Saga Simca

Il y a 70 ans, les premières Simca sortaient de l’usine de Nanterre. La remarquable réussite de la marque sera aussi celle de son créateur, Henri Pigozzi.

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SIMCA Sport

Gilles Bonnafous le 07/04/2005

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Les cabriolets et coupés Simca 8 s'inscrivent dans une longue tradition remontant aux origines de la marque. Leur genèse tient à la volonté d’Henri Pigozzi, séduit par la ligne de la Cisitalia dessinée par Pinin Farina, de faire réaliser par ce dernier et sur le même dessin un prototype de cabriolet Simca (sur le châssis de la berline 8 1200).
SIMCA
Prototype du salon 1948 D.R.
SIMCA
Poupe du coupé, 1950 D.R.
Exposé au salon de Paris 1948, le cabriolet Simca 8 Sport suscite les réactions les plus positives. Aussi est-il décidé de le construire. L'usine de Nanterre étant mobilisée pour la production de la future Aronde, c’est Facel-Métallon qui est choisi pour fabriquer la voiture. En même temps, un coupé est programmé sur la même base. Il sera exposé au salon de Paris 1949 à côté du cabriolet, qui a été présenté à la presse au printemps.

Les Simca 8 Sport de production présentent quelques modifications par rapport au prototype. Le pare-chocs avant a été légèrement modifié et des clignotants sous les phares ont remplacé les flèches de direction. Quant au coupé, sa lunette arrière panoramique est réalisée en trois parties. La mécanique est celle de la Simca 8 1200 portée à 50 ch grâce à un travail effectué sur la culasse (augmentation du taux de compression, adoption de soupapes d'admission plus larges).
SIMCA
Cabriolet, 1950 D.R.
SIMCA
Coupé, 1950 D.R.

Cette première Simca 8 Sport, qui file à 135 km/h, est aisément reconnaissable à son pare-brise en deux parties et à sa calandre à cinq aubages. D’abord rectangulaire et placé au centre de la planche, le tableau de bord prendra ensuite une forme de demi-lune et sera installé devant le conducteur. Strictes deux places, ces élégantes voitures constituent de belles coquilles, mais quelque peu vides de chevaux… D’autant que la carrosserie Facel les gratifie d’une grande qualité de construction et de tôles épaisses, dont le poids pénalise les performances. Bien finies, luxueuses et chères, les Simca Sport apparaissent comme des modèles sophistiqués mais dépourvus de tout tempérament sportif.
SIMCA
Cabriolet, 1951 D.R.
SIMCA
Coupé, 1951 D.R.
En 1951, le coupé reçoit un pare-brise en une seule partie (un privilège refusé au cabriolet) et l’année suivante, les deux voitures s'offrent un léger remodelage : surmontée de l'écusson Simca, la calandre comporte désormais trois aubages. Le millésime 1952 correspond à une année de transition avant l’apparition de la Simca 9 Sport construite sur la base de l’Aronde. En effet, avec la disparition de la 8 et de son châssis, toute la conception est à revoir. De plus, la structure monocoque de la nouveau-née interdit dans un premier temps la transformation en cabriolet.

Tracée par Jean Daninos, la nouvelle ligne de la Simca 9 Sport est lancée au salon d'octobre 1952. Seul le coupé poursuit sa carrière. Le cabriolet arbore des formes modernisées avec des ailes arrière droites terminées par des feux circulaires. La calandre ne possède qu’une seule barre, les passages de roues deviennent rectangulaires et les roues sont à rayons. La voiture se caractérise par un haut degré de finition avec une sellerie en cuir. Elle est équipée du moteur 1300 cm3 de l'Aronde dont la puissance a été augmentée (51 ch).
SIMCA
Cabriolet, 1952 D.R.
SIMCA
Coupé, 1952 D.R.

SIMCA
Coupé, 1953 D.R.
SIMCA
Coupé de Ville, 1955 D.R.
Au salon de Paris 1954, le coupé change de nom pour devenir « Coupé de Ville ». La calandre est encore légèrement amendée. Afin de réduire le prix de vente, qui s’était quelque peu envolé sur les modèles précédents, Simca a décidé de faire des économies sur l’équipement : pare-chocs arrière emprunté à l’Aronde, roues à voile plein, abandon du cuir pour la sellerie et planche de bord simplifiée dépourvue de compte-tours et de montre. Le tarif baisse de 30% par rapport à l'année précédente.

Le cabriolet effectue son grand retour au printemps 1955. Baptisé Week-End, il reprend la nouvelle ligne du coupé et son équipement intérieur. L’année suivante, les deux modèles s'offrent le nouveau moteur Flash Spécial qui développe 57 ch. A peine réapparu, le cabriolet Week-End quittera la scène en septembre 1956, quand les Simca 9 Sport seront remplacées par l'Océane et la Plein Ciel.
SIMCA
Coupé de Ville, 1956 D.R.
SIMCA
Simca Week-End, 1955 D.R.
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