Saga TVR

Depuis près de soixante ans, TVR construit des coupés et cabriolets sportifs, voitures de caractère sans concession uniquement vouées à la performance.

sommaire :

TVR Grantura

Gilles Bonnafous le 21/06/2006

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Premier modèle TVR construit à un nombre d’exemplaires significatif, la TVR Grantura possède une genèse singulière. Son origine tient à une commande passée à TVR par un Américain du New Hampshire, Ray Saidel. Ce dernier demande à Trevor Wilkinson de lui construire un châssis de voiture de sport motorisée par un Coventry Climax FWA et qui sera commercialisée aux Etats-Unis.

Wilkinson dessine en 1955 un châssis tubulaire qu’il dote d’une suspension à quatre roues indépendantes. En réalité, il fait son marché sur la Volkswagen Coccinelle, dont il prend le train avant à barres de torsion pour l’installer à l’avant et à l’arrière de la voiture. Les freins et les roues sont également empruntés à l’Allemande. Ancêtre de la TVR Grantura, ce coupé, qui reçoit sa carrosserie outre-Atlantique, est baptisé Jomar (d’après les prénoms des enfants de Saidel, JOhn et MARgaret).
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La Grantura Mk I D.R.
C’est de ce châssis que dérivent en 1957 les premiers « Coupés » TVR (pré-Grantura), des voitures sportives construites à six exemplaires, dont trois roadsters. A la différence des Jomar, elles sont équipées de freins Girling et de roues Dunlop. Les moteurs sont des Coventry Climax accolés à une boîte de vitesses de MGA.

La TVR Grantura proprement dite est présentée en 1958. Elle est construite sur le châssis tubulaire de la Jomar, dont la caractéristique est une suspension particulièrement raide peu adaptée à un usage routier. La voiture reçoit plusieurs moteurs au choix : Coventry Climax FWE de 1,2 litre avec boîte de MGA (il peut être gonflé par un kit de niveau 2 et même 3), Ford 100 E à soupapes latérales de 1,2 litre équipé ou non d’un compresseur Shorrock, 1,5 litre de la MGA. De nombreux éléments sont empruntés à des modèles de série : différentiel BMC Série B, boîtier de direction Ford, pare-brise de Ford Consul.

Le design de la carrosserie en polyester de la Grantura n’est pas sa qualité première. Même si elle évoluera, cette forme curieuse demeurera la base des TVR jusqu’aux années 70. Il faut dire que l’exercice de style n’est pas favorisé par l’empattement très court de la voiture et ses porte-à-faux réduits au strict minimum (la voiture ne dépasse pas 3,50 mètres), d’où un profil râblé et un surprenant croupion. La Grantura se singularise encore par sa lunette arrière panoramique en Perspex (plastique transparent) et sa poupe fastback fermée — la roue de secours n’étant accessible que de l’intérieur ! L’étroitesse des portes rend également l’accès à bord plutôt délicat.
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La Grantura Mk II D.R.
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La Grantura Mk II D.R.

La TVR Grantura jouit d’un excellent comportement routier, qu’elle doit notamment à sa suspension sèche, à son poids plume de 660 kilos et à sa garde au sol des plus limitées. Elle est équipée de freins à tambour Girling largement dimensionnés (ceux montés sur l’Austin Healey 100-Six) et de roues à rayons Dunlop également identiques à celles de l’Healey. Fabriquée à la main, elle peut être pratiquement construite sur mesure. Toutefois, la production ne pourra suivre la demande (d’où des problèmes financiers pour TVR) et seulement cent exemplaires de la Mk I seront réalisés.

La Grantura évolue quelque peu en 1960, devenant Mk II. Les modifications concernent surtout la mécanique, la plupart des voitures recevant le 1588 cm3 de 80 ch de la MGA. La carrosserie subit aussi de petites retouches avec les ailes arrière redessinées.
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Le moteur de la Grantura Mk II D.R.
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La Grantura Mk III D.R.
Au début 1961, la Mk II A correspond à de nouvelles améliorations, dont la principale consiste en le montage en série de freins à disques Girling. Les moteurs proposés sont le Ford Classic de 1,3 litre, le Coventry Climax FWE de 1,2 litre et 83 ch, ou le 1622 cm3 de la MGA Mk II, ce dernier pouvant recevoir la culasse « cross-flow » HRG-Derrington en aluminium. La voiture atteint les 160 km/h. Plus important succès commercial de la génération Grantura, les Mk II et Mk IIA seront vendues à 400 exemplaires.

Conçue en 1955, la structure de la TVR Grantura a fait son temps et en 1962 elle est remplacée par un châssis entièrement nouveau, toujours tubulaire mais plus sophistiqué. Allongé afin d’offrir un espace intérieur légèrement plus spacieux, il s’avère plus rigide et plus polyvalent. Il équipera les TVR pour les dix années suivantes. Ainsi se définit la Grantura Mk 3, qui reçoit également une suspension à ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques. La voiture accueille plusieurs moteurs, dont le 1800 cm3 de la MGB. En raison des graves difficultés financières que connaît la marque, la Mk III ne sera construite qu’à 90 unités. En fonction des rentrées de liquidités…

La 1800 S succède à la Mk III en 1964 avec une carrosserie partiellement redessinée (poupe type « Manx » et lunette arrière agrandie). Sous la houlette du nouveau propriétaire de TVR, Martin Lilley, la voiture sera rebaptisée 1800 S Mk IV en 1966. Avec des retouches d’importance secondaire, essentiellement cosmétiques, elle représentera le dernier avatar de la Grantura avant le lancement de la nouvelle Vixen.
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La Grantura Mk III D.R.
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