Saga TVR

Depuis près de soixante ans, TVR construit des coupés et cabriolets sportifs, voitures de caractère sans concession uniquement vouées à la performance.

sommaire :

Histoire : Historique TVR

Gilles Bonnafous le 22/06/2006

Partagez

réagir

Depuis près de soixante ans, TVR construit des coupés et cabriolet sportifs, voitures de caractère sans concession uniquement vouées à la performance.

L’histoire TVR commence en 1947 quand Trevor Wilkinson réalise sa première voiture à partir d’une Alvis Firebird. Né à Blackpool en 1923, Trevor Wilkinson rentre dès l’âge de 14 ans dans un garage comme apprenti mécanicien. A 23 ans, il s’établit à son compte à Blackpool en acquérant un atelier de charron, qu’il transforme en commerce de voitures et réparations (baptisé Trevcar Motors). En 1947, Wilkinson s’associe avec Jack Pickard et Trevcar devient TVR Engineering. Ni l’un, ni l’autre ne possède la moindre formation technique, juste l’expérience apprise sur le tas.
La Grantura Mk III
La Grantura Mk III D.R.
La Vixen S3
La Vixen S3 D.R.
La première voiture badgée TVR (contraction de TreVoR) apparaît en 1949. Construite sur un châssis tubulaire, elle est motorisée par un Ford latéral de 1172 cm3. Deux autres voitures suivent qui diffèrent par quelques caractéristiques techniques. Mais le premier modèle construit en série (très limitée) voit le jour en 1954. Fidèle au châssis multitubulaire et à la carrosserie en fibre de verre, Trevor Wilkinson l’a doté des suspensions et du pont arrière de l’Austin A 40. Une vingtaine d’exemplaires en seront réalisés jusqu’en 1956 avec différents moteurs : A40, Ford 100 E, MG TF 1500, MGA, le plus puissant étant le Lea Francis de 2,5 litres.

C’est alors que Wilkinson reçoit un important coup de pouce avec la commande d’un châssis sportif venant d’un Américain, Ray Saidel. Débute alors une relation qui s’avérera très fructueuse pour TVR, quoique agitée. Pour son client, TVR crée un nouveau châssis, dont la suspension à quatre roues indépendantes est empruntée à la Volkswagen Coccinelle. C’est de cette voiture présentée au salon de New York 1957 et commercialisée aux Etats-Unis sous l’appellation Jomar que dériveront les premiers « Coupés » TVR.

Ce succès permet à TVR de passer à la vitesse supérieure. La marque déménage dans une ancienne briqueterie située dans la banlieue de Blackpool, où la production se développe à partir de 1958 grâce au lancement du coupé Grantura. Premier vrai modèle TVR construit en nombre jusqu’en 1967, ce dernier connaîtra plusieurs évolutions (Mk I à Mk IV) en utilisant de nombreuses motorisations. De l’ordre de 800 exemplaires en seront fabriqués, dont beaucoup vendus en kits selon la très britannique formule qui permet d’échapper à la lourde « purchase tax ».
La Taimar
La Taimar D.R.
La Tasmin
La Tasmin D.R.

La TVR Grantura est vendue aux Etats-Unis tout comme la Griffith, qu’un possesseur de Grantura Mk3, Jack Griffith, fait équiper d’un V8 Ford de 4,7 litres à l’image de l’AC Cobra. Cette Grantura survitaminée sera produite de 1963 à 1967 en versions 200 et 400. Mais, depuis des années, la firme se trouve en proie à de graves difficultés financières et, en 1965, Trevor Wilkinson doit vendre ses parts à Martin Lilley, concessionnaire automobile et ancien actionnaire de TVR Engineering. Lilley va donner à la marque une tout autre dimension et la rendre profitable.

Sous son impulsion, TVR développe la Tuscan, qui remplace la Griffith en 1967, en même temps que la Vixen se substitue à la Grantura — en fait, elle apparaît comme une Grantura 1800 S Mk IV équipée du quatre cylindres de la Ford Cortina GT. Suivra en 1968 la Vixen S2 au châssis allongé, qui permet l'installation de portières élargies — pas un luxe ! Par ailleurs, la carrosserie est dorénavant boulonnée et non plus moulée sur le châssis, un mieux pour les réparations consécutives à un choc.
La Tasmin cabriolet
La Tasmin cabriolet D.R.

