Le Mans Classic 2004

Le Mans Classic 2004 a franchi un pas décisif par rapport à la première édition de 2002.

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MASERATI 450 S Zagato

Gilles Bonnafous le 23/07/2004

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La Maserati 450 S Zagato est une automobile unique. Surnommée « le monstre » et considérée en 1956 comme la voiture la plus rapide du monde, elle possède une histoire extraordinaire.

Châssis n°4501, la 450 S Zagato est la première 450 S construite (elle sort d’usine en août 1956). Pilotée par Juan-Manuel Fangio et Stirling Moss, elle est alignée au Grand Prix d’Argentine de 1956 qu’elle domine, avant de casser son différentiel à deux tours de l’arrivée… Elle participe ensuite au Grand Prix de Suède, avec Jean Behra au volant, et aux 12 Heures de Sebring qu’elle gagne (Fangio et Behra aux commandes).
MASERATI
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La voiture est alors renvoyée à l’usine, car Stirling Moss souhaite la voir équipée d’une carrosserie aérodynamique fermée pour courir les 24 Heures du Mans de 1957. Dessinée par Frank Costin, ladite carrosserie, qui fait de la 450 S un coupé, est réalisée par Zagato en trois semaines. Elle est dotée de nombreuses ouvertures destinées à évacuer la forte chaleur dégagée par le gros V8 frappé du trident. Pilotée sur la piste mancelle par le champion britannique associé à Schell, la voiture est en tête à la cinquième heure quand la rupture d’une canalisation d’huile la contraint à l’abandon.

La 450 S Zagato retourne à Modène, où elle est bientôt vendue à Byron Staver, un riche Américain venu en Italie à la recherche d’une voiture d’exception disposant d’un gros moteur. A la demande de son acquéreur, elle est civilisée pour en faire une voiture de route. Le châssis est allongé de vingt centimètres et la carrosserie modifiée : la baie de pare-brise est remaniée et une partie des ouvertures est fermée. La Maserati reçoit une livrée noire. Quant à l’habitacle, il est tendu de cuir beige, tandis que le volant est déplacé de la droite vers la gauche.
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Pourvue d’un nouveau numéro de châssis (4512), la 450 S est livrée à Byron Staver en 1958. Ce dernier la gardera cinq ans, puis il la revendra à l’un de ses compatriotes, qui fera peindre la carrosserie en rouge et transformera l’intérieur en noir. C’est dans cette configuration que la voiture sera acquise en 1970 par Peter Kaus, qui l’exposera dans sa célèbre collection Rosso Bianco installée à Aschaffenburg en Allemagne.

Franco Meiners, son actuel propriétaire, l’achète en 2002. Il la fait entièrement restaurer, choisissant de lui restituer — à juste titre — la configuration qui en fait une voiture unique, c’est-à-dire celle de 1958. Tout est refait, moteur, boîte de vitesses, châssis, carrosserie, en gardant le maximum d’éléments d’origine (à l’image du plexiglas des vitres ou des joints de caoutchouc du pare-brise).
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Très puissante, avec son V8 de 420 ch gavé par quatre carburateurs Weber double corps (la boîte de vitesses à cinq rapports est accolée au différentiel), la voiture fonctionne parfaitement. Même si l’habitacle est puissamment chauffé par le moteur et les échappements qui passent sous les portes… Après s’être fait admirer à Pebble Beach, à la Villa d’Este et à Goodwood où elle a gagné un premier prix, la 450 S Zagato revenait pour la première fois au Mans depuis 1957…

Pilotée par Fangio et Moss, cette voiture hors du commun est ainsi la première et la dernière des douze 450 S construites, et le seul coupé jamais fabriqué. En somme, l’alpha et l’oméga de la 450 S…
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