Grand Prix de l'Age d'Or 2004

Pour cette ultime édition organisée sur le circuit de Montlhéry, les amoureux de mécaniques anciennes étaient venus nombreux pour voir évoluer une dernière fois les voitures sur ce monument historique de l'automobile.

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Interview d’Eric Helaine, organisateur de l’Age d’Or

Gilles Bonnafous le 19/06/2004

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Interview d’Eric Helaine, organisateur de l’Age d’Or

Eric Hélaine préside aux destinées de la société Rayon d’action, organisatrice du Grand Prix de l’Age d’Or depuis 1994 et productrice de l’événement depuis 1996. Nous lui avons demandé de nous révéler ses projets sur l’avenir de l’Age d’Or comme sur la sauvegarde du circuit de Montlhéry.

Motorlegend : Quel est le bilan de la dernière édition de l’Age d’Or ?

Eric Helaine : Il est très positif en quantité comme en qualité. Nous avons battu le record de fréquentation, avec un score supérieur à 30 000 visiteurs. Après un creux au milieu de la décennie 90, nous étions revenus depuis plusieurs années à un niveau proche de celui observé à la fin des années 80 : ceci grâce à nos partenaires, qui avaient présenté des véhicules d’exception, et à l’ouverture de certains plateaux à des modèles populaires. Cette année, le spectacle était garanti avec plus de 450 voitures réparties sur douze plateaux, dont des machines magnifiques comme l’Alfa Romeo 8 C ou l’Aston Martin Project 212. Quant à l’espace clubs, il accueillait 2800 voitures. Et nous avons évité les problèmes de bouchon…

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Motorlegend : La présence de Stirling Moss, légende vivante du sport automobile et homme par ailleurs fort sympathique, a été très appréciée.
Eric Helaine : Nous souhaitions marquer la fermeture du circuit et tirer en même temps un coup de chapeau au dernier des dieux vivants. D’où l’idée de lui faire dévoiler une plaque commémorant les records du monde qu’il avait battus en 1952. De plus, au volant de la voiture de l’exploit, le coupé Jaguar XK 120 immatriculé LWK 707.

Motorlegend : Tout de même, en guise d’apothéose pour clore ce pan d’histoire, on aurait aimé que l’Age d’Or se termine par une grande fête.

Eric Helaine : Cela figurait dans notre projet. L’idée était d’ouvrir la piste aux collectionneurs pour une grande parade sur l’anneau. Comme le circuit ne peut accueillir que 300 voitures en même temps, la sélection aurait été faite par les clubs. Mais nous avons dû renoncer car nous craignions les problèmes d’évacuation et un bouchon monumental au moment du départ.

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Motorlegend : Parlez-nous de l’avenir de l’Age d’Or.

Eric Helaine : L’avenir de l’Age d’Or s’écrira sur le circuit de Dijon les 18 et 19 juin 2005. Avec le transfert complet du concept de l’événement, qui associe un vaste rassemblement de voitures de collection exposées dans un espace clubs à des machines évoluant sur la piste. De ce point de vue, l’excellent circuit de Dijon sera un plus. Son remarquable tracé, qui combine courbes rapides et virages lents, est très aimé des pilotes. Nous présenterons de superbes plateaux et l’Age d’Or retrouvera les Formule 1 qu’il a connues jadis, ainsi que des voitures ayant couru les 24 Heures du Mans.

Motorlegend : Ne craignez-vous pas une baisse de la fréquentation ?

Eric Helaine : Il y aura peut-être moins de Franciliens, mais sans doute plus de provinciaux, de gens de la région lyonnaise, des Suisses. Le succès des Coupes Moto Légende organisées à Dijon en mai dernier nous rend optimiste.

Motorlegend : Quel est votre opinion quant à la survie du circuit de Montlhéry ?

Eric Helaine : Aujourd’hui, il semble établi que l’anneau ne sera pas détruit, même si aucune certitude n’existe encore. Il est permis de douter que sa destruction figure dans les intentions de l’UTAC. Et même si c’était le cas un jour, je ne pense pas qu’elle pourrait intervenir.

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Motorlegend : Au-delà des pétitions aussi louables que sympathiques, le circuit ne pourra être sauvé que par un projet économiquement viable.

Eric Helaine : Tout à fait. Si l’on veut conserver Montlhéry, il faut un projet d’envergure assorti d’une exploitation économiquement rentable. Il faut savoir que la restauration de l’anneau, sa remise en état pour pouvoir l’exploiter, représente un budget minimum de trente millions d’euros. Vu le niveau du ticket d’entrée, tout projet devra être concentré sur des activités liées aux constructeurs automobiles : des travaux de développement en liaison avec l’UTAC, ainsi que des activités de nature commerciale à travers les réseaux de vente (à l’avenir, vu les contraintes réglementaires liées à la route, les essais clientèle des modèles sportifs ne pourront plus se faire que sur circuit). Les manifestations de voitures anciennes, voire la création d’un musée, joueraient dans ce cadre un rôle complémentaire, mais très secondaire en termes de rentabilité.

Motorlegend : Vous avez un projet en préparation ?

Eric Helaine : Je ne peux en dire plus aujourd’hui. Mais la fermeture du circuit au public a, pour la première fois, sensibilisé les élus locaux, régionaux et nationaux sur l’avenir de ce dernier, ce qui n’était pas le cas auparavant. Il convient de travailler en concertation avec l’UTAC, qui est propriétaire du site. Je suis convaincu que ce monument du patrimoine automobile peut devenir un outil économiquement rentable s’il est exploité convenablement.

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