Saga Buick

Marque huppée, Buick a toujours proposé pour l’essentiel des voitures opulentes destinées à une clientèle bourgeoise. Elle ne s’en est pas moins placée, avec Cadillac, à la pointe du design de Detroit.

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BUICK Skylark

Gilles Bonnafous le 21/11/2003

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Présentée en 1961, la nouvelle Buick Special appartient à la deuxième vague des «compacts» lancées par la General Motors après la première Chevrolet Corvair. Construite sur une plate-forme partagée avec les Oldsmobile F-85 et Pontiac Tempest dont l’empattement est de 112 inches (2,84 mètres), contre 123 et 126 inches pour les «full size», la Special existe en trois types de carrosseries : berline, coupé et break. Sa motorisation est assurée par un nouveau V8 de 215 c.i. (3524 cm3) développant 155 ch. Entièrement en aluminium, cette mécanique s’avère à la fois légère et économique. D’ailleurs, sa licence de fabrication sera ultérieurement vendue à British Leyland, qui la montera notamment sur le Range Rover.
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Buick Skylark Special 1962 D.R
Réagissant à l’engouement manifesté par le public pour les sportives, une tendance incarnée par la Corvair Monza de 1960, Buick lance quelques mois plus tard une version particulière du coupé Special Deluxe baptisée Skylark — reprenant ainsi la célèbre appellation des années cinquante. Doté de sièges baquets, d’une finition haut de gamme et d’un toit en vinyle, le coupé Skylark reçoit le V8 de 215 c.i. dans une définition poussée à 185 ch. L’année suivante, il est épaulé par un cabriolet, tandis qu’une transmission Borg-Warner à quatre vitesses est disponible en option. Le succès commercial est au rendez-vous et les ventes des Skylark dépassent les 42 000 exemplaires.

Buick rejoint Oldsmobile et Pontiac en proposant des compactes agrandies et restylées en 1964. La marque adopte ainsi la nouvelle plate-forme A de la General Motors au gabarit intermédiaire — également utilisée par la nouvelle Chevrolet Chevelle. L’empattement est allongé à 115 inches (2,92 mètres) pour les berlines et les coupés, à 120 inches (3,05 mètres) pour les breaks. En même temps, apparaissent de nouvelles motorisations : un V6 de 225 c.i. (155 ch) et un V8 de 300 c.i. (4917 cm3) affichant 210 ch.
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Buick Skylark 1963 D.R

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Buick Skylark coupé Special 1964 D.R
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Buick Skylark Sport Wagon 1964 D.R
Devenue la plus populaire des petites Buick, la Skylark constitue en 1965 une gamme à part entière, distincte de la gamme Special. La même année se produit un fait déterminant pour l’avenir de cette génération de modèles : le lancement du package GS (Gran Sport), une option hautes performances également disponible sur la Riviera, qui fait de la Skylark ainsi dotée un «muscle car». Outre l’imposant V8 Wildcat 401 (401 c.i. soit 6572 cm3) de 325 ch, également monté sur des modèles General Motors de niveau supérieur comme la Pontiac GTO, la Skylark GS bénéficie d’une transmission automatique Super Turbine à trois vitesses, d’une tenue de route renforcée et de pneus de plus grande dimension. En proposant cette voiture de classe moyenne au tempérament résolument sportif, Buick vise la clientèle des jeunes et cherche à amender son image plutôt conservatrice.

En 1967, la gamme Skylark est riche de 14 modèles : berlines, coupés V6 (225 c.i. de 160 ch) et V8 avec ou sans montants, cabriolet, breaks. Sur la GS, le V8 401 c.i. est porté à 340 ch, la voiture devenant GS 400. Offerte en cabriolet, coupé et coupé hardtop, elle bénéficie d’une suspension affermie et de toute une batterie d’équipements sportifs. En même temps, un coupé hardtop baptisé GS 340 reçoit un V8 de 340 c.i. (5573 cm3) dont la puissance n’est que de 260 ch, si l’on peut dire…
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Buick Skylark Gran Sport 1965 D.R

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Buick Skylark coupé hardtop 1967 D.R
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Buick Skylark GS 1967 D.R
Poursuivant sa success story, la Skylark bat en 1968 ses records de vente. Les compactes Buick (Special et Skylark) adoptent de nouveaux empattements en fonction du type de carrosserie : 112 inches pour les deux portes Special et Skylark, 116 inches pour les quatre portes et 121 inches pour les breaks. Elles contribuent largement à l’essor de Buick au cours des années soixante, la production de la marque passant de 250 000 voitures en 1960 (neuvième place des marques américaines) à 665 000 (et cinquième place) à la fin de la décennie.

Comme on l’a vu, la muscle car Skylark GS a accueilli des V8 de plus en plus puissants — tout comme la Chevrolet Chevelle SS et la Pontiac GTO. Le sommet sera atteint en 1970 avec un 455 c.i. (7457 cm3) de 360 ch (GS 455). C’est avec ce mammouth équipant sa version la plus pointue que la Skylark se retirera en 1972. Buick réutilisera la flatteuse appellation en 1975, mais pour une nouvelle gamme de compactes à la motorisation émasculée.
BUICK
Buick Skylark custom cabriolet 1969 D.R
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Buick Skylark Gran Sport 1971 D.R
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