D.R.
En 1970, TVR s’installe dans de nouveaux locaux, toujours à Blackpool. La marque construit les modèles de la Série M dotés d’un nouveau châssis adapté aux nouvelles contraintes du temps. Ce dernier remplace celui de John Thurner, monté pour la première fois sur la Grantura Mk III. Naissent la 2500 M au moteur de Triumph TR6, qui remporte un franc succès, la 3000 M (Ford Essex 3 litres V6), la 1600 M (Ford Kent de 1,6 litre), ainsi que la Taimar, version avec hayon de la 3000 M.

Lancée en 1980, la TVR Tasmin, dont les formes anguleuses sont caractéristiques de l’époque, ne rencontre pas le succès. Trois ans plus tard, Peter Wheeler, un client de la marque, rachète les parts de Martin Lilley. Sous son impulsion, les ventes progressent, notamment aux Etats-Unis, grâce à la 350 i, une Tasmin motorisée par le V8 Rover. Les produits sont améliorés grâce à un soin nouveau apporté à la qualité de construction.
La Tasmin 350 i
La Tasmin 350 i D.R.

Peter Wheeler développe également un roadster de conception simple et moins coûteux à la mécanique V6 Ford, puis V8 Rover, la S. Cette dernière marque en 1986 le début du style TVR des années 90 caractérisé par les courbes et les rondeurs, et qui scelle l’abandon du wedge design. La voiture séduira un large public.

La présentation en 1990 de la TVR Griffith (nouvelle mouture) marque une étape dans l’histoire de la marque. Ligne superbe, excellent comportement routier et hautes performances grâce au V8 Rover, tout plaide en faveur de ce nouveau modèle, qui sera l’un des plus réussis et des plus diffusés de la firme de Blackpool. En 1993 sort la TVR Chimaera, qui n’est autre qu’une Griffith légèrement retouchée et plus facilement utilisable au quotidien.

Deux ans plus tard, TVR dévoile la Cerbera, un magnifique coupé 2 + 2, qui, bien que reprenant les lignes de la Chimaera, bénéficie d’un nouveau châssis.
Grande première chez TVR, la mécanique de la Cerbera est entièrement conçue et réalisée par la marque. Le client a le choix entre deux V8 de 4,2 litres et 4,5 litres (360 ch et 420 ch) et un six cylindres de 4 litres et 350 ch. Grâce à ce modèle, TVR entre dans le club très fermé des motoristes de GT à hautes performances. Faites à la main et respirant le cuir et la ronce de noyer, la Griffith, la Chimaera et la Cerbera offrent, grâce à leurs mécaniques aussi performantes qu’élastiques, un formidable agrément de conduite. Sans parler des accélérations exceptionnelles qu’elles doivent à un rapport poids-puissance très favorable.
La TVR S
La TVR S D.R.
La Griffith
La Griffith D.R.
En 1997, TVR dévoile au salon londonien d’Earls’Court la Speed Twelve, une supercar de feu au moteur V12 maison de 7730 cm3 : 800 ch et un couple de 880 Nm ! La mégalomanie a gagné Peter Wheeler. Son objectif est d’en faire la voiture la plus rapide du monde : 340 km/h et le 0 à 100 km/h couru en 3,5 secondes. Avec 1000 kilos, la Speed Twelve offre un exceptionnel rapport poids-puissance de 800 ch à la tonne ! Par comparaison une McLaren F1 ne dépasse pas le rapport de 550 ch/tonne. Développé en vue d’une participation aux épreuves d’endurance, dont les 24 Heures du Mans, le projet tournera court et la voiture ne sera jamais produite.

Avec une production annuelle supérieure à 2000 unités, TVR est en 1998 le troisième constructeur mondial de voitures de sport à hautes performances derrière Porsche et Ferrari. L’essentiel est diffusé en Grande-Bretagne (1500 unités) et au Japon (300).

Les années 2000 voient le lancement de la gamme actuelle : TVR Tuscan Speed Six, un roadster surpuissant au design très expressif et animé par le six cylindres quatre litres de la Cerbera : TVR Tamora, roadster dérivé de la Tuscan mais au six cylindres de 3,6 litres : TVR T350 présentée en 2002, version coupé de la Tamora : TVR Sagaris, un coupé apparu en 2004 et modèle le plus performant. Mais cette période est marquée par l’incertitude qui pèse sur TVR avec les problèmes d’homologation des voitures et le rachat de l’entreprise en juillet 2005 par le Russe Nicolai Smolenski.
La Speed Twelve, supercar de feu
La Speed Twelve, supercar de feu D.R.
article suivant  Quel avenir pour TVR ?

Page suivante
Quel avenir pour TVR ?

Partagez

réagir

Commentaires