreBoboo
PierreBoboo a dit le 04-05-2015 à 20:55
En utilisant le moteur rotatif pour faire tourner un alternateur qui chargera des batteries on pourrait peut être résoudre le problème d'autonomie des voitures "tout électrique" qu'en pensez vous?
avatar de Le Vieil Ours
Le Vieil Ours a dit le 05-08-2014 à 14:04
J'étais un gamin et mon padre avait une NSU à moteur rotatif et elle reste un souvenir merveilleux par sa ligne. On est loin des monstres actuels mais à l'époque c'était déjà un problème quand la voiture devait passer au garage car un moteur rotatif . . . """ boufff!!! comment qu'est-y qu'vous voulez qu'on répare ça Monsieur ? Faut prendre une Pijo ou ine Rino avec ça c'est comme avé Citroin : un bout d'ficelle et tout y va (jusqu'au prochain garage...)""" Que de bons souvenirs de cette époque ou j'ai aimé cette Prinz, mais aussi les Vespa 400, Mini Cooper en minivan avec ses deux petites postes arrières (Je ris en pensant aux MINI -chars d'assauts- que l'on vends actuellement... Enfin la route était belle : l'on goûtait la saveur de nos petites routes aux milles paysages alors qu'actuellement les seuls souvenirs des trajets routiers sont . . . les Péages et leurs prix. J'entends à l'instant la deux deuche (2Cv Citroen) c'était un art de vivre et c'est bien vrai: on VIVAIT.
avatar de Lamentin
Lamentin a dit le 13-05-2014 à 14:18
J'ai utilisé une RO 80 en 1970. Voiture magnifique, mais, il fallait changer le moteur tous les 15000 km. (problème de soupapes) Après le deuxième changement le concessionnaire à refuser la prise en charge.....