Acheter une BMW M5 F10

Stéphane Schlesinger le 14/04/2021

En changeant de génération, la M5 revient à un style plus sage et adopte un étonnant V8 biturbo. Mieux, la qualité est en hausse. Le bon plan ?

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Le souffle de la tradition

BMW M5 F10

Un changement de lettre lourd de sens. En passant, en 2010, de E à F dans le code de ses modèles, BMW a procédé à des changements drastiques. À commencer par le style. Succédant à Chris Bangle à la tête du design BMW, Adrian van Hooydonk a opéré un virage à 180°, avec un retour au classicisme ! Et à la qualité, la Série 5 F10 rassurant la clientèle. Mais quand elle apparaît à Genève en 2011, sa déclinaison M5 étonne en adoptant pour la première fois un bloc suralimenté, un V8 4,4 l biturbo.

Ce moteur codé S63B44T0 et développé sous l'égide de Jürgen Poggel place les deux turbos au creux de son V, pour une meilleure réactivité et une plus grande compacité. Il se pare aussi des technologies traditionnelles de BMW (injection directe, double Vanos gérant le temps d'ouverture des soupapes), ainsi que du Valvetronic (qui agit en continu sur la levée des soupapes). Du jamais-vu, là encore, sur un bloc badgé M. L'avantage de ce dispositif est de supprimer les effets de pompage, donc d'améliorer la réactivité du moteur, qui développe 560 ch, pour 680 Nm au régime incroyablement bas de… 1 500 tr/mn ! Un accroissement de puissance bienvenu vu le poids en hausse de 140 kg. Comme sur la E60, le moteur s'attelle à une boîte robotisée, sauf qu'ici, il s'agit d'une Getrag à double embrayage et 7 rapports, quasi identique à celle de la Ferrari 458. Et à nouveau, seule l'Amérique du Nord a droit à une commande manuelle…

Côté châssis, les trains sont adaptés : ressorts et amortisseurs affermis, silentblocs plus rigides. Et, évidemment, tout est paramétrable à sa guise (moteur, boîte, direction, amortissement). De plus, la M5 peut recevoir en option, à partir de 2013, à l'occasion d'un léger restylage, des disques en carbone-céramique pour une meilleure endurance du freinage, assuré par des étriers à 6 pistons à l'avant. Vendue 117 000 € (126 200 € actuels), la M5 est correctement placée à son lancement. Elle pourra disposer dès 2014 d'un Pack Compétition portant la puissance à 575 ch. Côté séries limitées, notons la 30 Jahre en 2014 et l'Édition Compétition en 2016, toutes deux données pour 600 ch. La production a été stoppée courant 2017.

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Au volant

La finition de cette M5 renoue avec l'excellence. De plus, l'ergonomie apparaît bien étudiée et le style général plus étoffé. À la mise en route, le V8 émet un bruit bizarre, peu mélodieux, qui s'accorde mal au luxe du cockpit. Tout ce qui touche à la conduite est paramétrable, aussi la BMW peut tour à tour passer pour une GT hyperconfortable (les sièges sont exceptionnels) ou une bête féroce, au moteur infatigable. Ce V8 est si réactif qu'on doute qu'il recoure à un double turbo, et son couple à bas régime semble même excessif tant il sature vite le train arrière ! Ensuite, le moteur administre une poussée mémorable, qui va croissant jusqu'à la zone rouge, à plus de 7 000 tr/mn. Fascinant, surtout que la boîte, vive, le seconde sans rupture d'accélération.

Le châssis ? Rigoureux, il permet de bien exploiter la cavalerie sur sol sec, tandis que la direction, précise et très directe, aide à placer l'auto au millimètre. Certes, le poids élevé se manifeste dans les vifs changements d'appui, et si l'amortissement jugule bien les mouvements de caisse en mode Sport +, c'est aux prix de secousses parfois violentes. En outre, avec les disques d'origine, le freinage manque de puissance au-dessus de 200 km/h, et aussi d'endurance. Pour une fois, on recommandera les autos dotées des disques en carbone-céramique…

Avenir

Malgré sa bonne qualité et sa fiabilité, la M5 a décoté sévèrement. Elle se déniche dès 30 000 € à fort kilométrage, mais à 36 000 € on accède à des autos de 2012 affichant 80 000 km. Cela fait tout de même une perte de 80 000 €… Les plus chères sont à 63 000 € et, bizarrement, les versions Compétition ne montent pas plus haut (dès 55 000 € pour 50 000 km). La chute semble toutefois avoir atteint un plancher pour les modèles les plus anciens, qui ne devraient pas aller aussi bas que la E60, même si leur puissance fiscale (47 CV en 560 ch et 49 CV en 575 ch) leur vaut une surtaxe de 6 000 €, soit parfois plus de 20 % de leur prix. En revanche, les autos plus onéreuses restent soumises aux lois classiques du marché : plus on augmente leur kilométrage, plus leur valeur tombe.

3 points clés

- Mécanique exceptionnelle
- Qualité en hausse
- Forte décote

Evolution

2011 : Présentation du cabriolet Série 5 (F10).
2013 : La M5 est légèrement retouchée et un Pack Compétition (8 900 €) porte la cavalerie à 575 ch.
2014 : Série limitée 30 Jahre, 600 ch.
2016 : Série limitée Édition Compétition, 600 ch.
2017 : Fin de production.

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