Saga Buick

Marque huppée, Buick a toujours proposé pour l’essentiel des voitures opulentes destinées à une clientèle bourgeoise. Elle ne s’en est pas moins placée, avec Cadillac, à la pointe du design de Detroit.

sommaire :

L'époque moderne Buick

Gilles Bonnafous le 21/11/2003

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Pour Buick comme pour les autres marques de la General Motors, les années 70 sont celles de la réduction du gabarit des voitures, et ceci dans tous les niveaux de gamme. Moins longues et moins lourdes, les Buick sont aussi dotées de moteurs plus économiques. Liée aux crises pétrolières, cette évolution est également le fruit des lois fédérales sur les économies d’énergie (Corporate Average Fuel Economy), qui prennent effet avec le millésime 1978. Le CAFE oblige les constructeurs américains à lancer des modèles de bas de gamme. La General Motors a pris les devants en présentant notamment la Chevrolet Vega en 1971, une «subcompact» dont sera extrapolée en 1975 la Monza. La même année apparaît la Skyhawk, cousine Buick de la Chevrolet Monza et plus petite voiture jamais construite par la marque de Flint.

Buick Riviera 75ème anniversaire 1978 D.R

Buick Century berline 1982 D.R
Autre «milestone» de l’histoire moderne de Buick, le lancement en 1980 de la nouvelle Skylark (rien à voir avec la «compact» de la grande époque). Partageant la nouvelle plate-forme X de la General Motors avec la Chevrolet Citation, la Pontiac Phoenix et l’Oldsmobile Omega, la voiture adopte la traction avant. Elle reçoit en position transversale un quatre cylindres en ligne Pontiac de 2,5 litres ou, en option, un V6 Chevrolet de 2,8 litres. La Skylark saura s’attirer les faveurs du public et elle sera la meilleure vente des plates-formes X de la GM après la Citation.

Sous l’impulsion de Lloyd Reuss, le nouveau directeur général nommé en 1980, Buick propose des modèles s’inspirant des BMW : moteurs plus puissants, châssis renforcés, carrosseries traitées en noir et décoration en rapport. Ce sont les séries T disponibles sur chaque modèle de la gamme, y compris la Skyhawk. Cette stratégie connaîtra un certain succès, mais elle contribuera à brouiller l’image de la marque. A la fin de la décennie, Buick reviendra à sa tradition de «doctor’s car» et de «premium car division» de la GM.

Buick Regal 1984 D.R

Buick Somerset Regal 1985 D.R

Quant au point de vue esthétique, le design des décennies 70 et 80 n’a pas, outre-Atlantique comme en Europe, laissé de souvenirs impérissables… A partir de 1986, quelques modèles ne manquent pas d’élégance toutefois, comme la Riviera ou le coupé LeSabre.

Buick Electra T 1985 D.R

Buick Riviera T 1986 D.R
La réduction du gabarit se poursuit au cours des années 80. Elle va de pair avec le passage à la traction avant assortie du montage transversal de la mécanique. La tendance finit par toucher les modèles haut de gamme, à l’image de la nouvelle Electra de 1985 et, l’année suivante, de la LeSabre. Les moteurs sont désormais des V6 et l’on voit même apparaître un diesel de 4,3 litres.

Lancée en 1988, la Reatta est la première Buick à deux places de l’histoire de la marque. Construit sur une plate-forme raccourcie de Riviera, ce luxueux coupé au design japonisant et sans prétentions sportives reçoit un V6 de 3,8 litres et 165 ch également monté sur la Riviera et l’Electra.

Buick Reatta 1988 D.R

Buick Century break D.R

Avec les années 90 naît une nouvelle Riviera à la superbe ligne (il en va de même pour l’Oldsmobile Aurora), tandis que l’Electra Park Avenue, et sa version la plus sophistiquée baptisée Ultra, est (heureusement) redessinée — sa calandre évoque les célèbres dents des années quarante. Devenue simplement Park Avenue, elle connaîtra en France un succès d’estime. Son V6 de 3,8 litres développe 205 ch (240 ch en version suralimentée). Ressuscitée, la Roadmaster, encore motorisée par un V8 de 5,7 litres et 260 ch, disparaîtra définitivement en 1997 avec l’abandon par la General Motors des modèles «full size».

Buick Roadmaster berline 1996 D.R

Buick Riviera 1996 D.R
Fidèle à sa tradition, Buick donne à voir des concept cars intéressants, à l’image de la Cielo de 1999 ou de la Bengal présentée au salon de Detroit de 2001. Ce cabriolet au design agressif a pour originalité son habitacle, où le tableau de bord a disparu au profit de commandes vocales et d’un écran configurable à la demande. La voiture est également dotée d’une troisième porte latérale à ouverture antagoniste.

Aujourd’hui, la gamme Buick se compose de deux SUV, genre vedette aux Etats-Unis, le Rendezvous (V6 de 3,4 litres et 185 ch) et le Rainier, ce dernier motorisé au choix par un six cylindres en ligne de 4,2 litres (275 ch) ou un V8 de 5,3 litres (290 ch). Les berlines se répartissent en quatre modèles, Century, Regal, LeSabre et Park Avenue en haut de gamme. Elles sont motorisées par des V6 de 3,1 litres (175 ch) pour la Century et 3,8 litres (205 ch) pour les autres. Clin d’œil au prestigieux passé, la Park Avenue arbore trois «portholes» sur ses ailes avant. Ils témoignent du «conservatisme moderne» auquel la marque de Flint s’est toujours identifiée…

Buick LeSabre 2004 D.R

Buick Park Avenue 2004 D.R
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