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Acheter une ALPINE A310 (1971 - 1984)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

On avait de grandes ambitions, chez Alpine, à la fin des années 60. En capitalisant sur la formidable notoriété acquise par la Berlinette A110, l'idée était de développer une supercar à la française, nantie d'une carrosserie suggestive et d'un V8. Malheureusement, un tel moteur, destiné à un usage routier, n'existait alors déjà plus dans la production française, aussi les prétentions furent-elles revues à la baisse.

Valeur à suivre

ALPINE A310 (1971 - 1984)

On avait de grandes ambitions, chez Alpine, à la fin des années 60. En capitalisant sur la formidable notoriété acquise par la Berlinette A110, l'idée était de développer une supercar à la française, nantie d'une carrosserie suggestive et d'un V8. Malheureusement, un tel moteur, destiné à un usage routier, n'existait alors déjà plus dans la production française, aussi les prétentions furent-elles revues à la baisse.

En 1968, Michel Béligond propose tout de même un dessin très avant-gardiste pour une GT à quatre places et moteur arrière : l'A310. Sortie en 1971, ultramoderne, dynamique et inspiré, son design fait mouche. Une fusée de l'asphalte ! Côté liaisons au sol, là encore, c'est du tout bon, avec une suspension entièrement indépendante composée d'une double triangulation alliée à des ressorts et amortisseurs à l'avant comme à l'arrière. De quoi assurer un guidage optimal des roues. Le tout se fixe à la poutre centrale du châssis, habillé d'une robe en composite. Rien à redire. En revanche, la mécanique ne fait pas vraiment rêver : il s'agit de celle, retravaillée, de la Renault 16 TS, un 1 605 cm3 certes tout en alu, mais à arbre à cames latéral. Bien alimenté par deux carburateurs double corps Weber, il développe cependant 125 ch, ce qui, allié à un poids limité à 825 kg, aide l'A310 à obtenir de belles performances. Celles-ci valent largement celles de la Porsche 911 T, nantie, elle, d'un six-cylindres. Mais voilà, l'Alpine coûte presque aussi cher : 42 800 F (soit 43 800 € actuels) contre 44 500 F à l'allemande. Et ce sans offrir, tant s'en faut, la même qualité de fabrication et surtout de finition, malgré des efforts notables...

Dynamiquement, la française la surpasse nettement, tout en proposant un habitacle à quatre places un peu plus spacieux. Mais de coffre, point ! Aussi, malgré un accueil très favorable de la presse, les ventes de l'A310 ne décollent pas. Pis, si elle bénéficie en 1973 d'une injection électronique (version VF), l'Alpine voit sa puissance chuter à 95 ch en 1975 quand elle reçoit le 1 647 cm3 de la R16 TX (version VG). 2 348 unités seulement sont produites avant que le V6 PRV ne se glisse sous sa vitre arrière en 1976. A cette occasion, l'Alpine subit un léger restylage (quatre projecteurs au lieu de six, notamment) et surtout s'offre une cavalerie de 150 ch, lui permettant de pointer à 225 km/h, contre 210 km/h à la 911 2.7, pourtant forte de 165 ch. Il faut dire que l'A310 (type 2700 VA) pèse 130 kilos de moins (990 contre 1 120). Problème, face à l'ancienne VG, elle se contente d'une boîte à quatre rapports, contre cinq, et s'alourdit nettement (+ 150 kg). Surtout, ce surpoids pèse sur la poupe, ce qui nuit à l'équilibre dynamique. À 76 900 F (48 700 € actuels), l'Alpine demeure bien placée face aux 86 700 F (54 900 € actuels) de la Porsche. Seulement, cette dernière va constamment évoluer mécaniquement (SC 3.0 puis Carrera 3.2) alors que l'A310 ne dépassera pas le stade de son PRV à deux carburateurs. Heureusement, en 1979, elle gagne un cinquième rapport, et, en 1981, les trains roulants, mieux guidés, de la R5 Turbo. De type 2700 VAA, cette évolution se signale aussi par de nouveaux boucliers enveloppants et des jantes à quatre tocs. Un pack GT, inspiré de la Groupe 4 de compétition, est proposé en 1983. Il apporte un très suggestif kit carrosserie aux ailes larges, mais, curieusement, la cavalerie stagne à 150 ch. Quelques modèles dotés de ce pack seront développés en une très intéressante série Boulogne, forte du PRV poussé par Volvo à 2 849 cm3 et 193 ch, mais apparemment limitée à 27 exemplaires. Proposée à 227 500 F (69 000 € de 2018) et commercialisée sans promotion, elle a été conçue par Bernard Pierangelli, directeur du Centre Alpine de Boulogne, le seul à la vendre. L'A310 V6 est remplacée fin 1984 par la V6 GT, après avoir été produite à environ 9 300 exemplaires.

Bourrée de caractère, performante, rare et efficace (même si la V6 est très délicate à la limite), l'A310 connaît un certain retour en grâce à l'heure actuelle, la nouvelle A110 attirant de puissants projecteurs sur Alpine. Les versions quatre-cylindres, les plus jolies et équilibrées dynamiquement, profitent d'une cote plus dynamique, surtout en VE et VF, à la puissance très suffisante. Parmi les V6, les Pack GT et surtout Boulogne sont bien sûr très recherchées, les quatre vitesses fermant la marche derrière les modèles d'avant restylage. Au moment du retour de la marque sur le marché, peut-être est-ce le bon moment pour s'intéresser à ces modèles qui ont façonnés son histoire.

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