Grand Prix de l'Age d'Or 2004

Pour cette ultime édition organisée sur le circuit de Montlhéry, les amoureux de mécaniques anciennes étaient venus nombreux pour voir évoluer une dernière fois les voitures sur ce monument historique de l'automobile.

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SUNBEAM Alpine

Gilles Bonnafous le 19/06/2004

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Lancée en 1959, la Sunbeam Alpine reprend l’appellation du modèle de 2,3 litres présenté en 1953 et conçu pour le marché américain. Contrairement à ce dernier, dont le succès commercial fut en demi-teinte, l’Alpine des sixties va connaître une grande popularité. Elle constituera, avec les Triumph TR4 et MGA, puis MGB, le trio britannique gagnant des roadsters de gamme moyenne des années soixante (l’Austin Healey appartenant à la catégorie supérieure). Comme ses camarades de promotion, elle séduira les Américains et saura enrichir en dollars la cassette de sa Très Gracieuse Majesté…

Afin de réduire les coûts, l’Alpine joue la synergie des organes mécaniques et des éléments de structure au sein du groupe Rootes. L’ensemble moto-propulseur dérive de celui de la Sunbeam Rapier, tandis que la plate-forme est empruntée à l’Hillman Husky II (mais renforcée). Voiture de conception moderne, l’Alpine abandonne le châssis traditionnel pour une structure monocoque. L’assemblage final se fait chez Bristol Siddeley à Coventry.
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Le design très réussi de l’Alpine en fait un superbe cabriolet, sans doute moins viril que la TR4, mais très séduisant. Le dessin clair et les formes élancées donnent naissance à une ligne dynamique, que prolongent des ailerons acérés, certes dans l’air du temps mais qui vont bien à la voiture.

Conçue en 1957, l’Alpine est équipée du quatre cylindres de 1,5 litre de la Rapier série II lancée au même moment. Par rapport à cette dernière, elle bénéficie toutefois d’une culasse en aluminium, d’un nouveau pont arrière et de freins à disque à l’avant. Avec deux carburateurs, la puissance atteint 78 ch qui permettent à la voiture de dépasser les 155 km/h.
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Améliorée au fil des années, la Sunbeam Alpine va connaître quatre évolutions. En 1960, elle hérite d’un moteur de 1,6 litre et 80 ch (Alpine II). Trois ans plus tard, apparaît l’Alpine III, après que l’assemblage des véhicules a regagné l’usine Rootes de Ryton. La voiture reçoit un nouveau tableau de bord et surtout une version dite « GT » est proposée parallèlement au cabriolet. Il s’agit d’un coupé réalisé simplement par le montage d’un hard-top sur le cabriolet. Si ce hard-top est amovible, la capote et son mécanisme disparaissent toutefois. Mieux finie mais moins puissante (77 ch contre 82 ch pour le cabriolet), cette version de l’Alpine sera peu diffusée et rapidement abandonnée.
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Produite un an seulement, l’Alpine III s’efface en 1964 au profit de l’Alpine IV, dont le design est profondément remodelé. Pour donner un nouvel élan à son modèle, Rootes a décidé de le rajeunir en lui rabotant les ailerons. Dotée de formes plus sages, l’Alpine abandonne en partie l’originalité d’un style vigoureux qui faisait son charme. Pour faire bonne mesure, la calandre est également redessinée. Techniquement, une nouvelle boîte de vitesses entièrement synchronisée fait son apparition comme sur l’ensemble des produits Rootes, tandis qu’une transmission automatique Borg-Warner à trois rapports est désormais disponible (marché américain).

En 1965, la dernière version, l’Alpine V, prolonge la vie du modèle jusqu’en 1968. Elle bénéficie du nouveau quatre cylindres 1725 cm3 à cinq paliers du groupe Rootes, alimenté ici par deux carburateurs Zenith-Stromberg (92 ch). Des chiffres qui ne permettent toujours pas d’accrocher les cent miles à l’heure. Tel a toujours été le problème de l’Alpine, dont le déficit de puissance l’a toujours placée en retrait par rapport à la TR4, puis à la MGB. Elégante, confortable et économique, la Sunbeam Alpine n’en reste pas moins un cabriolet très attachant.
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