Alfa Romeo GT, la tradition en héritage

Dévoilée en avant-première au Salon de Genève en mars 2003, l’Alfa Romeo GT est commercialisée depuis le début de l’année 2004. Elle reprend avec bonheur une longue tradition de Grand Tourisme typées initiée par la Giulietta Sprint, il y a cinquante ans.

sommaire :

Le style de la GT : retour aux sources

le 14/04/2004

Partagez

réagir

Rencontre avec Giuliano Biasio, le père de la GT, directeur du style chez Bertone. Il succède à ce poste à quelques célébrités, Franco Scaglione, Giorgetto Giugiaro, Marcello Gandini, Marc Deschamps… Il nous explique comment est née cette digne héritière de la Giulietta.

“La GT est une initiative de Bertone. Ce n’est pas Alfa Romeo qui nous a demandé de l’étudier. Nous avions envie de retrouver l’esprit des coupés d’autrefois, de faire renaître la complicité qui unissait constructeurs et carrossiers. Nous avons donc décidé de séduire l’état-major d’Alfa Romeo avec un projet qui soit beau mais aussi économique à produire”. Une excellente idée. Alfa Romeo a bel et bien été séduit et a décidé de mettre le coupé en production. Chez Bertone, on envisageait aussi d’en assurer la construction en série, mais Alfa Romeo en a décidé autrement puisque la GT sera produite dans l’usine Alfa Romeo de Pomigliano d’Arco, dans la banlieue de Naples.

Bertone

Bertone
Évoquer sans citer

Avec la GT, Bertone s’est délibérément inscrit dans la lignée des Giulietta et Giulia Sprint. “ Nous voulions retrouver l’essence des anciens coupés Sprint Alfa Romeo, à l’aspect classique et robuste mais aussi élégants et, surtout, intemporels. Nous avons essayé de recréer les caractéristiques profondes de la personnalité de ces coupés Alfa Romeo. La simplicité des lignes, leur pureté, leur puissance, ce côté naturel, comme coulant de source. ”Malgré son nom de GT qui évoque plutôt la Giulia Sprint GT que la Giulietta Sprint (tout court), c’est pourtant bien la Giulietta qui fut l’inspiratrice de la GT". De l’aveu même de Giuliano Biasio, la lunette arrière avec sa forte courbure médiane est directement inspirée de celle de la Giulietta. C’est pourtant là la seule évocation directe de la Giulietta avec la calandre, bien sûr. “Nous voulions évoquer la Giulietta, mais sans tomber dans le piège du rétrodesign. Nous avons évité les citations". Pas d’ouïes clin d’œil ou de feux trop évocateur sur la GT, seulement un esprit.

D.R


Alfa Romeo

Alfa Romeo
Économique mais sans compromis

Comme le souligne Giuliano Biasio, “ Il fallait que le coupé soit attractif en terme de style et d’image, et il fallait aussi que ce soit un vrai coupé, sans compromis.” Ce n’était pas la partie la plus facile du défi puisque simultanément, les contraintes d’économie que s’était fixées le carrossier l’empêchaient d’avoir recours à des solutions trop radicales et trop coûteuses. “ Nous avons dû choisir où nous allions dépenser de l’argent. ” Certains détails, comme les feux arrière, ont ainsi été travaillés dans la spécificité, sans souci d’économie. Giuliano Biasio y attachait la plus grande importance car, dans son esprit, ils participent à la forte identité du coupé. “ Ils sont entièrement développés sur le flanc, pas du tout sur le panneau arrière. Ce qui a demandé des prouesses techniques pour se mettre aux normes et ramener les faisceaux d’éclairage vers l’arrière et ne pas les laisser se disperser sur les côtés. ” Si Giuliano Biasio tenait à ses feux arrière c’est qu’ils participent à l’identité de la GT. Le sillon creusé sur les flancs, dans le prolongement des feux, rappelle en effet les autres Alfa Romeo aux flancs incurvés et inscrivent la GT dans la famille Alfa. Tout comme la calandre verticale que tous les modèles de la gamme ont désormais adopté. Mais cette identité-là est plus évidente.

Alfa Romeo

Alfa Romeo


Motorlegend.com

Motorlegend.com
Un puzzle subtil

En ce qui concerne les économies, Bertone a cherché les éléments qui pouvaient le mieux servir son but dans la gamme Alfa Romeo. Le carrossier ne s’est pas contenté de reprendre la plate-forme de la berline 156. Seule la partie centrale du plancher est empruntée à la berline 156, mais toute la partie arrière est celle du break Sportwagon. Ce qui donne à la GT une longueur supérieure de 5 cm à celle de la berline alors qu’elle paraît indéniablement plus compacte. Mais ces emprunts sont naturels, ils ne surprennent personne. Bertone a poussé le jeu un peu plus loin. Appelé à être doté d’une monte pneumatique plus importante que la berline, le coupé ne pouvait emprunté son aile avant à la 156. Créer une aile spécifique ne posait pas de problème, mais trouver une aile avant dans la gamme Alfa Romeo était un défi autrement plus palpitant pour Giuliano Biasio et son équipe. Ils ont tout simplement pris l’aile avant de la… 147 GTA, la plus sportive des 147, sans la moindre retouche. Ils ont adapté le dessin de la GT à cet élément inattendu. Un vrai tour de force.

L’intérieur, en dehors des sièges, des propositions de garnitures, de quelques détails et de la console centrale redessinée, reprend des éléments de série puisés sur la 147 GTA (tableau de bord et panneaux de porte) et sur la 156 Sportwagon (banquette arrière), toujours pour des raisons d’économie. Heureusement, économie ne signifie pas renoncement et le coupé GT en est la parfaite illustration.

Motorlegend.com

Motorlegend.com
article précédent  Le coupé GT : digne héritière d'une lignée

Page précédente
Le coupé GT : digne héritière d'une lignée

article suivant  Un enjeu national

Page suivante
Un enjeu national

Partagez

réagir