Acheter une BMW M5 E60 V10 507 CH

Stéphane Schlesinger le 31/03/2021

Dotée d'un incroyable V10 de 507 ch, la M5 E60 offre des performances de supercar et incarne la maturité du style Bangle. Mais la qualité est en forte baisse.

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Entre excellence et décadence

BMW M5 E60 V10 507 CH

Après avoir dirigé avec succès le Centro Stile Fiat, l'Américain Chris Bangle prend la tête du design BMW en 1992. Sa mission est de renouveler l'identité stylistique de la marque bavaroise. Cela se traduit en 1999 par le concept Z9 GT, dessiné sous sa supervision par Adrian van Hooydonk. Ce show-car annonce l'arrière en queue de canard et la molette iDrive, deux éléments repris ensuite sur la Série 7 E65 de 2001 et la Série 5 E60 de 2003. Celle-ci prend la succession de la Série 5 E39, très appréciée mais ultraconservatrice.

Très équilibrée, fine et ultramoderne, la E60 démontre la validité des thèses stylistiques de Bangle sans choquer. Problème, ce renouveau esthétique ne masque pas une qualité de finition en chute libre… Fin 2004, la très sportive M5 apparaît, recelant un superbe moteur, le S85. Il a été conçu spécifiquement en tenant compte des enseignements de la Formule 1 où BMW est alors engagé. C'est un étonnant V10 atmosphérique de 5,0 l de cylindrée, développant 507 ch au régime époustouflant de 7 750 tr/mn. Pour parvenir à ces prouesses, il dispose de 10 boîtiers papillon, d'un taux de compression très élevé de 12,5:1, et fait varier en continu le calage de ses 4 arbres à cames actionnant 40 soupapes. Le S85 sera plusieurs fois élu Moteur de l'année ! Seulement, il s'attelle exclusivement à une boîte robotisée mono-embrayage à 6 rapports, la SMG III. C'est la mode de l'époque, et cette transmission en vaut bien une autre. Mais on regrette que l'Europe n'ait pas droit à la commande manuelle, pourtant proposée aux USA…

Le châssis profite d'une préparation soignée : il combine une fermeté accrue de l'ensemble suspension/amortisseurs pilotés à des articulations rigides et non plus montées sur silentblocs. Sans oublier un carrossage nettement plus positif et un différentiel autobloquant piloté. En sus, on peut tout paramétrer depuis le poste de conduite : réactivité du moteur et de la boîte, démultiplication de la direction Servotronic, amortissement… À 94 800 € (114 500 € actuels), l'auto offre pratiquement des performances de Porsche 996 Turbo nettement plus chère (133 299 €). C'est la berline la plus véloce du monde ! Plus encore avec le Pack Driver portant la vitesse maximale à 305 km/h. En 2007, la M5 est légèrement restylée, se déclinant à cette occasion en un séduisant break Touring. La mécanique n'évolue pas, de sorte que la Mercedes E63 AMG la bat côté puissance. La M5 E60 prend sa retraite en 2010, après avoir été produite à 20 548 unités.

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Au volant

Après 17 ans, le design Bangle a plutôt bien vieilli. La M5 possède une personnalité marquée, renforcée par ses grosses jantes alliées aux sorties d'air latérales qui trahissent la présence d'une cavalerie démente. À bord, en revanche, l'ensemble paraît d'un autre âge, par le design et la finition... Heureusement, le siège conducteur est excellent et l'on apprécie de pouvoir paramétrer aussi bien le moteur que la boîte ou la direction sur une auto aussi ancienne. À la mise en route, le bloc émet un son quelconque, mais sitôt qu'on a réglé l'auto à sa convenance et qu'on chasse les tr/mn, ça déménage ! Docile en ville mais un peu creux, le moteur hurle comme un bloc de F1 et produit une poussée grisante passé les 5 000 tr/mn, ne faiblissant que vers les 8 000 tr/mn. Fabuleux ! L'amortissement est rigoureux et la direction précise. Mais la boîte gâche le plaisir, car tantôt brutale, tantôt lente et bizarre dans ses choix de rapports. On peut certes régler son fonctionnement via une molette, mais elle n'est satisfaisante qu'en mode manuel et en conduite sportive. Dommage, car en usage familial, la M5 est très confortable.

Avenir

Si la boîte SMG vaut mieux que sa mauvaise réputation, le moteur est délicat. Passé les 100 000 km, les soupapes peuvent défaillir, tout comme les coussinets de bielle… Et l'électronique n'évite pas les caprices. Donc, suivi parfait obligatoire ! Cette fiabilité douteuse a fait plonger la valeur de la M5, qu'on trouve dès 18 000 €. Préférez un exemplaire très soigné, quitte à ajouter 5 000 € si les points faibles du moteur ont été corrigés. On en trouve à 23 000 € avec moins de 150 000 km. Si on divise par deux ce dernier chiffre, les prix s'envolent : comptez 30 000 €, et parfois 35 000 €. Depuis deux ans, la cote semble stable, et une hausse paraît possible pour les plus beaux exemplaires, surtout si, comme c'est annoncé, le supermalus est supprimé en janvier 2021. En attendant, à cause des 44 CV, on écope d'une surtaxe de 4 500 € à l'immatriculation…

3 points clés

- Qualité et fiabilité discutables
- Moteur d'anthologie
- Cote stabilisée

Evolution

2003 : Apparition de la Série 5 E60.
2004 : Lancement de la M5.
2007 : Restylage et apparition du break Touring.
2010 : Fin de production.

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