La renaissance Bugatti

Rénové et modernisé, le musée de Mulhouse devient la Cité de l'Automobile. Celle-ci accueille une exposition consacrée à la renaissance Bugatti à travers un parcours qui mène de l’EB 110 à la Veyron récemment présentée.

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BUGATTI EB 110

Gilles Bonnafous le 04/07/2006

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Le 15 septembre 1991, jour du 110e anniversaire de la naissance d’Ettore Bugatti, est dévoilé à Paris-La Défense le premier modèle de la marque renaissante après son rachat par l’homme d’affaires italien Romano Artioli : la Bugatti EB 110 précisément. Organisée au milieu d’un parterre de Bugatti anciennes, cette présentation s’accompagne d’une débauche de luxe et d’une fastueuse réception nocturne au Château de Versailles avec champagne Bugatti à volonté — la bouteille est devenue un objet de collection…
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Ramener à la vie la marque Bugatti en construisant une automobile digne de ce nom prestigieux, tel était le défi, voire le rêve, des initiateurs du projet, au premier rang desquels figure Romano Artioli. A cette fin, celui-ci a fait construire une usine à Campogalliano, près de Modène, berceau de l’automobile sportive italienne et fief de Maserati, Ferrari, Lamborghini et De Tomaso.

La Bugatti EB 110 se veut le nec plus ultra de la voiture de sport. Ses caractéristiques témoignent de cette volonté d’imaginer une machine hors normes. Que ce soit les techniciens engagés pour concevoir la voiture ou les fournisseurs, les meilleurs spécialistes se sont penchés sur le berceau de la Bugatti EB 110. La communication de la firme la présente comme la voiture la plus avancée jamais proposée du point de vue technique. Il n’y a là rien d’exagéré, car les ingénieurs ont voulu aller jusqu’au bout de la technologie de l’époque, afin de rester fidèles à l’esprit et à l’héritage d’Ettore Bugatti.
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GT à moteur central arrière, la Bugatti EB 110 est bâtie sur une structure entièrement en matériaux composites, dont l’élaboration et le développement ont été confiés à l’Aérospatiale. Le châssis est constitué d’un sandwich de fibre de carbone et de Nomex, un produit DuPont. Cette structure high-tech est habillée d’une carrosserie en aluminium.

Voiture des superlatifs, la Bugatti EB 110 reçoit l’un des moteurs les plus sophistiqués jamais construits. Implantée en position longitudinale, cette mécanique est un V12 à 60° de 3,5 litres supercarré (81 x 56,6 mm) à carter sec et bielles en titane. La distribution est confiée à quatre arbres à cames en tête et pas moins de cinq soupapes par cylindres (trois d’admission, deux d’échappement) ! Caractéristique unique pour un modèle de production à l’époque.
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Le V12 est par ailleurs suralimenté par quatre turbocompresseurs IHI (un pour trois cylindres). L’alimentation est une injection électronique multipoint. La puissance développée de 550 ch à 8500 tr/mn — le couple atteint quant à lui 608 Nm — fait de l’EB 110 la voiture de production la plus rapide du monde avec la vitesse inouïe de 342 km/h. Celle-ci a été atteinte au printemps 1992 lors des tests d’homologation effectués sur le circuit de Nardo, en Italie. Elle constitue alors le record du monde pour un véhicule homologué pour un usage routier.

Pour tenir tête à une telle cavalerie, l’EB 110 bénéficie d’une transmission à quatre roues motrices permanente (27% sur les roues avant et 73% sur l’arrière) dotée de trois différentiels (arrière et central autobloquants). La boîte de vitesses possède six rapports.
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Comme le châssis, les suspensions ont repris des techniques issues de l’aéronautique. C’est la société Messier-Bugatti, spécialiste des trains d’atterrissage (notamment pour le Concorde et le Rafale) qui s’est vu confier le projet des liaisons au sol. Le freinage est assuré par quatre disques ventilés Brembo. La voiture est plantée sur des roues en alliage de 18 pouces chaussées de pneus Michelin ZR (245/40 à l’avant et 325/30 à l’arrière).

Si elle mérite les dithyrambes, cette supercar présente toutefois quelques faiblesses. D’abord, elle est lourde (1610 kilos) malgré la débauche de matériaux sophistiqués. Et sa tenue de route pêche quelque peu par le sous-virage. Quant au design, confié à l’origine à Marcello Gandini, il est sûrement l’élément le moins réussi de la voiture. Compacte et râblée, mais massive, la Bugatti EB 110 n’apparaît pas comme un parangon d’esthétique automobile.
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La Bugatti EB 110 (GT) connaîtra une version légèrement allégée et encore plus puissante, essentiellement destinée à courir. Baptisée EB 110 SS (pour Super Sport), elle représentera un tiers de la production. Reconnaissable à ses prises d’air sur la custode et à ses roues à sept branches installées en lieu et place des BBS de la 110 GT, la SS atteint les 610 ch : 356 km/h et le kilomètre départ arrêté en moins de vingt secondes.

Construite jusqu’en 1995, année de la faillite de Bugatti Automobili SpA, la Bugatti EB 110 a été produite à 139 exemplaires en comptant la douzaine de voitures réalisées par Jochen Dauer, qui a acquis le stock de pièces détachées.
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Bugatti EB 110 SS
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