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Acheter une LANCIA Flavia Coupé (1962 - 1970)

Stéphane Schlesinger le 27/11/2018

Au salon de Turin 1960, Lancia présente une grande routière, s'intercalant entre la petite Appia et la luxueuse Flaminia. C'est la Flavia, qui devient la première traction italienne de série.

Valeur à suivre

LANCIA Flavia Coupé (1962 - 1970)

Sans tambours ni trompettes, Fiat est en train d'enterrer Lancia. Pourtant, la marque de Chivasso est l'une des plus importantes de l'histoire automobile, ayant par exemple inventé la structure monocoque et produit le premier V6 de série. Dans les années 60, elle est encore dynamique et entame une période d'expansion. Au salon de Turin 1960, elle présente une grande routière, s'intercalant entre la petite Appia et la luxueuse Flaminia. C'est la Flavia, qui devient la première traction italienne de série. Conçue par Antonio Fessia, elle se distingue aussi par son 4-cylindres à plat tout en alliage doté de deux arbres à cames centraux, un cas unique, et ses quatre freins à disques, alors inédits sur une berline. Sa carrosserie, signée Piero Castagnero, arbore un style boîte à chaussures discutable mais bien dans l'air du temps, et sa qualité de finition fait honneur à son constructeur. Étrangement, elle se contente pourtant à l'arrière d'un essieu rigide suspendu par des lames... Il se révèle cela dit léger, bien guidé par une barre Panhard et agrémenté comme la double triangulation avant d'une barre antiroulis.

Initialement, son moteur 1,5 l de 78 ch manque de nerf, surtout qu'elle pèse plus de 1 100 kg, mais atteignant 150 km/h, sa vitesse de pointe demeure convenable. Heureusement, la Flavia séduit par ses qualités routières excellentes, son confort ainsi que sa fabrication très soignée. Il faut dire que, suivant la tradition de la marque, l'italienne comble tous ses raccords de carrosserie par du plomb, de sorte qu'après peinture, ils disparaissent. Mais cela grève le prix de revient… Comme souvent à l'époque, la Flavia reçoit une multitude de carrosseries, à commencer par un coupé dès 1961. Dessiné par Pininfarina, il rappelle quelque peu la Ferrari 250 GTE. Il se voit secondé en 1962 par un élégant cabriolet dessiné par Michelotti (mais fabriqué chez Vignale), puis suivi d'un autre coupé, plus sportif, signé Zagato. Pourquoi faire simple... Mais le plus produit des deux sera le premier. Doté de deux carburateurs, son moteur développe quelque 90 ch, puis 92 ch en 1963 quand sa cylindrée augmente à 1,8 l. Ainsi gréé, le coupé pointe à 172 km/h, une vitesse très respectable à l'époque, sans renoncer au luxe ni au confort de la berline. Mais à 29 500 F en 1964 (41 000 € actuels), il est très cher. À titre indicatif, une Alfa Romeo Giulia Sprint GT, plus performante mais moins raffinée, revient à 24 950 F, une Porsche 356 SC à 28 950 F, alors qu'un confortable coupé Peugeot 404 Injection Super Luxe, lui aussi dessiné par Pininfarina, et fort de 96 ch, ne coûte que 19 550 F. À propos d'injection, la Flavia en reçoit une en 1965, de type Kugelfischer comme sur la française, qui porte la cavalerie à 102 ch. À cette occasion, le tableau de bord est redessiné. La carrosserie quant à elle attendra 1969 pour subir un restylage qui touchera aux faces avant (calandre à 4 projecteurs) et arrière ainsi qu'au pare-brise, agrandi. Simultanément, la cylindrée est portée à 2,0 l, pour une puissance de 115 ch (carburateur) ou 125 ch dès 1970 (injection). L'intérieur se voit remanié. En 1971, la Flavia est rebaptisée simplement "2000", et reçoit encore quelques améliorations, telles que la boîte à 5 rapports ou la direction assistée fournie en série. C'est Bosch qui livre cette fois l'injection, électronique et non plus mécanique, ce qui ne change pratiquement pas la cavalerie.

Néanmoins, un peu mieux équipé, le coupé 2000 ie bénéficie de l'appellation HF, puis la gamme finit sa carrière en 1974. En tout, la Flavia coupé a été produite à 26 082 unités en coupé, dont 3 725 1,5 l, 13 418 1,8 l, 2 150 1,8 l Iniezione, 3 456 2,0 l, 705 2,0 l Iniezione, 1 399 2000 et 1 229 2000 ie HF. Des chiffres somme toute honorables. Sophistiqué, élégant, sûr et performant, le coupé Flavia apparaît encore peu coté vu sa rareté. À vous d'en profiter, d'autant que le modèle 1963, très agréable, est éligible au Tour Auto...

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