Saga TVR

Depuis près de soixante ans, TVR construit des coupés et cabriolets sportifs, voitures de caractère sans concession uniquement vouées à la performance.

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TVR Cerbera

Gilles Bonnafous le 16/06/2006

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Présentée au salon de Londres de 1993, la TVR Cerbera est le premier coupé de la marque depuis le retrait de la Tasmin en 1985. Elle apparaît sous les traits d’une séduisante 2 + 2 extrapolée du roadster Chimaera, auquel on a ajouté un pavillon. Superbe réussite esthétique, la TVR Cerbera bénéficie d’un aménagement intérieur luxueux et bourré de charme.

Le projet Cerbera débute à l’été 1993 en tant qu’exercice de style des designers TVR. Une maquette à l’échelle 1 est vite réalisée et le prototype sera construit à temps pour le salon londonien. Mais la voiture ne sera réellement produite qu’à partir de 1996, après deux années passées notamment à tester le moteur dans les courses Tuscan.
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Si la Cerbera est constituée de la même manière que toutes les TVR contemporaines — châssis tubulaire, carrosserie en fibre de verre et gros V8 —, elle est construite sur un châssis entièrement nouveau, qui ne partage aucune pièce commune avec celui de son aînée.

Grande première pour TVR, la mécanique de la Cerbera est entièrement conçue et réalisée par la marque. A l’origine, il avait été prévu de motoriser la voiture avec le vieux V8 Rover longtemps utilisé par TVR. Finalement, il fut décidé que la Cerbera inaugurerait un V8 maison, le Speed Eight. Ouverte à 75°, cette mécanique super carrée en aluminium possède quatre arbres à cames en tête et deux soupapes par cylindre. Dotée d’une lubrification à carter sec et d’une injection Lucas L-Jetronic, elle développe la bagatelle de 360 ch à 6500 tr/mn pour une cylindrée de 4,2 litres. Ainsi gréée, la Cerbera flirte avec les 270 km/h.
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Confiée à une boîte de vitesses à cinq rapports, la transmission est équipée d’un différentiel à glissement limité. Dépourvue d’assistance à la conduite — ni antipatinage, ni ESP —, la TVR Cerbera demeure une voiture naturelle, un bolide pour passionné averti. Quand la puissance se déchaîne vers 5000 tr/min, mieux vaut être à l’écoute du train arrière, dont l’impétuosité peut réserver quelques surprises et générer de fortes chaleurs… En somme, une voiture d’homme ! Les freins à disque ventilés et assistés reçoivent des étriers à quatre pistons à l’avant et à deux à l’arrière.

En 1997, la TVR Cerbera se voit dotée d’une nouvelle version du V8 porté à 4,5 litres par allongement de la course. La puissance monte à 420 ch et le couple à 52 mkg. La voiture file désormais à 290 km/h avec le 0 à 100 km/h abattu en quatre secondes ! En 2000, elle bénéficiera du package « Light Weight » : capot, ailes et couvercle de coffre en aluminium.
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La gamme Cerbera est complétée en 1999 par une variante Speed Six dotée d'un six cylindres en ligne à quatre soupapes par cylindre également réalisé par TVR. Avec ce quatre litres développant 350 ch à 6500 tr/mn, la Cerbera Speed Six atteint les 260 km/h.

Grâce à la Cerbera, TVR est entré dans le club très fermé des motoristes de GT à très hautes performances. Grâce à son poids inférieur à 1200 kilos (le moteur ne pèse que 121 kilos), la 4,5 litres détient à son lancement le record du rapport poids/puissance pour une voiture de série. Les performances n'ont rien à envier à celles de ses deux principales concurrentes du moment, la Ferrari 360 Modena et la Porsche 911 GT3. Et si le prix de la Cerbera aura tendance à augmenter régulièrement, il restera très en deçà de la concurrence — exception faite de la Chevrolet Corvette.

Une TVR Cerbera GT sera développée (sans suite) pour s’attaquer aux Porsche en catégorie GT — avec un V8 porté à 440 ch et accolé à une boîte de vitesses séquentielle à six rapports. La production de la Cerbera sera arrêtée à la fin 2004 peu après le retrait de Peter Wheeler de TVR. La voiture n’a jamais été construite en conduite à gauche. Elle restera l’une des plus belles et plus performantes GT de l’automobile britannique.
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